La vibration d'un écran de cinéma






J'ai écrit ce texte au départ parce que j'étais furax. J'avais été voir un film dans une salle de cinéma de ma ville. L'image projettée tremblait à m'en donner la nausée. Regardez l'image énervante ci-dessous. Elle clignote à 5 Hz, beaucoup plus lentement que l'écran de la salle. Imaginez regarder des pubs et puis un film comme cela pendant 2 heures.





Vous vous souvenez peut-être de cette mode il y a une dizaine d'années : les écrans de télévision "100 Hz". Ils coûtaient un peu plus cher mais ils offraient une image bien stable. 100 Hz est un clignotement tellement rapide qu'on ne le voit plus du tout. Pour les écrans d'ordinateurs aussi, on essayait d'obtenir le nombre de Hz le plus élevé possible. C'était devenu acceptable à 75 Hz, ensuite les progrès ont permis 85 et puis 92 Hz. De nos jours, avec les écrans LCD, le problème de la stabilité de l'image ne se pose presque plus, parce que l'image ne s'éteint jamais.

Dans les scènes du film pas trop brillantes, avec seulement de petites zones lumineuses, le clignotement n'est pas visible. Il faut de grands aplats brillants pour que ce soit dérangeant. Quand l'écran est uniformément blanc, c'est l'horreur.

Du temps où les écrans d'ordinateurs fonctionnaient à 50 ou 60 Hz, certaines personnes y étaient totalement insensibles. Cela ne les dérangeait pas. Pour moi et d'autres, c'était pénible. Il fallait soit utiliser un écran "à forte rémanence", soit acheter du matériel à haute fréquence très cher, soit travailler sur fond noir. Il est probable que la majorité des personnes dans la salle ne remarquaient rien. Elles ne voient pas le clignotement ou tout au moins elle n'en ont pas conscience. Mais je suis sûr que cela fatigue les yeux de tout le monde. Cela ne doit pas être bon...

Par chance j'ai pu utiliser un vieux truc de l'époque des écrans d'ordinateurs à 60 Hz. J'avais sur moi des appliques de lunettes polarisantes et anti-UV. Elles sont de couleur jaunâtre et diminue fortement la quantité de bleu. Cela réduit de beaucoup l'inconfort. Le clignotement n'est presque plus visible.





Ma première hypothèse pour expliquer ce problème dans la salle de cinéma a été qu'ils utilisaient un projecteur de cinéma digital d'un genre nouveau. Cela ne semble pas la bonne piste.

La deuxième hypothèse, qui m'a été expliquée par un maître projectionniste, est la suivante. Un film est fait de 24 images par secondes. C'est suffisant pour donner l'illusion du mouvement. Mais ce n'est pas suffisant pour donner une image stable. Le problème est que le projecteur ne passe pas instantanément d'une image à l'autre. Il éteint l'image complètement avant de montrer l'image suivante. L'image est éteinte la moitié du temps, ce qui cause un horrible clignotement. On résout ce problème dans les projecteurs modernes en projettant deux fois chaque image. Cela donne 48 images par secondes. Le clignotement est ainsi accéléré de deux fois et devient supportable. Il se pourrait que le projecteur de la salle 3 soit un vieux modèle, qui envoie 24 images par secondes sur l'écran. Je ne crois plus non plus à cette hypothèse.

La troisième hypothèse a plus de chances d'être la bonne. J'ai eu le même problème de clignotement dans une salle où je vais souvent, d'un cinéma dont la qualité technique est réputée. Le film était en noir & blanc, avec souvent de grandes zones totalement blanches dans l'image. Je crois que la perception du clignotement dépend de la luminosité. Je suppose donc que dans la salle mentionnée au début de ce texte, la lumière du projecteur était plus forte que d'habitude, pour une raison que j'ignore. En mettant des appliques polarisées sur mes lunettes, j'ai réduit la quantité de lumière de plus de deux fois...

Il faudrait donc éviter que la luminosité d'un écran de cinéma soit trop forte, pour éviter que certaines personnes ne soient incommodées.

Notez qu'il y a ici deux notions de fréquence en jeu :


Eric Brasseur  -  23 octobre 2005  au  1 février 2006       [ Accueil | eric.brasseur@gmail.com ]