| Le problème des munitions à
l'uranium |
Les munitions à l'uranium n'ont rien à voir avec la Bombe
Atomique. Ce sont des balles et
des obus en uranium appauvri, utilisés essentiellement par l'armée
américaine et l'armée britannique.
L'uranium "naturel" est ce que l'on obtient à partir des minerais
extraits des mines. Il contient une grande quantité d'uranium 238 et
une petite quantité d'uranium 235. Les deux sont utilisés dans
l'industrie nucléaire mais le 235 est très précieux parce qu'il entre
facilement en fission nucléaire.
L'uranium "enrichi" est de l'uranium "distillé" pour contenir une
grande quantité de 235. La bombe atomique de Hiroshima contenait 60 kg
d'uranium 235 presque pur. La majorité des réacteurs nucléaires ne
pourraient pas fonctionner avec de l'uranium naturel, il leur faut de
l'uranium au moins un peu enrichi.
L'uranium "appauvri" est ce qui reste quand on a extrait le 235. C'est
donc du 238 presque pur. On le considère un peu comme un déchet, même
s'il est tout de même utilisé dans les centrales nucléaires et dans les
bombes atomiques.
Cet uranium 238 a de grands avantages pour en faire des obus de
canon :
- Très forte densité, supérieure à celle du
plomb.
- Métal infiniment plus dur que le plomb et très solide,
comparable au fer.
- Point de fusion élevé. Le plus important pour un projectile
massif n'est pas tellement sa solidité mais sa température de fusion.
Quand deux objets se rencontrent à très grande vitesse, la pression les
fait fondre. Celui qui fond le moins vite est celui qui réussira à
entrer dans l'autre. Un blindage peut être constitué d'un alliage plus
résistant que l'uranium, il sera pourtant traversé facilement par un
obus en uranium, parce que l'obus le fait fondre à l'endroit de
l'impact et sur tout le chemin de sa pénétration. C'est par exemple
ainsi que des obus peuvent pénétrer dans plusieurs mètres dans du
béton. Ils ne cassent pas le béton mais ils le font fondre par la
pression et s'enfoncent dans cette pâte de béton en fusion comme un
bâton dans une motte de beurre.
- C'est un "déchet", donc il ne coûte rien.
- Un obus à l'uranium garde une forme pointue lors de l'impact sur
un blindage. L'avant de l'obus fond, s'abrase ou se vaporise mais la
partie qui reste solide prend naturellement une forme de pointe. Cela
favorise la pénétration de l'obus. Les obus au carbure de tungstène,
par contre, subissent un effet "champignon" : ils s'émoussent et
prennent une forme arrondie, qui arrête leur course.
- Les goûtes d'uranium liquide ou les fins éclats d'uranium, qui
sont projetés sur les côtés de l'impact, prennent feu en libérant
beaucoup d'énergie.
L'armée américaine dit que les obus à l'uranium permettent de détruire
un appareil ennemi à une distance 30% plus grande que les obus au
carbure de tungstène. Cette différence de distance a une importance
énorme en combat.
Les obus de char à l'uranium n'ont pas une forme conventionnelle
d'obus. Ce sont plutôt des flèches : de
longs et fins cylindres d'uranium taillés à l'avant
en une pointe effilée et munis à l'arrière d'un
empennage. Ils sont souvent
lancés à la vitesse maximale permise par les canons de chars ou
d'avion, plus de 1 km/s. Comme ils sont beaucoup
plus fins que le diamètre intérieur des canons, ils
sont sertis dans un "sabot" en aluminium, qui a le
bon diamètre et qui éclate à la sortie du canon
pour libérer la flèche en uranium.
Quand ces flèches percutent l'objectif, plusieurs
phénomènes assurent la pénétration :
- La vitesse du projectile empêche la déformation globale du
blindage. Il est incapable "d'encaisser" ; il n'a pas le temps
de se donner sur une surface suffisamment grande.
- La solidité de l'uranium et sa densité très élevée font que la
surface de contact entre le projectile et le blindage reste
très petite. L'énergie de l'impact se concentre sur une zone
minuscule.
- Le point de fusion élevé assure que la
température soit suffisamment élevée pour liquéfier tout ce
qui se trouve sur son chemin.
- La flèche s'érode en pénétrant, mais elle conserve un
avant en forme de pointe. Elle s'auto-aiguise.
Aucun blindage connu ne résiste aux obus à l'uranium. Des chars
pourtant modernes sont traversés de part en part, même en passant par
les zones les plus fortement blindées. La seule protection sensée
est... des plaques d'uranium.
Les jets de matières et de métal en feu, autour des zones de
pénétration, sont comparables à l'explosion d'une charge
explosive. Il est inutile d'ajouter de l'explosif aux obus
à l'uranium.
Le premier hic réside dans cette vaporisation qui a lieu là où
le projectile percute sa cible ou tout autre objet, par exemple
sur une simple pierre. Il se forme un nuage de cendres d'uranium
autour du point d'impact.
Si les projectiles à l'uranium se comportaient comme des
projectiles conventionnels, s'ils s'aplatissaient simplement
comme le font les balles en plomb, la toxicité de l'uranium
ne poserait pas trop de problèmes. Avoir une bloc d'uranium sur son
bureau n'est pas un grand danger, tant qu'on ne le lèche pas. Tout le
problème vient du fait qu'une partie de l'uranium des
projectiles est pulvérisée à l'impact et que cette poussière
d'uranium est ensuite absorbée par les voies
respiratoires des personnes proches du lieu
d'impact. Elles se dépose dans les poumons puis s'infiltre
lentement dans l'organisme. Une autre voie
d'absorption sont les éclats d'uranium qui se fichent dans les
personnes qui entourent ou qui occupent le véhicule. Là aussi l'uranium
va lentement diffuser dans l'organisme.
L'uranium est un métal toxique. Il se fixe dans plusieurs organes
du corps.
Les conséquences en sont des problèmes rénaux (des aiguilles se
forment dans les reins), des douleurs osseuses (l'uranium se
fixe préférentiellement près des articulations), des pertes de
mémoire, des perturbations du système nerveux...
Suivant la
dose absorbée, les conséquences peuvent être marginales ou
très graves. Pour un soldat qui a respiré le nuage formé à la
suite d'un impact, elles sont très graves. Elles sont graves
pour des personnes qui inspectent des carcasses de véhicules
détruits et respirent ou touchent les poussières sans protection.
L'uranium 238 est plus faiblement radioactif que le 235 mais il est
radioactif. Les
personnes qui ont respiré de grandes quantités d'uranium 238 présentent
après plusieurs mois ou plusieurs années les
problèmes typiquement liés à une irradiation :
cancers, enfants handicapés...
Des obus-flèche ont été fabriqué à partir d'uranium "appauvri" qui
ne provenait pas d'uranium naturel mais des centrales nucléaires. Il
contenaient, en petites quantités, des isotopes extrêmement
radioactifs. D'après l'article dont voici l'adresse, les graves
problèmes de santé que connaissent les soldats qui ont opéré sur des
champs de bataille où ces munitions ont été utilisées, proviendraient
de la contamination de l'uranium par du plutonium et non de l'uranium
lui-même : www.xs4all.nl/~stgvisie/VISIE/waste-du.html
L'armée américaine entraîne depuis peu ses soldats à prendre des
précautions pour éviter d'être contaminés par de l'uranium appauvri.
Les obus qui n'ont pas encore été tirés ne présentent pas de danger.
Par contre il faut prendre des précautions quand on manipule ou
travaille à proximité de résidus d'obus et de lieux ou objets touchés
par ces obus : gants, masque à gaz, douche et lavages pour éliminer les
poussières...
L'armée américaine explique que toute personne respire et mange
naturellement de l'uranium. Toute poussière, eau ou nourriture contient
un peu d'uranium. Cet uranium est éliminé comme il est entré, par les
urines, la respiration... L'armée veut que l'on comprenne par là que si
un soldat a absorbé de l'uranium, cet uranium finira par partir. Je
crois que cela induit en erreur. Certes, une personne normale et en
bonne santé absorbe tous les jours un peu de métaux toxiques et en
rejette autant : mercure, arsenic, cadmium, plomb, uranium... C'est la
raison pour laquelle les personnes qui ont un ou deux plombage dentaire
mercure-argent, n'ont en général aucun problème d'intoxication au
mercure. Elles absorbent un peu de mercure tous les jours à cause de
leurs plombages mais elles rejettent ce mercure. Le problème, c'est
qu'à partir d'un certain seuil il y a un effet "d'encrassement". C'est
un peu comme quand vous jetez des graviers dans un entonnoir. Si vous
jetez un petit gravier toutes les secondes, chaque gravier tombera par
le fond de l'entonnoir. Même si par hasard un petit gravier reste
bloqué quelque part, les chocs le délogeront tôt au tard et il finira
par partir. Il peut même y avoir plusieurs petits graviers bloqués en
même temps sur les pentes de l'entonnoir, vous pourrez continuer à
jeter des petits graviers pendant des semaines sans risquer de boucher
l'entonnoir. Maintenant prenez le sachet de gravier et retournez-le
d'un coup au dessus de l'entonnoir... vous bouchez l'entonnoir. C'est
ainsi que des personnes qui ont beaucoup de dents plombées au mercure
s'effondrent au fil des années. Les cellules de leur corps s'encrassent
irrémédiablement de mercure. Une analyse de sang ou de cheveux ne
révélera pas des quantités anormales de mercure, parce que les cellules
du sang et des cheveux sont renouvelées en permanence. Elles n'ont pas
la possibilité de s'encrasser. Ce sont d'autres cellules, comme celles
du cerveau, qui s'encrassent. Ce mercure "encroûté" peut être délogé.
Voir cette page : Comment éliminer les
métaux toxiques.
Dans les cas où de la poussière a été inhalée, qui contient de
l'uranium ou d'autres substances chimiquement ou radiologiquement
dangereuses (amiante, poussière de béton, mercure, métaux rares...) je
suppose qu'un premier soin consisterait à stimuler le flux naturel de
nettoyage des poumons. Il existe à cette effet des sirops pour les
fumeurs, qui font s'auto-nettoyer les poumons. Quand la pollution
urbaine me pèse sur les poumons, je prends du gaïacol, qui est de
l'essence de l'arbre de gaïac.
Eric Brasseur
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1 mars 2000 au 15 septembre 2011