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Nutrition






J'ai écrit de nombreuses versions de ce texte. Je vais essayer de résumer les points intéressants. Certaines parties du texte tournent un peu au discours de secte sur le rapport entre le corps et l'âme mais cela fait partie de mes observations. Un texte plus récent explique une partie du contenu de ce texte et le rend inutile : Body acidity.

Tout d'abord : il y a des différences entre les individus. Certaines personnes digèrent n'importe quoi et conservent une bonne forme. Pour d'autres l'alimentation est de l'équilibrisme et les chutes sont douloureuses.

Le point le plus important à mon sens est qu'il faut se méfier comme de la peste des "recommandations" que l'on vous donne. Surtout des recommandations officielles. Voici quelques exemples :
Ces recommandations officielles sont sans doute bonnes pour beaucoup de personnes mais certainement pas pour tout le monde. De même, les avis et les exemples que je donne sont à mettre en balance suivant les individus. Ce sont des choses qu'il faut essayer par soi-même, éventuellement aidé par un médecin ou un nutritionniste. Je mange un peu de tout, en écoutant mon instinct quand c'est possible, mais j'ai compris que je dois me tenir à certaines règles si je veux rester en bonne santé.

Lisez les étiquettes des produits dans les magasins. On trouve en gros trois sortes de substances dans les aliments :
La majorité des aliments contiennent ces trois types de substances.

Il faut distinguer les substances animales et les substances végétales. En gros, les lipides et les protéines animales sont plus difficiles à digérer et peuvent causer plus de problèmes de santé mais elles sont plus riches. Si vous faites un repas de viande et d'un peu de légumes, vous êtes sûr d'avoir absorbé la majorité des protéines et des vitamines nécessaires. Les protéines et les lipides végétales sont beaucoup faciles à digérer et risquent moins de vous rendre malade. Mais il faut s'y connaître pour faire des repas végétaux qui contiennent bien toutes les sortes de vitamines et d'acides aminés nécessaires. Une recommandation qui semble facile et qui donne de bons résultats consiste à manger moitié protéines animales et moitié protéines végétales. Pour les lipides je crois qu'il faut plus de végétales que d'animales mais ce n'est qu'une impression. Attention : il ne faut pas forcément manger ce rapport moitié-moitié sur un même repas.

Notez qu'il existe différentes sortes de graisses, différentes sortes de protéines et différentes sortes de sucres. Certaines graisses sont dangereuses si vous en mangez de grandes quantité, d'autres graisses sont nécessaires à votre santé... La sacharose est un sucre qui peut poser de gros problèmes de santé tandis que le fructose est moins nocif.

En dehors de ces trois grandes classes de substances, il y a des substances dont il faut manger très peu mais qui sont vitales pour être en bonne santé : les vitamines, les minéraux, les oligo-éléments, les antioxydants, les huiles essentielles... Un peu tout en contient mais avoir la panoplie complète il est essentielle de manger des légumes. Les fruits sont intéressants aussi.

Certaines personnes sont allergiques à certaines substances. Par exemple à la fraise, aux cacahuètes... Elles doivent alors éviter d'en manger. (Il existe des traitements pour diminuer les problèmes d'allergie dans certains cas.) Les aliments peuvent poser aussi d'autres problèmes que les allergies :
Une autre chose qui j'ai apprise est que le système digestif a son propre système nerveux, son propre cerveau en quelque sorte. C'est un cerveau rudimentaire mais qui accomplit tout de même des tâches complexes. Il doit actionner les muscles des intestins, déclencher les glandes de sucs digestifs, etc... Tout ce qui assomme notre cerveau, assomme aussi ce cerveau de la digestion. Donc par exemple si votre digestion produit des toxines, non seulement cela vous rendra patraque mais cela rendra aussi patraque votre cerveau de la digestion. Il va donc moins bien gérer la digestion et elle produira encore plus de toxines. C'est un cercle vicieux. Il aura par exemple comme conséquence une mauvaise gestion de l'énergie donc un stockage massif de graisses (une prise de poids), ou au contraire un amaigrissement malsain. J'ai l'impression que le sucre, surtout la saccharose, a un effet assommant sur les systèmes nerveux. Chez les personnes chez qui le gluten et/ou la caséine ont un effet de morphine, l'effet assomant peut avoir des conséquences redoutables.

Il me semble que les glucides posent encore un autre problème : c'est une source d'énergie "facile". Il suffit de manger des glucides et quelques minutes ou dizaines de minutes après du glucose arrive dans le sang. Notre organisme peut s'habituer à cela et ne plus compter que sur cela. Chaque fois qu'il a besoin d'énergie il réclamera quelque chose de sucré ou du pain, des pâtes... Il utilisera ce dont il a besoin comme énergie et le reste il le stockera bêtement. Il se place ainsi dans un système où on ne peut que grossir. Les graisses au contraire sont beaucoup plus complexes à gérer par l'organisme. Elles doivent par exemple d'abord être transformées en glucose par le foie avant de pouvoir être utilisées par les muscles et les autres organes. Si on ne mange que des graisses, l'organisme doit s'habituer à les gérer. Il doit stocker la graisse puis la déstocker pour la transformer en sucre. Comme cela fait fonctionner la gestion des stocks de graisses, cela semble rendre l'organisme plus sérieux en ce qui concerne lesdits stocks. Il évite donc d'en stocker de trop... Quand j'ai fait l'expérience de ne plus manger que des graisses, au début je me suis trouvé assez faible, comme si les graisses ne m'apportaient aucune énergie. Mon organisme c'est habitué, il a réapprit assez rapidement à gérer les graisses, et maintenant je peux faire du sport ou des travaux lourds en n'ayant pourtant mangé aucune sorte de glucides. Cela se discute, je ne serais peut-être pas capables de performances extrêmes comme certains sportifs. Mais clairement les glucides ne me sont plus nécessaires et je m'en porte mieux.

Une chose semble pire que ne manger que des glucides : manger des glucides et beaucoup de graisses en un même repas. Cela semble impossible à gérer correctement pour l'organisme. Certaines personnes expliquent qu'elles sont incapables de manger du gras ou de l'huile, que cela les rend malades au point de les faire vomir. Je me demande si le problème ne vient pas plutôt du fait qu'elles mangent ce gras ou ces huiles en même temps que des glucides : pain, pommes de terre... Un changement radical de leur philosophie de nutrition pourrait peut-être leur permettre de manger beaucoup de bonnes huiles et de bonnes graisses... Note : le citron est un produit magique pour aider à digérer un peu n'importe quoi. Une heure avant le repas, pressez un citron dans un verre, remplissez le verre d'eau et buvez le tout.

Il y a poisons et contrepoisons. Les toxines peuvent être éliminées en prenant des dépuratifs. Par exemple du jus de radis noir. C'est très efficace. De même, certains produits comme le millepertuis ou le ginseng, qui soutiennent et régulent le système nerveux, peuvent être efficaces pour favoriser une meilleure digestion. (Le millepertuis est en vente libre mais c'est un puissant antidépresseur, il ne peut être associé à certains médicaments et il rend la peau plus sensibles au Soleil. Renseignez-vous, idéalement demandez conseil à votre médecin.)

Votre organisme a besoin d'un grand nombre de substances différentes : vitamines, minéraux, huiles essentielles, oligo-éléments... Pour cela il faut manger des légumes, des fruits, varier l'alimentation et préférer ce qui contient plus de bonnes choses comme par exemple les produits bio. Mais il ne faut pas tomber dans la paranoïa. On peut se rendre malade à vouloir manger sans cesse des choses inattendues. Tous les produits bio ne sont pas forcément meilleurs que les produits industriels.

La façon de cuire les aliments est importante. Pas cuits, les aliments contiennent plus de vitamines mais ils sont moins digestes. Les légumes crus, par exemple, contiennent une substance qui détraque la digestion. Un organisme normal s'y habitue mais par exemple une personne qui mange peu de légumes crus et qui soudainement en mange une grande quantité, peut en subir les conséquences. Inversement, certaines substances bénéfiques sembleraient être mieux assimilées si ce qui les contient a été bien cuit. Par exemple la tomate contient un puissant antioxydant et il s'assimile mieux si la tomate est bien cuite. On recommande la cuisson au wok parce qu'elle laisse certaines choses presque crues et d'autres seront presque brûlées. Cela fait un bon mélange... Un ami ne peut manger du porc que s'il a longuement été cuit à l'eau. Par contre il ne digère la viande de boeuf que si elle est crue ou presque crue...

Certains adultes ne digèrent pas les protéines du lait. Ces protéines sont des "caséines". Les haricots, le soya et d'autres graines contiennent des protéines qui sont chimiquement proches des caséines, pour beaucoup d'adultes ce sera un bon remplacement pour les protéines du lait. Mais certains adultes ne digèrent pas non plus les "caséines" végétales... Pour d'autres personnes encore, les caséines ne posent pas de problèmes de digestion ou d'allergie dans les intestins mais comme mentionné plus haut elles passent dans le sang et auraient un effet de "morphine" comparable à celui du gluten... avec des effets secondaires néfastes sur la digestion. Je me demande si ce n'est pas à cause de cet effet "morphine" que certaines personnes mangent de grandes quantités de fromage le soir. Avec des effets catastrophiques sur la ligne... C'est le soir que les angoisses et les dépression latentes remontent à la surface. (Il semblerait que la viande a aussi un effet antidépresseur, ce qui pourrait expliquer l'abus de viandes par certaines personnes.)

J'évite de manger n'importe quoi n'importe quand. Par exemple j'évite de manger (surtout des choses difficile à digérer) si mon estomac n'a pas finit de digérer le repas précédent.

L'inconvénient de beaucoup de produits industriels est qu'ils ne sont pas conçus pour être bien digérés. Ils sont fait à partir de fruits ou de légumes qui n'étaient pas murs, ils contiennent des additifs qui ont des effets sur les systèmes nerveux, etc...

Il faut prendre le temps de bien manger. Il faut se préparer à manger. Manger n'est pas simplement le fait d'absorber des nutriments. C'est toute une machinerie qui se met en mouvement pour les digérer correctement, avec des processus et des timings bien réglés. Il faut préparer le moment du repas dans les règles, comme pour aller dormir et faire de beaux rêves. J'ai appris à mastiquer ce que je mange pour le réduire au plus fin. Au début cela semblait une insupportable perte de temps, maintenant je ne peux plus m'en passer.

Je mange de tout, mais j'ai appris à ne pas manger n'importe quoi. Je sais par exemple que si j'ai fait un bon repas de viande et de légumes, donc des protéines et des graisses animales, j'ai intérêt à manger des noix le repas suivant, donc des protéines et des graisses végétales. Je suis mon instinct, mais je sais que s'il me donne envie d'un gâteaux il recherche en réalité l'effet assomant des sucreries ou leur énergie trop facile, donc je refuse. C'est un amalgame de règles et d'instinct, qui me réussit à merveille. Il ne faut pas trop essayer d'être logique. Par exemple j'explique qu'il faut éviter les fermentations indésirables dans les intestins et chacun sait que rien ne fermente mieux dans les intestins que les haricots. Un de mes meilleurs repas est pourtant un boîte de thon à l'huile avec un bocal de fèves géantes...

La qualité de chaque aliment compte, c'est particulièrement vrai pour les graisses. Certaines mayonnaises industrielles me rendent malade et d'autres me réussissent très bien. Cela dépend du mélange d'huiles qu'elles contiennent. Certaines margarines chères sont un aliment raffiné, au point que j'en fais parfois une cure. Ce sont ces margarines à l'huile d'olive, aux Oméga 3, anti-cholestérol, bio... J'en achète plusieurs raviers et je les finit en deux semaines. Parfois, une épaisseur d'un centimètre de margarine de qualité sur un toast de riz suffit à résoudre de lourds problèmes psychologiques qui trainaient depuis des jours. Toutes les margarines chères ne sont pas équivalentes... A l'inverse, les margarines bon-marché me sont toutes répugnantes au goût. Mon organisme me dit tout de suite "recrache !"

Comme pour les alcools, l'alimentattion est un peu une question de "bons mélanges" et de "mauvais mélanges". Réciproquement, si on a mangé quelque chose à un repas, on peut avoir tout intérêt à manger une autre chose à un autre repas. Pourtant, mangées en même temps ces deux choses auraient posé problème... Par exemple si je mange de la viande je n'ai pas intérêt à boire du jus de fruit. Mieux vaut manger un peu de légumes cuits. Mais au repas suivant, plusieurs heures après, je vais me saoûler de jus de fruits... avec un peu de fruits secs et des noix pour parfaire.

En résumé, le nutrition peut vous rendre patraque de plusieurs façons :
Tout cela dépend de personne en personne. Il y a aussi un effet boule de neige ou chateau de carte : un seul manquement et c'est un peu tout l'édifice de la digestion qui s'écroule. C'est une machine à tenir en équilibre par un peu tous les côtés.

Il existe des moyens de contre-attaque :
Pour certaines choses le corps a des réserves qui peuvent durer plusieurs mois. C'est par exemple le cas de certaines vitamines. Il est donc inutile de chercher à manger de ces vitamines à tous les repas ni même tous les jours. Pour d'autres choses, par exemple les antioxydants, il n'y a pas de vraiment de réserves et il faut donc se recharger toutes les quelques heures. C'est pour cela qu'on recommande un fruit ou un légume cinq fois par jour.



Eric Brasseur  -  17 avril 2006  au  9 juin 2009