La
Lumière est le symbole du savoir.
Les corollaires de la Lumière sont le rêve, la mémoire,
l'amour, la compassion, l'empathie, les livres, l'invention,
l'inférence, l'illusion, la communication, l'information,
l'imagination, l'intuition, la prévision, la folie, les
émotions, le bon sens, l'esprit critique, l'honnêteté intellectuelle,
l'entraînement, les tests, l'illumination, l'exploration, les
sens, la sensualité, la simplicité, l'observation, la
réceptivité, l'intelligence, la lucidité, la logique,
la tendresse, la culture, la transparence, l'inquiétude, les détails,
le sens, goûter...
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L'Ombre
est le symbole du vouloir.
Les corollaires de l'Ombre sont l'action, le pouvoir, la
volonté, la propriété, le droit, le don, l'habitude, la
décision, l'envie, l'autorité, l'affirmation,
les pulsions, le passage à l'acte, la responsabilité, le
domptage, la persuasion, donner du plaisir, l'obéissance, les
obligations, les dettes, l'argent, la police, l'obstination,
la contrainte, le courage, la ténacité, la tentation, les armes, la
fuite, l'esquive, la destruction, trancher, l'exigence, la voix, la
routine...
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La Lumière et l'Ombre sont liées. Les deux doivent
coopérer, l'un est nécessaire à l'autre.
Ils forment un tout. Il faut vouloir savoir. Il faut savoir ce que l'on
veut. L'action part du rêve. Le rêve est un acte. Le savoir donne
le pouvoir. Savoir est un travail. Savoir les choses aide à éviter de
céder à un excès d'Ombre.
Lumière et Ombre peuvent aussi être antagonistes.
L'Ombre peut empêcher la Lumière. Dans un état
dictatorial, la presse, les arts et l'enseignement
sont muselés. Chez un individu, la volonté
d'obtenir quelque chose peut lui faire oublier
de tenir compte des besoins, intérêts et émotions d'autrui.
Inversement, la Lumière peut empêcher l'Ombre.
Une personne qui accumule des connaissances dans le désordre risque de
finir apathique, sans plus aucun ressort. Il faut continuellement
mettre en pratique le savoir et le rationaliser pour qu'il reste
efficace. Un
peuple dont le mode de vie est trop raffiné
peut devenir incapable de faire la guerre pour
se défendre.
La confiance, l'espoir, la foi, la séduction, le plaisir, la
douleur, la bonté, l'affection, l'identité, le choix, la
passion, la stratégie, les scrupules, le charisme, l'instinct, la
tendresse, la culpabilité, la rationalisation,
l'organisation, la manipulation, la ruse, l'apprivoisement,
les valeurs, le jugement, la construction, la rigueur scientifique,
l'honnêteté, la probité, la persévérance, la mesure, l'indignation, le
secret, la sagesse, la Justice, la prudence, la parole, l'humour...
sont des concepts qui font une synthèse de la Lumière et de l'Ombre. La
dopamine a un rôle dans le cerveau entre Ombre et Lumière.
Pour les tribus africaines l'Univers a été créé par un dieu unique.
Chez les grecs c'est le dieu Ouranos (il a engendré les autres dieux).
Pour les juifs, les chrétiens et les musulmans c'est Dieu (Allah en arabe, YHWH dans la Torah). Pour
les francs-maçons c'est le Grand
Architecte. Tout cela est un seul et même dieu, le dieu des
monothéistes, sur lequel chaque religion
porte une lumière un peu différente. Il est à la fois l'Ombre et la
Lumière. D'après les tribus africaines Dieu est lointain, virtuellement
inaccessible. Pour les juifs, Dieu est proche, on peut dialoguer avec
lui. Mieux comprendre Dieu et avoir permis de l'approcher en pensée
serait un apport des juifs à l'Humanité.
Dans le symbole du Yin et du Yang la Lumière et l'Ombre
s'interpénètrent. Le Yin et le Yang stipule que l'harmonie
vient de l'équilibre entre la Lumière et l'Ombre. Le point noir
dans le blanc signifie que le germe de l'Ombre se trouve dans
la Lumière. Le point blanc dans le noir signifie que le germe
de la Lumière se trouve dans l'Ombre.
Le symbole des quatre éléments peut être pris comme une
subdivision de la Lumière et de l'Ombre. L'Eau est le savoir,
l'Air est le mouvement, la Terre est le pouvoir, le Feu est
la volonté.
L'Islam donne 99 noms de Dieu, qui sont autant de définitions
de ses aspects. Elles ressemblent un
peu aux listes de mots contenus dans ce texte pour caractériser
l'Ombre et la Lumière. L'Islam pousse à trouver
encore d'autres "propriétés" de Dieu : on dit aux croyants que
le 100ème nom de Dieu est tenu secret parce qu'il confère un grand
pouvoir à celui qui le trouve.
Dans la religion chrétienne, la mère symbolise la Lumière, le père
symbolise l'Ombre et l'enfant se doit d'être la synthèse des
deux. Ou encore : le Père symbolise la Lumière,
le Fils symbolise l'Ombre et le Saint
Esprit symbolise le passage entre les deux.
Dans la série de films "La Guerre des Etoiles", le côté clair de la
Force symbolise un usage équilibré de l'Ombre, éclairé par la Lumière.
Tandis que le côté obscur de la Force symbolise l'excès d'Ombre.
Un bon chef sait ce que chacun de ses hommes peut faire et le
lui fait faire. Toute personne doit être son propre chef.
Certaines personnes rêvent avec beaucoup de force
et de conviction de ce que vous allez faire
pour elles. Même en sachant consciemment que vous
avez bien fait de ne pas leur obéir, vous
ressentirez un sentiment de culpabilité.
On recommande aux automobilistes, dans le cas
où leur voiture partirait en glissade sur une
route humide ou enneigée, de regarder dans la
direction où ils voudraient aller et non dans
la direction qu'ils voudraient éviter. De même,
ceux qui construisent des choses sont ceux
qui ont une vision claire de ce qu'ils rêvent,
de l'avenir, de ce qu'ils voudraient que les
autres soient ou fassent. Se contenter de
critiquer, de contempler une situation inappropriée,
ne mène en général à rien. Cela peut même accélérer la
survenue des problèmes.
L'Ombre et la Lumière peuvent paraître opposés. Par exemple le fait de
ne
pas comprendre un chef violent fait qu'on le craint donc qu'on
lui obéit ; l'absence de Lumière permet la démesure de l'Ombre. Lever
des contraintes qui pèsent sur un artiste peut améliorer la qualité de
ses créations ; moins d'Ombre permet plus de Lumière. L'excès d'Ombre
de certaines religions a empêché les progrès médicaux dans certains
pays pendant des siècles. Des enseignants péremptoires, qui affirmaient
connaître toutes choses, ont freiné les progrès de la Science. Il ne
faut pas se limiter à ces exemples. Leurs inverses sont vrais aussi. On
n'a jamais autant inventé la démocratie que sous la dictature de Louis
XIV. Une forme de contrainte est souvent nécessaire à la création
artistique. Si un artiste se donne tous les moyens d'expression, par
exemple les meilleurs pinceaux et tous les tubes de couleurs possibles,
il produira de jolies chos mais ces oeuvres n'auront pas de force,
pas de saveur. Si l'artiste limite volontairement ses moyens, par
exemple s'il décide de n'utiliser que le blanc et le noir, son travail
deviendra beaucoup plus difficile. C'est de cette difficulté que
naîtront l'expression et l'émotion. L'artiste devra travailler dur, se
creuser la tête, pour trouver un moyen de s'exprimer malgré les
contraintes qu'il s'est imposées. Quand il aura trouvé ce moyen, quand
il l'aura concrétisé sur la toile, le résultat sera fort, imposant. En
Science, il peut être bon qu'un professeur énonce clairement des
théories, qu'il les affirme en détails précis et les pose comme un bloc
de granit. C'est ce qui permettra à ses élèves de remettre les théories
en question, d'aller plus loin. Ils pourront s'attaquer aux détails,
parce qu'ils ont été mentionnés de façon précise par le professeur. Un
professeur qui se contente de dire "on est sûr de rien", "on travaille
sur la question"... empêche les progrès de ses élèves. En
disant "on travaille sur la question", il signifie à ses élèves que des
personnes plus compétentes qu'eux sont sur le coup, donc qu'il ne sert
à rien de se pencher sur le sujet. En disant "on est sûr de rien",
d'une certaine façon il signifie que tout ce que ses élèves pourraient
trouver viendra se raccrocher à la théorie existante, qui est ouverte.
Donc que le mérite des élèves sera moindre. La déontologie est très
importante ici : un bon professeur se doit aussi d'expliquer à ses
élèves qu'aucune théorie n'est sûre. Il doit reconnaître tout de suite
quand ses élèves apportent quelque chose de concret. Il doit chercher
des arguments en leur faveur. Il ne faut pas se contenter d'affirmer
clairement les choses, il faut aussi aider ceux qui veulent les
remettre en question. Il faut que les élèves puissent revendiquer leurs
victoires.
La dépression nerveuse, la paranoïa, la schizophrénie,
la mégalomanie, la mythomanie, la timidité, la malhonnêteté,
l'intégrisme, l'autoritarisme, l'anorexie, l'escroquerie,
se prendre au sérieux, l'inquisition, la corruption, le mensonge,
la kleptomanie, la haine, la perversion,
le fait de ne pas arriver à faire comprendre à des hôtes
qu'il faut qu'ils partent parce que vous avez du travail,
le fait de croire que tout acte inadéquat doit entraîner une
punition, le fait de croire que si une personne fait une chose
inadéquate c'est nécessairement qu'elle a décidé de le faire
et qu'elle a les moyens de faire autre chose,
le fait d'être choqué par ce qui ne vous encense pas,
un maquereau qui imagine qu'une fille travaille pour lui et qui
le lui impose par la force, le fait d'avoir bien compris qu'on
n'a pas le droit de faire une chose mais par un lent processus
d'autopersuasion se convaincre qu'on peut quand même, le fait
de se faire une fête de fixer un rendez-vous à une personne et
puis l'oublier ou bien stresser au moment du rendez-vous au point
de ne pas s'y rendre, un voleur de grand chemin qui rêve à
son futur butin au point de finalement ne faire que reprendre
son bien...
Ce sont là des désordres de la Lumière et de l'Ombre. Les
personnes qui en sont atteintes ont un problème de rêve et
d'image de soi. Certaines fonctions de leur cerveau fonctionnent
de façon exagérée ou inappropriée, ou ne fonctionnent pas assez. Ces
fonctions ont toutes
leur raison d'être. Elles sont nécessaires à la survie. C'est
souvent une bonne chose de se demander quelle
est le rôle normal d'une fonction qui pose problème
chez quelqu'un, quelle est la raison pour laquelle la Nature l'a
créée. Chez les
enfants ces troubles ne sont pas
graves. Ils ne peuvent de toute façon rien faire de grave puisqu'ils
n'ont
pas de responsabilités. Leurs cerveaux étant en perpétuelle
construction et transformation, si l'environnement s'y prête le
problème sera rapidement résorbé. Il est une
manifestation tout à fait normale de leur croissance. Chez les
adultes, par contre, dont le cerveau est plus figé, les
véritables guérisons sont plus difficiles à obtenir.
Dans le cadre de ce système symbolique, un menteur est une
personne qui croit pouvoir tricher avec Dieu, qui croit
pouvoir se jouer de Lui. Une personne qui refuse de
donner de l'affection est une personne qui se bat contre Dieu.
Une personne qui ne se trouve pas digne de recevoir de l'affection et
qui ne se
rend pas compte de l'importance de l'affection qu'elle peut
donner aux autres, est une personne qui croit qu'elle ne
compte pas aux yeux de Dieu.
De grandes abominations ont été commises par des chefs qui
avaient de grands desseins, une Ombre imposante, mais qui
manquaient de morale et de sagesse. Ils avaient peu de Lumière.
Dans un premier temps leurs actions brutales leurs permettent
d'obtenir des résultats impressionnants. Ensuite tout s'effondre.
Parfois on confond Lumière et Ombre. Par exemple chez certains
professeurs un étudiant obtiendra ses notes en fonction de sa
volonté à réussir et non en fonction de sa maîtrise du savoir.
A l'inverse, lors de certains interviews d'embauche on choisira
les candidats en fonction de leur savoir, souvent inutile, au
lieu de les choisir en fonction de ce qui compte réellement :
leur volonté d'obtenir des résultats dans leur travail.
Un certain endoctrinement dit que les personnes qui font des études ont
la Lumière et que les ouvriers ne l'ont pas. En réalité la Lumière est
autant dans le chef d'un ouvrier qui trouve le moyen d'ajuster des
pièces que chez un mathématicien qui réussit à résoudre une équation
nouvelle. C'est la même démarche. Réciproquement il existe des ouvriers
sans créativité et des mathématiciens qui ne font que réciter des
formules ou appliquer des procédures.
Le rêve, le passage à l'acte, s'occuper d'autrui... ces choses
procurent un plaisir
immense. Elles sont donc dangereuses, peuvent engendrer de
nombreux problèmes. Le rôle de la religion, de l'éducation, est de
permettre aux gens de faire pour un mieux. Hélas, souvent on se
contente d'interdire et de cacher.
Certaines personnes ne posent aucun acte sans avoir l'approbation
de ceux qui les entourent. Il leur faut des ordres. Ces
personnes-là ne s'attirent la sympathie de personne. Elles sont
transparentes, inexistantes. D'autres au contraire passent à l'acte,
d'autorité,
en toutes circonstances. La qualité de leurs actes dépend de
leur niveau global d'expérience, de morale, d'intelligence,
de culture et de sagesse. Il sont vénérés par les personnes
qui ont un niveau plus bas qu'eux et sont considérés comme
des criminels par les personnes qui ont un niveau plus élevé.
Il sont incompris par les personnes
qui ont un niveau beaucoup plus bas qu'eux et sont considérés comme
des victimes par les personnes qui ont un niveau
beaucoup plus élevé.
Deux personnes qui ont un niveau bas prennent souvent
des décisions incompatibles entre elles. Un travail
d'endoctrinement et d'encadrement est nécessaire pour
constituer un groupe homogène de personnes ayant un niveau bas.
Les personnes ayant un niveau élevé, même si elles proviennent
de cultures très différentes, prennent des décisions
souvent très compatibles entre elles. Tout au moins ces personnes
instruites arriveront-elles
à s'entendre sur les choses à faire. Elles arriveront à créer l'accord
sur les projets, voire l'unité. Le judaïsme symbolise cela en
expliquant qu'à la mort l'âme rejoint Dieu, pour ne plus former qu'un
tout où il n'existe plus de désaccords. C'est l'état ultime de Paix. Un
juif se doit de s'éduquer toute sa vie, afin que le jour où il cesse
d'exister, il arrive le plus instruit possible dans le "grand tout".
L'intérêt des symboles résidant uniquement dans leur application dans
le quotidien, cela signifie qu'une véritable éducation, une véritable
instruction de tout le peuple, apportent la paix et la prospérité. Ce
principe n'est pas élitiste, en ce sens qu'un analphabète qui arrive à
bien gérer son troupeau de chèvres et son chien est un savant.
Les partis politiques de Gauche sont davantage portés à la Lumière.
Les partis politiques de Droite sont davantage portés à l'Ombre. C'est
parce que ces deux pôles sont nécessaires et indissociables que les
pays démocratiques pratiquent l'alternance entre les partis politiques.
Ces pays oscillent entre la Gauche et la Droite au fil des années, tout
comme les pensées d'une personnes oscillent entre la Lumière et l'Ombre
au fil des secondes ou des semaines. Quand les habitants d'un pays
n'ont pas un niveau d'éducation assez élevé pour comprendre ce qui se
passe, ils seront portés vers la Droite. C'est à dire vers les règles
et les lois, que l'on peut appliquer sans vraiment comprendre. Si leur
niveau d'éducation est suffisamment élevé, ils seront portés vers la
Gauche : vers la gestion intelligente et compréhensive des choses.
Quand il se passe des événements graves, ils seront portés vers la
Droite, qui agit vite et fort. Quand tout va bien, il préféreront la
Gauche, qui est plus douce à vivre, qui n'impose pas des règles
inadaptées et destructrices. Le rôle de la Gauche est de tirer les
conséquences des dégâts causés par l'aveuglement de la Droite. Le rôle
de la Droite est d'agir quand la Gauche n'arrive plus à proposer de
solutions convaincantes. La Droite applique alors des règles inventées
auparavant par la Gauche.
Quand le niveau d'éducation de la population
baisse, elle est naturellement portée vers la Droite. Pour survivre, la
Gauche est perpétuellement obligée de travailler à éduquer les gens :
leur faire découvrir qui ils sont, leur apprendre le Monde, leur
apprendre les autres... Il faut qu'un nombre suffisant de gens aient le
niveau nécessaire pour réaliser que les idées de Droite sont de
méchantes bêtises. Ce que la Gauche doit au moins veiller à faire,
c'est que quand le pays glissera vers la Droite les gens aient malgré
tout le niveau nécessaire pour affronter les problèmes en ne faisant
pas trop de dégâts ni de massacres. La Droite prétend savoir les choses
tandis que la Gauche cherche à comprendre les choses.
La Lumière est sensée éclairer celui qui veut Agir. Pour tenter de
faire le tri entre les actions qui devraient être faites et celles
qu'il faudrait éviter, les humains ont développé les notions
relativement abstraites de "bien" et de "mal". Les personnes
politiquement de droite pensent être capables de faire le tri entre ce
qui est bien et ce qui est mal. Les personnes politiquement de gauche
pensent être capable d'organiser ce qui amène le bien et d'éviter ce
qui amène le mal.
D'après les psychologues il y a deux attitudes de base face à une
situation : l'attaque ou la fuite. L'attaque peut être le simple fait
d'accepter de prendre en charge un problème. Le fuite peut être un
simple refus. L'attaque et la fuite sont des réflexes innés, que l'on
n'a
pas besoin d'apprendre. Ils ressortent de l'Ombre. Mais apprendre à
retrouver son calme après l'attaque ou analyser correctement les
conditions d'une fuite, ce sont des choses qu'il faut apprendre à faire
et qui ressortent de la Lumière. Si on n'est pas capable de retrouver
son calme après l'attaque, on vivra perpétuellement en état d'attaque
--en état de stress. L'organisme finira rongé. Si on n'est pas
capable d'analyser correctement une fuite ou un échec d'attaque, on
reproduira les mêmes erreurs. Certaines personnes tentent de contourner
le problème en évitant systématiquement les situations de stress. Leur
monde s'écroulera faute de labeur et de réalisations, l'inactivité les
détruira. D'autres personnes encore recourent à des drogues pour se
calmer après ou pendant l'activité. Si elles savent gérer la drogue
elles vivent parfois plus sainement que des personnes qui n'ont pas
appris à se calmer. Mais rien ne vaut le calme par le contrôle naturel
de l'esprit. Plus difficile encore est ce qu'il faut apprendre à faire
quand on ne peut ni attaquer ni fuir. Il faut apprendre à renoncer, à
accepter. Une personne qui ne peut ni attaquer ni fuir et qui n'a pas
appris à accepter, encourt des problèmes psychologiques graves voire
des maladies somatiques qui peuvent causer sa mort. C'est une part du
travail des religions que d'apprendre aux hommes à accepter. Certaines
expliquent aux hommes qu'ils sont insignifiants face aux choses du
Monde et ne peuvent donc intervenir sur tout. D'autres expliquent que
toute situation est planifiée par une conscience supérieure et doit
donc être acceptée. Ces choses que les religions expliquent sont des
"trucs" psychologiques qui donnent de plus ou moins bons résultats. Ils
ont des effets secondaires pervers : ils entraînent une
déresponsabilisation, des abus... Par exemple certaines religions
utilisent leur art de faire accepter les choses aux gens pour leur
faire accepter les situations les plus ignobles : maladie, esclavage,
souffrances inutiles... elles vont même jusqu'à éliminer physiquement
les personnes qui ont les moyens intellectuels nécessaires pour
résoudre ces problèmes. Beaucoup de personnes utilisent
des drogues pour accepter la réalité, pour l'oublier ou en inventer une
autre. La seule bonne approche est d'apprendre à accepter les choses
par la volonté de l'esprit, sans recourir à des prétextes douteux ni à
des drogues. Il faut beaucoup de travail et de Culture pour être
capable de se calmer, d'analyser et d'accepter les choses de façon
saine.
Le rôle d'un parent est d'imposer le Monde à son enfant. C'est un
travail d'Ombre. Il faut parfois brimer l'enfant, le contraindre, pour
le forcer à voir le Monde tel qu'il est et lui apprendre à y vivre, à
l'affronter efficacement. Si cela n'est pas fait, l'enfant risque de
réinventer le Monde dans son imaginaire et de s'y offrir une place
merveilleuse. Devenu adulte cet enfant continuera à rêver. Il risque de
devenir un bandit qui impose ses rêves, de se droguer, de se suicider
parce qu'il ne peut concilier la réalité de ses besoins à ses rêves...
Un parent doit aussi faire un travail de Lumière : il doit accepter,
approuver et féliciter l'enfant pour ses qualités. Il doit lui
permettre de les développer, d'en faire des projets, de s'insérer avec
brio dans la réalité. Il doit confier l'enfant à d'autres personnes,
qui sauront découvrir et développer encore d'autres qualités chez
l'enfant. La plus importante des qualités qu'un parent doit affirmer
chez son enfant est le fait-même que c'est son enfant. Beaucoup de
parents essayent de faire ces travaux d'Ombres et de Lumière mais s'y
prennent mal. Ils inventent de toutes pièces des raisons de brimer
leurs enfants, sont violents ou clament des qualités de leurs enfants
qui n'existent pas ou qui n'ont pas été développées. Ils écrasent leurs
enfants ou ils font se développer à outrance leurs rêves stériles.
Parfois les deux en même temps. Pour être un parent acceptable, il faut
avoir une Lumière et une Ombre correctement développés. Cela peut même
suffire en soi, car le plus important pour les enfants est l'exemple
qu'on leur donne.
Une personne qui croit savoir ce qu'il faut faire, qui croit avoir une
bonne idée, une bonne pulsion, en éprouvera de la jouissance. Elle aura
envie de passer à l'acte. C'est pour cette raison que l'on dit que le
Diable est séducteur, charmeur. Il est appétissant, attirant,
rassurant... Il pousse à passer à l'acte. Mais si pour une autre
personne cette idée ou cette pulsion est une mauvaise idée, qui
entraîne des problèmes et des souffrances, alors pour cette personne le
Diable apparaîtra laid et repoussant. Cette deuxième personne tendra
donc à stopper l'acte. Cela ne permet pas de savoir qui a raison. L'un
comme l'autre
peuvent se tromper. Tout les deux peuvent se tromper. Ou même aucun des
deux. L'Ombre est nécessaire dans
certains de ces cas pour qu'une personne se lève et affirme les choses.
Quand les employés d'une entreprise ont trop peu de Lumière pour
comprendre leurs rôles et les enjeux, ils n'auront que peu ou pas
d'Ombre pour travailler. Le rôle du chef est alors important. D'une
voix ferme il doit stresser ses employés, leur insuffler l'Ombre
nécessaire à un travail diligent. Par contre si les employés ont un bon
niveau de Lumière, une attitude autoritaire les fera partir ou
diminuera sensiblement leur rendement. Il vaut alors mieux que le chef
soit un employé comme les autres, avec un rôle centralisateur.
Les personnes qui ont dévoyé la religion se permettent de canaliser la
Lumière. Elles présentent à leurs adeptes une image adaptée de la
réalité. Elles leur occultent des raisons d'avoir peur ou en amplifient
d'autres. Elles leur inventent des explications des choses et un
semblant de savoir qui donnent une grande joie. Tout en leur apprenant
à ne plus penser à d'autres choses. Par exemple avec des phrases comme
"Ce qui est, est." ou "Toute idée, toute invention, est le fait de
Dieu. Nous ne sommes rien.". Dans certaines de ces sectes les adeptes
vivent un paradis artificiel permanent. Dans d'autres sectes ils sont
rongés de peurs. Parfois les deux en même temps. Mais dans tous les cas
ils réalisent les ambitions de ceux qui les gouvernent. Celui qui
impose la Lumière impose aussi l'Ombre.
Il est normal qu'un jeune enfant martyrise un insecte ou un petit
animal, qu'il s'amuse des réactions de la bestiole sans aucune
conscience de sa douleur. Il n'a pas d'empathie, tout comme quelques
années auparavant il n'avait même pas la parole. Le rôle des adultes
est d'éviter ces événements aux maximum. Mais cela ne permet pas de
dire que l'enfant est mauvais. La Lumière est une chose qui se
développe avec l'âge, qui s'apprend, qui se révèle ou fil des
événements. Certains adultes n'ont jamais acquis l'empathie. Ou elle a
été tuée en eux. Ils peuvent alors être des bandits qui font souffrir
autrui ou des chefs d'états qui ordonnent l'extermination de peuples
entiers par simple calcul politique.
Les christs et les antéchrists sont des personnes qui ont de grandes
idées et de fortes convictions. Ils savent les imposer à des foules
entières, par leur charisme. C'est un mélange irrationnel d'une forte
dose de Lumière et d'Ombre. Ce sont des gens qui apportent des choses à
l'humanité. Ils causent aussi beaucoup de malheurs. Il faut beaucoup de
temps et de travail avant de digérer les affirmations des christs et
des antéchrists. Le mérite d'un christ ou d'un antéchrist peut résider
dans le fait qu'il a permis de comprendre qu'il faut faire le contraire
de ce qu'il a enseigné. Si les opinions de la personne sont jugées
globalement positives, on la qualifiera de christ. Si elles sont jugées
globalement négatives, on la qualifiera d'antéchrist.
Un excès d'Ombre vient hélas souvent en réponse à un manque de Lumière.
Par exemple on attend d'une personne qu'elle perçoive les émotions ou
les problèmes de son entourage. On attend d'elle qu'elle se comporte en
fonction. Si une personne a besoin de repos ou de
recueillement, il faut le sentir et ne pas lui adresser la parole. Si
on le fait quand-même, la personne donnera une seconde chance en disant
explicitement les choses : "S'il te plaît, laisse moi seul.". Si on ne
sent et ne comprend toujours pas, alors cela peut finir par la violence
: un départ, des cris, des propos blessants voire des coups. En
général, si on est arrivé à ces extrêmes, on ne comprendra toujours
pas. Mais on obtempérera et peut-être se mettra-t-on à réfléchir ou à
se renseigner, à apprendre. Le manque de Lumière peut aussi être dans
le fait de la personne qui voulait rester seule : si elle ne se rend
pas compte que son désir d'être seule avait été compris. A l'échelle
d'un pays le recours à un excès d'Ombre faute de Lumière peut avoir des
conséquences dramatique. Si le niveau d'éducation dans ce pays baisse
trop et que la survie des habitants devient donc difficile, une petite
partie des habitants va se saisir par la force des privilèges et des
biens. Les autres habitants seront réduits en esclaves ou en chair à
canon.
Un excès d'Ombre mène à une régression de la Lumière. Par exemple dans
les dictatures on interdit et on élimine les livres qui ne sont pas en
accord avec la doctrine du dictateur.
Le serpent se mord la queue. Un excès de Lumière ou d'Ombre est très
proche d'un manque de Lumière ou d'Ombre. Un fonctionnaire qui par un
excès d'Ombre se tient trop rigoureusement au règlement, manque d'Ombre
pour faire des choses utiles. Un jeune qui par un excès de Lumière a le
savoir nécessaire pour faire une expérience dangereuse, a par là-même
un manque de Lumière pour faire cette expérience en sécurité. On ne
lâche les enfants dans le Vaste Monde que quand ils ont acquit assez de
Lumière pour savoir qu'ils n'en ont pas assez.
"Le" Savoir est une chose. Mais il y a "les" savoirs. Notre cerveau
sait
beaucoup de choses. Il s'avère à l'usage que ces choses peuvent être
contradictoires. Il en résulte des conflits, des paradoxes, des
tensions dans nos pensées. Nous ne savons plus quoi faire, nous sommes
préoccupés. Cela peut nous mener à de graves problèmes physiques et
mentaux. Des gourous nous proposent des solutions simplistes. Il vaut
mieux aller trouver des personnes de bon conseil : parents, amis,
auteurs de livres, autorités spirituelles ou psychologues. Il nous faut
mieux discerner les choses, apprendre des choses nouvelles qui
permettent de mettre de l'ordre. Simplement apprendre les mots qui
permettent d'exprimer ce qu'il y a en nous. Il nous faut déterminer ce
qui est important et ce qui l'est moins, comprendre qu'une chose vaut
dans certains cas mais pas dans d'autres. Accepter le simple fait que
certaines choses n'ont ni réponse ni solution. Il nous faut ranger les
choses dans notre tête d'une façon appropriée à la façon dont notre
propre cerveau travaille. Si nous essayons de mettre dans notre cerveau
une version simplifiée de ce qu'il y a dans le cerveau d'une autre
personne, nous serons forcément moins performant. Les informations qui
se trouvent dans les cerveaux des autres sont une nourriture vitale
pour le nôtre mais il ne faut pas oublier de la mâcher et de la
digérer. Ensuite seulement ce qu'il y a dans notre cerveau deviendra
intéressant pour les autres. Cela formera un grand tout qui peut se
rendre utile.
Fondamentalement le mal n'existe pas. Tout le monde essaye de bien
faire, même les dictateurs et les maladies. Si une personne fait du mal
à une autre personne, c'est parce qu'elle ne se rend pas compte de ce
qu'elle fait ou qu'elle croit qu'il y aura du bien au bout du chemin.
Une personne ivre de vengeance, désireuse de faire souffrir un Monde
entier, veut au fond d'elle-même redresser un tort ou punir une
injustice, ce qui est bien. Dans la Nature il y a beaucoup de choses
qui peuvent faire souffrir : les maladies, les accidents... Mais la
Nature n'a pas de conscience. Elle ne prend pas la décision de faire
souffrir. Il n'y a que des phénomènes météorologiques, des animaux qui
se nourrissent ou se défendent. Si nous pouvons ressentir la douleur
c'est parce que cela nous permet d'apprendre et d'éviter ce qui nous
détruit. Les notions de mal, de Diable méchant ou de Dieu punisseur,
ont été inventées par les hommes. Ils subissent des douleurs et des
revers, il leur faut trouver des mots pour en parler. Le problème est
que ces notions de mal sont à leur tour utilisés par l'homme pour faire
le mal. En croyant que le mal est une intention dans les homme ou dans
la Nature, certains hommes créent plus de mal encore. Ils croient
qu'ils doivent détruire ou réprimer ce qui "contient" le mal. Certains
disent que l'homme contient le mal parce qu'il éprouve du plaisir en
faisant ce qui est interdit. Une meilleure explication est que l'homme
est un explorateur. Il éprouve du plaisir à explorer. C'est grâce à
cela qu'il apprend à connaître son environnement et qu'il devient plus
apte à y survivre. Faire ce qui est interdit est une des formes
d'exploration. Ce n'est pas l'interdit qui donne du plaisir, c'est
l'exploration. Il faut apprendre aux enfants à explorer en nuisant le
moins possible à autrui. Les empêcher d'explorer ne peut mener qu'au
mal.
A la base, l'Ombre pousse à la lutte entre les individus. Les puissants
exploitent les pauvres. Le fort détruit le faible. Les grandes bêtes
mangent les petites bêtes et les très petites bêtes mangent les grandes
bêtes. L'Amour inverse l'action de l'Ombre. Par Amour, une maman lionne
ne mange pas ses petits. Ils constituent pourtant un repas de choix.
Elle passera des mois à chasser pour eux et à les protéger. Dans les
pays civilisés, les politiciens mettent leur volonté au service de la
population. On se dévoue pour les plus faibles au lieu de les écraser.
Une armée est beaucoup plus puissante et a moins de pertes au combat si
chaque soldat fait passer la vie de ses camarades avant la sienne. Dans
les dictatures l'Amour est perverti : on fait croire à la population
que le dictateur éprouve de l'Amour pour le peuple alors qu'il ne fait
que l'exploiter.
L'humain est grégaire. Il est fait pour vivre en bande. Son instinct le
pousse à s'assimiler à une bande. C'est au sein d'une bande qu'il vivra
ses actions et qu'il partagera un certain savoir. Son affection ira
vers les membres de sa bande. Dans un pays, tout est souvent question
d'affrontements ou d'arrangements entre bandes. Que l'on soit membre
d'un syndicat, d'un parti politique ou d'un groupe d'industriel, on
n'est jamais qu'un membre d'une bande. Cette bande a ses intérêts et
arrive ou non à s'entendre avec les autres bandes. Tout dépend du
niveau d'éducation. S'il est bas, il y aura beaucoup d'affrontements.
S'il est élevé, des arrangements constructifs seront possibles.
Certains systèmes philosophiques, par exemple celui de l'Empire Romain,
essayent d'amener tous les humains à se sentir membres de la même
grande bande. On est citoyen romain, quel que soit son rang social ou
son origine ethnique. Cela rend les choses plus simples. Cette idée a
été élargie à toute l'Humanité par le christianisme et a été adoptée
par l'Empire Romain pour tenter de préserver son intégrité. Ces
super-bandes n'ont pas toujours une structure très stable. Beaucoup
d'individus en leur sein se sentent abandonnés à eux-mêmes et vont
alors spontanément reformer de petites bandes. Ces petites bandes
seront par exemple des fonctionnaires qui s'associent entre eux pour
voler l'état ou ces bandes armées qui sévissent dans les pays en voie
de développement. Ils reconstruisent des règles et des conventions de
bande, souvent sans même s'en rendre compte. C'est instinctif. Nous
sommes génétiquement programmés pour cela. Le système en place est
responsable de la formation de ces petites bandes néfastes. D'abord
parce qu'il a cherché à détruire les petits bandes, y compris les
familles. Par exemple en imposant un ordre moral carcéral aux familles.
Ensuite parce qu'il a réduit le niveau d'instruction des individus
volontairement, pour mieux les manipuler. Dans un monde civilisé, il
faut respecter la formation des bandes. Il faut apprendre aux individus
à former les bandes les plus positives possibles. Pour bien faire un
individu ne doit pas appartenir à une bande bien précise. Il doit
plutôt être membre d'un grand nombre de petites et de grandes bandes ;
sa famille, la famille de son conjoint, ses collègues de travail, son
syndicat, son parti politique, sa religion, son pays, sa Planète...
Concilier une affiliation sincère à toutes ces bandes est à priori
complètement schizophrène. A condition d'avoir beaucoup d'éducation et
du temps libre pour méditer, on peut y arriver.
Une bonne obligation est une obligation librement consentie. Une
personne qui s'astreint à un entraînement sportif rigoureux peut en
retirer de grandes satisfaction. Un bon soldat a compris que la Guerre
est une chose horrible mais qu'elle peut être nécessaire. Il n'est pas
mauvais qu'il existe des écoles ou les enseignants sont durs, à
condition que les enfants les choisissent librement et puissent les
quitter tout aussi librement. Par contre les obligations imposées,
surtout à des personnes qui ne les comprennent pas, peuvent avoir des
effets catastrophiques. Un des problèmes de l'Occident est que jusqu'à
la moitié du XXème siècle les enfants avaient l'obligation "d'aimer"
leurs parents. Après on est passé çà l'obligation pour les parents
"d'aimer" leurs enfants. On est passé d'un extrême à l'autre. A aucun
moment il n'y a réellement eu de l'amour. Ce ne sont que des
obligations, de la crainte, des angoisses voire de la détresse et des
abus. Dans les sociétés plus évoluées, un dialogue est possible entre
parents et enfants. Alors il peut y avoir une entente, du respect, de
l'amour...
On me demande parfois la différence entre un pirate et un hacker.
Essentiellement un pirate est négatif et un hacker est positif. Le
pirate utilise tout et n'importe quoi pour son profit immédiat. Que ce
soit pour gagner de l'argent ou du prestige, il abuse des ordinateurs
d'autrui, il vole des données ou de l'argent... Il se fiche
complètement de la Loi et des intérêts des autres. Le pirate accumule
des connaissances uniquement dans le but d'obtenir un meilleur
rendement de ses attaques. Certains pirates connaissent assez bien la
Loi mais c'est pour mieux en abuser. Un hacker, au contraire, cherche à
protéger les intérêts des autres. Un hacker est une personne qui se
documente et qui expérimente, parce qu'elle veut devenir la plus
compétante et la plus efficace possible, en toute généralité. Il peut
arriver qu'un hacker viole la Loi mais il ne fait que dans des
circonstances bien précises. Par exemple pour essayer des choses, sans
que cela nuise. Il peut aussi le faire si c'est nécessaire pour
respecter l'esprit de la Loi. Cela veut dire que certes il viole la loi
mais en réalité il ne fait que mieux l'appliquer. Les hackers
connaissent souvent mieux la Loi que la plupart des gens. Ce sont donc
des personnes plus fiables que la moyenne. Leur seul problème est
qu'ils font un peu peur, comme les sorciers. On ne comprend pas
toujours ce qui leur passe par la tête mais on est épaté par leurs
capacités.
Transmettre le savoir aux autres n'est pas toujours une chose évidente.
Certaines entreprises, par exemple, sont spécialisées dans des choses
que leurs clients pourraient facilement faire eux-mêmes. Il s'agit
parfois de choses aussi simples que de faire un réglage dans un
logiciel. Un enfant de douze ans pourrait le faire. Mais le client
n'est
pas au courant. Il croit que c'est une chose de haute technicité et est
bien content de payer une fortune pour qu'un technicien vienne le
faire. De telles entreprises peuvent devenir riches à centaines de
milliards, en exploitant la naïveté et les peurs des
clients. D'autres entreprises, qui prennent le temps d'expliquer les
choses à leurs clients, font faillite. Elles touchent
beaucoup moins d'argent et perdent leurs clients... Elles disparaissent
et laissent la place au premier type d'entreprises. Si cette
politique est bien la plus intéressante à court terme pour une
entreprise, elle ne l'est pas pour la Société dans son ensemble. Sur le
long terme, un pays survivra mieux s'il a beaucoup d'entreprises du
deuxième type, qui distribuent leur savoir. Pour que le deuxième type
d'entreprise survive, il n'y a qu'une seule solution : le niveau
culturel des habitants du pays doit être suffisamment développé pour
qu'ils
comprennent tout cela et favorisent le deuxième type d'entreprise.
C'est un exemple de ce qu'on appelle la dignité.
L'organisation est à la base des civilisations. Elle est également
à la base d'un individu. On est un travailleur à partir du moment où
on s'organise chaque jour pour travailler, on investit chaque jour du
temps et des pensées pour bien faire son travail. On est un amoureux si
on s'organise tous les jours pour passer du temps avec l'être aimé,
pour s'occuper de lui. Cette organisation peut éventuellement être
consacrée par la cérémonie du mariage. On est un toxicomane si on
s'organise au jour le jour pour se procurer sa drogue et en vivre les
effets. La routine est la mort de l'organisation, parce qu'elle est la
perte de la composante de Lumière de l'organisation.
Les mots "compétence et "maîtrise" sont utilisés parfois en terme de
Lumière,
parfois en terme d'Ombre. Une "compétence ministérielle" veut dire que
le pouvoir
sur un domaine donné est confié à un ministère. Pourtant le Ministre et
son cabinet
peuvent être très incompétents dans la compétence qui leur est confiée.
De même, si
les gardes dans une prison ne maîtrisent pas leur métier, ils seront
obligés de recourir à la violence pour maîtriser les détenus.
On croit qu'une personne qui commet un acte illégal ou nuisible en
éprouve du plaisir. On se dit qu'un démon jouisseur en elle hurle de
rire
à l'idée du mal qui est fait et que la personne en profite. Je crois
plutôt que la personne est anesthésiée, que ce soit par la
fatigue, l'ignorance, la drogue ou un problème neurologique quelconque.
Elle peut éprouver du plaisir, voire une violente envie, à
faire ce qu'elle fait. Mais ce plaisir ne vient pas de la
transgression.
Dans beaucoup de cas il n'y a aucune émotion liée à ce que la personne
est en train de faire. C'est
le noeud du problème : la personne ne se rend pas compte de ce qu'elle
fait.
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