C'est étrange : nous adoptons comme des fanatiques le comportement de
personnes qui nous ont fait souffrir.
Prenons par exemple le cas d'un professeur qui nous a crié dessus en
nous affirmant quelque chose. Au moment où cela c'est passé, nous
n'étions pas d'accord avec ce qu'il affirmait. Nous nous sommes même
senti assez mal.
Mais, plusieurs mois ou plusieurs
années après, voilà que nous nous mettons à affirmer la même chose que
lui. Pire : nous l'affirmons avec violence, comme lui.
Pourquoi adoptons nous le même comportement que les personnes qui nous
ont brutalisés ? Voici
quelques réponses possibles. Certaines d'entre elles
se rejoignent, elles sont un éclairage différent
d'une même réalité.
Si quelqu'un nous engueule, c'est une agression envers nous. Si
nous ne
comprenons pas ce comportement méchant,
si nous ne comprenons pas cette chose qui nous a fait souffrir, alors
la seule solution pour surmonter cette douleur est de devenir plus fort
que la personne qui nous a fait souffrir. Nous espérons dominer notre
peur en devenant pire
que notre agresseur. Nous ne comprenons pas comment est construite
l'arme qui nous a blessé, mais nous apprenons quand même à l'utiliser.
Ainsi nous devenons l'esclave de ce comportement malsain, sans nous
en rendre compte.
Nous essayons de nous consoler des souffrances endurées. Nous
nous disons qu'en fait ces souffrances étaient une épreuve utile, que
nous ne nous sommes pas fait engueuler pour rien. Donc, nous nous
disons que le comportement de l'agresseur était en fait une bonne
chose. Alors, nous nous mettons à faire comme lui, pour vraiment nous
persuader que c'était une bonne chose. Nous nous mettons à engueuler
d'autres personnes.
Et nous expliquons à tout le monde qu'il faut faire comme cela.
Tout être humain doit adopter un comportement. Quel qu'il soit.
C'est vital : si nous n'avons pas de comportement alors nous ne sommes
rien. Oui mais, quel comportement faut il adopter ? Pour répondre à
cette question,
notre cerveau va en partie essayer de copier le comportement d'autre
personnes autour de nous. Forcément, il aura plus tendance à adopter le
comportement de quelqu'un qui nous a fort marqué ou impressionné. Même
si
c'est un mauvais comportement. Si nous avons été marqué par
une personne qui nous a engueulé...
Ce n'est pas nous qui adoptons le comportement de la personne qui
nous fait souffrir : c'est le contraire. C'est la personne qui nous
adopte. Elle a senti que nous lui ressemblons. Alors elle nous saute
dessus et nous impose ce qu'elle a dans la tête. Elle veut faire de
nous une copie d'elle-même, pour se sentir moins
seule ou simplement par réflexe. Elle agit comme un enseignant, mais
pour de mauvaises choses.
Quelqu'un qui est peu cultivé est souvent bloqué face aux
problèmes de la vie. Sa réaction face à l'inconnu sera de devenir
violent, foncer dans le tas. Si nous avons vécu parmi des personnes
violentes, nous avons
donc vécu parmi des personnes qui ne savent pas ce qu'elles doivent
faire pour résoudre les problèmes de la vie. Elles n'ont donc rien pu
nous apprendre pour que nous puissions résoudre nos propres problèmes.
Donc,
comme nous n'avons pas appris à résoudre nos problèmes, nous devenons
violents dans les situations difficiles.
L'école, les administrations, le système en général, cassent les
individus. Une fois démolis, réduits à quelque chose de rudimentaire,
il est possible de les placer à des postes simples et bien définis au
sein d'une hiérarchie. La violence verbale est une des nombreuses
techniques utilisées pour casser un individu. Ces individus qui ont été
cassés ne sauraient plus vivre en dehors des structures dans lesquelles
on les cases. Ils se doivent donc de garantir les intérêts de la
structure. Notamment ils se doivent de l'aider à s'alimenter en chair
fraîche. Ils vont donc à leur tour faire usage de violence verbale à
l'égard d'autres individus afin qu'ils puissent aussi prendre place
dans la structure.
D'après des travaux scientifiques récents (Pour la
Science, août 1998), si un enfant subit un stress tout au long
de son enfance il en gardera des déformations irréversibles
dans le cerveau. Ces déformations le prédisposent à la
dépression nerveuse. Le stress peut être du à plusieurs choses ;
situation de guerre, absence de nourriture... mais il peut
aussi être du à des parents grossiers qui ne manquent pas une
occasion d'engueuler et de punir l'enfant, qui le
maintiennent sous la menace perpétuelle de recevoir des coups
et d'être privé de nourriture. Devenu adulte il aura une
tendance à la dépression. Ce sera donc une personne incapable
de s'organiser, anxieuse, vite dépassée par ce qui lui arrive.
Il sera donc fréquemment désagréable avec son entourage. Parfois sa
réponse aux situations angoissante sera d'engueuler les
personnes avec lesquelles il a affaire, par exemple pour masquer son
incapacité.
Lorsqu'on arrive pas à communiquer, on crie. A fréquenter
des personnes qui ne savent pas communiquer on n'apprend pas à
communiquer. Donc on crie.
Comme beaucoup d'animaux, pour survivre les humains
ont tendance à s'organiser en groupes. Si le niveau
culturel global du groupe est faible, il est nécessaire
qu'il soit mené par un chef fort, un chef qui sait imposer
sa volonté. La sélection naturelle a donc fait en sorte
que le fait de commander procure du plaisir. Elle a
également fait en sorte que le fait d'obéir soit un
réflexe automatique, qui procure du plaisir si les ordres
sont bien donnés. Certains
individus découvrent par hasard que le fait d'imposer
leur volonté à autrui est une pulsion qu'ils ont en eux
et qu'elle leur procure du plaisir. Mais ils expriment
cette pulsion dans des circonstances tout à fait inadaptées.
Ils donnent des ordres inutiles, inappropriés voire dangereux.
Donner l'ordre en criant et voir
leur victime se courber et obéir par réflexe leur procure
une jouissance. La victime ressentira le plaisir de son
tortionnaire, elle comprendra instinctivement que
commander est une source de jouissance. Plus tard, elle
peut devenir donneur d'ordres à son tour.
Beaucoup de personnes sont incapables d'exprimer
leur affection par des paroles tendres ou par des gestes
doux. Cela n'empêche qu'ils éprouvent concrètement des
sentiments pour d'autres personnes, qu'ils veulent
les protéger et les mettre en garde contre les dangers.
Ils disent alors ces mises en garde de façon brusque, sèche.
S'ils ont l'impression de ne pas être compris il les
répéteront... en parlant plus fort. Crier sur une
personne peut donc être une manifestation de l'affection
que l'on a pour elle. Une manifestation détraquée mais
une manifestation tout de même. Dans certaines familles,
crier, menacer, geindre, faire des coups fourrés
sont les seuls moyens qu'une personne a pour faire
sentir aux autres qu'ils comptent pour elle et pour tester
si à leur tour ils ont des sentiments pour elle. Cela
met les liens en évidence. A priori, une réponse à une
marque d'affection de cette sorte ne peut être qu'une
marque d'affection de la même sorte. Seule des personnes
qui ont un niveau spirituel élevé peuvent répondre par
une marque d'affection "positive" ; un compliment,
une attention, un baiser, un cadeau...
Certaines personnes ont des croyances bizarres. Par
exemples elles croient instinctivement que vous savez tout faire
parfaitement, que vous êtes télépathe et que vous comprenez
instantanément ce que l'on attend de vous. Donc, si vous faites
ou dites quelque chose de travers, c'est que vous le faites
exprès : vous avez intentionnellement mal fait les choses.
Vous méritez donc d'être puni, d'être vertement engueulé. C'est
une forme de paranoïa. Autre exemple : les personnes qui
vous veulent du bien et qui croient que c'est en vous hurlant
dessus quand vous faites une erreur que vous apprendrez plus
vite à vous corriger et à faire les choses comme il faut. En
général elles obtiennent plutôt l'effet contraire, voire elles
bloquent complètement leurs victimes. Seuls les grands pédagogues
peuvent utiliser l'engueulade et obtenir des résultats, dans
certaines circonstances. Au contact de ces
personnes vous apprendrez peut-être peu de choses, mais vous
allez adopter leurs croyances même sans vous en rendre compte. Elles
sont vos maîtres. Vous
deviendrez donc à votre tour un paranoïaque qui veut du bien aux
autres.
Si vous avez été engueulé, si quelqu'un vous a hurlé
dessus pour vous imposer quelque chose, vous avez donc
été victime de violence. Votre subconscient sera très
préoccupé par cela. Il ne sait pas quoi en penser. Alors
il vous amènera à reproduire le même comportement face à
d'autres personnes, dans l'intention de voir quelle est
la réaction de ces personnes. En quelque sorte,
il leur pose la
question "Que pensez-vous de ce comportement ?". L'idéal
est de rencontrer une personne qui peut exprimer, expliquer
de façon claire, compréhensible et satisfaisante ce qu'elle
en pense. Soit pour se défendre, soit parce qu'elle
comprend la situation. Mais des réponses plus
rudimentaires seront également mises à profit par votre
subconscient : il observera attentivement une personne
qui fuit devant vous, une qui se soumet, une qui vous
décoche un coup dans l'estomac... il en tirera des
conclusions.
Dans la vie, nous développons des emplâtres, des
attitudes construites de toutes pièces pour guérir de
frustrations ou de manques. Si par exemple nous n'avons pas
réussi à apprendre une nouvelle langue, nous nous
mettrons à penser qu'apprendre cette langue n'était pas
une nécessité, voire que c'était une chose inutile. Ainsi
nous nous sentons mieux. Il faut du temps pour construire
ces emplâtres, mettre au point ces attitudes. C'est une
véritable technologie. Comme nous sommes de nature
généreuse, nous allons avoir tendance à
partager ces choses avec nos proches. Si par exemple
vous décidez un jour d'apprendre une langue, vous
serez surpris d'entendre des personnes vous expliquer et
vous affirmer que cela ne sert à rien et que vous ne
pourrez de toute façon pas y arriver. Vous pourriez croire que ces
personnes sont mal intentionnées à votre égard ou
négatives. Il n'en est rien : elles ont simplement le
réflexe de vous donner quelque chose qu'elles ont mis
elles-mêmes beaucoup de temps à mettre au point. Elles veulent
vous aider, vous rendre service, en toute sincérité.
Si vous êtes effectivement capable d'apprendre cette
langue, il ne faut bien sûr pas les écouter. Mais
tenez compte du fait que ces personnes n'ont eu aucune mauvaise
intention à votre égard, que du contraire. Il en va
de même dans l'attitude d'engueuler quelqu'un. C'est
en réalité un geste que la personne fait d'abord vis-a-vis
d'elle-même. On n'engueule d'ailleurs en général que
les personnes qui font quelque chose que l'on se
reproche à soi-même. Elle vous donne quelque-chose
qu'elle a subconsciemment construit pour elle-même.
Votre subconscient est susceptible d'adopter cette chose,
cette attitude de l'engueulade,
s'il sent qu'il y a là une solution à ses préoccupations,
un moyen.
Pour comprendre ce qu'il y a dans un objet, une méthode
parmi d'autres est de taper dessus, le casser. Chez les
enfants, c'est un réflexe inné. C'est pour cette raison qu'ils cassent
leurs jouets. Cela leur permet de
comprendre ces jouets, de les assimiler en eux. Un enfant
n'aura vraiment reçu le cadeau que vous lui avez fait que
quand il l'aura cassé. Quand on est face à une personne en chair et en
os, taper dessus et la
casser ne sert pas à grand chose. A moins d'être un futur
chirurgien, peut-être. Pour comprendre ce qu'il y a dans
l'esprit d'une personne, c'est sur son esprit qu'il faut taper.
Cela se fait non par les gestes mais par la parole, en l'engueulant.
Engueuler une personne, c'est comme une araignée qui injecte ses
sucs digestifs dans le corps de sa proie. Ensuite, une
fois que les sucs auront digéré la viande à l'intérieur de
la proie, elle pourra se repaître du liquide qui
coule hors du cadavre. C'est fou ce que l'on peut retirer comme
informations d'une personne engueulée avec art. Mais,
forcément, elle va comprendre la méthode. Et l'appliquer
à son tour, quand une proie se présentera.
Un homme mature et sage ne se fâche que dans des circonstances
très graves. Sa colère fera comprendre aux personnes autour de lui
qu'il faut agir, cela leur causera une grande émotion. Un petit enfant
par contre se fâche pour tout et n'importe quoi, à la première
frustration venue. Un adulte qui se fâche tout rouge pour des choses de
faible importance est donc une personne immature, restée dans
l'égocentrisme de l'enfance. Une particularité que j'ai pu observer de
nombreuses fois est qu'une telle personne n'ose pas se fâcher quand
elle est en présence d'une personne mature et sage. Son cris reste
bloqué dans sa gorge. Elle est instinctivement dominée par cette
personne. Donc, si une personne immature s'est fâchée tout rouge contre
vous pour une broutille, c'est que vous êtes vous-même une personne
immature. Donc vous êtes susceptible vous aussi de vous fâcher tout
rouge pour des broutilles.
Le cerveau humain est une machinerie complexe. Certes il est fait
de pages blanches sur lesquelles ont peu écrire bien des choses. Il est
surtout et d'abord fait de structures fonctionnelles toutes faites, qui
nous ont été imposées à la naissance. Un exemple d'école est le réflexe
de téter le sein de la mère. Le nourrisson n'apprend pas à le faire :
ce réflexe est gravé et câble dans son cerveau, comme les pistes et les
composants d'un circuit électronique qui sort d'usine. Un certain
nombre de ces mécanismes précâblés ont la particularité qu'ils doivent
être mis en route un jour, par un phénomène extérieur. Un grand
classique est l'éveil à l'amour charnel, qui doit se faire par un
contact physique un jour. C'est le sens du doux baiser que le Prince
Charmant donne à la Princesse endormie. Pour un certain nombre de ces
réflexes, l'enclenchement se fait simplement en sentant instinctivement
ce réflexe fonctionner chez une autre personne. C'est le cas du réflexe
de la colère. Donc, si vous rencontrez un colérique qui vous fait subir
sa colère, cela peut déclencher le réflexe en vous. Si ce réflexe est
déclenché quand vous êtes déjà adulte et si vous n'avez pas appris à
gérer la colère, cela peut faire de vous un colérique particulièrement
nuisible. C'est pourquoi il ne faut pas de façon obtuse refouler la
colère chez les enfants. Il faut aussi leur donner la possibilité de
voir des personnes qui ont de bonnes raisons de se mettre en colère, il
faut les emmener dans la vraie vie. Ainsi le réflexe de la colère se
développe en eux de façon mesurée et harmonieuse.
En général la personne qui engueule est plus âgée que la personne
engueulée. Une première raison à cela est simplement le rapport
d'autorité : le vieux à l'ascendant sur le jeune. Mais il existe une
autre raison, plus subtile : les vieux sont sensibles à plus de choses
que les jeunes. Ils sont conscients de plus de choses, ils donnent de
l'importance à plus de choses. Quand un vieux essaye d'attirer
l'attention d'une jeune sur un problème, le jeune ne sent souvent pas
de quoi le vieux veut parler. Eventuellement il comprend très bien les
explications du vieux. Mais il ne les sent pas. Cela le laisse
indifférent. Cela ne le touche pas. Il a bien compris ce que le vieux
dit mais il ne se sent pas concerné : cela ne lui procure aucune
émotion pour ou contre. Le vieux peut essayer de susciter l'émotion
chez le jeune. Il peut lui raconter des anecdotes, mettre des situation
en voix et en image... Souvent le jeune continue à être indifférent.
Pour réussir à faire comprendre au jeune qu'il y a une émotion
importante en jeu, la seule solution peut finir par être de s'énerver,
de hausser le ton. Quand un vieux a fait un bon coup de gueule sur un
jeune, le cerveau du jeune subit une forte émotion et se met à se poser
des questions. Il a enfin associé le problème évoqué par le vieux et
une émotion. Il y aura encore du travail pour que son cerveau cerne la
bonne émotion, celle qui est réellement associée au problème. Ce jeune
deviendra vieux... et devra lui aussi engueuler des jeunes.
Attention : nous adoptons le comportement de la personne qui nous a
fait souffrir ou le comportement exactement contraire. Parfois
les deux à la fois. Mais tous les deux sont mauvais. Par exemple, une
personne qui a été
trop surveillée par ses parents va soit aussi trop surveiller ses
enfants, soit ne pas les surveiller du tout. On passe d'un extrême à
l'autre.
Parfois, ce que nous adoptons est non seulement le comportement de la
personne qui nous a fait souffrir mais aussi le comportement qu'il
nous a dit d'adopter. C'est la situation la plus extrême. Elle se
présente par exemple
quand des parents vous ont privé d'affection
tout en vous disant avec insistance ce que vous devrez faire
plus tard quand vous serez grand. Devenu adulte, vous
aller obéir en dépit du bon sens aux injonctions qu'ils vous avaient
donnés. Vous espérez inconsciemment
racheter une faute que vous n'avez pas
commise. Ainsi, croyez vous, l'affection qui vous a
été niée vous sera rendue. Il est impossible de
raisonner avec les personnes piégées dans ce
mécanisme : le manque d'affection de l'enfance
marque l'individu au plus profond de sa chair.
Ces personnes n'iront d'ailleurs pas vers une
personne qui pourrait leur donner de l'affection :
elles en ignorent le langage pour ne l'avoir
jamais appris. Une personne affectueuse leur
semblera même plutôt bizarre et inquiétante. Une
personne qui se comportera comme les parents
leur semblera au contraire le partenaire idéal
pour enfin recevoir de l'affection. Car c'est l'affection des parents
qu'elles désirent.
En obéissant aux injonctions des parents,
on se retrouve dans une situation où on est
encore davantage privé d'affection. La
douleur sera si forte que l'on deviendra
soi-même un monstre avec ses enfants.
Les cris et les engueulades sont des événements saisissants, qui ne
passent pas inaperçus. Mais tout est relatif : dans certaines cultures,
parler de vive voix est normal. Vous pouvez avoir l'impression que deux
espagnols sont sur le point de s'égorger puis les voir se quitter avec
de grands sourires et des gestes amicaux. Ils ne s'engueulaient pas du
tout. Réciproquement, des paroles qui semblent anodines peuvent
contenir une grande violence. Dans certaines familles ou dans certaines
entreprises, une bonne partie des choses que l'on se dit de façons
naturelles sont en réalité autant de coups destinés à rabaisser ou à
sonder l'autre. Dans les familles ou les entreprises plus harmonieuses,
les paroles sont plutôt destinées à confirmer les liens de solidarité
et d'entraide.