La pollution radio par les émetteurs FM
Une pétition en cours : www.petition-electrosmog.be
- Introduction
- Quelles sont les réactions ?
- Peut-on s'en passer ?
- Quel est exactement l'effet sur la
santé ?
- Les ondes FM sont plus dangereuses
que les ondes GSM ?
- Qu'en dit la médecine ?
- Comment vérifier ?
- Comment se protéger ?
- Et ailleurs ?
- Leuven
- Charleroi
- Bruxelles
- Comment est-ce possible ?
- Des schémas électroniques
- Glossaire
- Bibliographie
- Remerciements et liens
Introduction
Quand on dit "pollution radio", on pense en général aux GSM. "Il
pourrait y avoir un risque de cancer... Il parait que des personnes
sensibles sont malades à cause des ondes..." Ce dont je me suis
rendu compte, n'a rien à voir avec les GSM, le Wi-Fi ou les lampes
fluocompactes. Je trouve facilement des personnes normales qui sont
fortement touchées. C'est une catastrophe sanitaire à l'échelle de
la ville de Liège. Il s'agit des grandes antennes d'émission de
chaines de radio FM (Radio Contact, Nostalgie, Pure FM...)
Celles qui frappent le plus fortement le centre-ville sont situées
sur le toit de l'Hôpital de la Citadelle. En tout lieu d'où elles
sont visibles, elles imposent une force de champ de l'ordre de 2,5
V/m en pic. Ensuite vient l'antenne du Bol d'Air. Elle fait sans
doute des ravages au Sart-Tilman mais au centre-ville elle n'impose
que 0,5 V/m en pic.
J'ai commencé à me rendre compte du problème il y a deux ans.
Constat : dans les bibliothèques et salles de lecture de l'ULg, je
peux travailler à certains endroits mais jamais à d'autres. Je
m'installe à une table, j'allume mon portable... et... rien...
impossible de me concentrer pour travailler ! J'ai par exemple
parfaitement en tête l'idée du texte que je dois écrire, il ne me
manque aucune donnée et il suffit de formuler les phrases... mais je
n'y arrive pas ; rien ne vient. Le coupable était tout désigné : le
réseau Wi-Fi de l'ULg. Oui mais, il faut vérifier... Pendant
quelques mois j'ai tourné en rond avec des appareils de mesure
bricolés. J'ai fait des statistiques, après avoir donné une note de
0 à 10 à tous les endroits où j'avais essayé de travailler. Première
surprise : aucune corrélation avec le Wi-Fi ou les GSM. De toute
façon, leur puissance est en général insignifiante. J'ai fini par
accuser les éclairages au néon... mais cela ne correspondait pas
très bien. Ensuite j'ai constaté que le niveau de pollution radio
est encore plus puissant dans les rues que dans les salles, donc
qu'il vient peut-être de l'extérieur. Un beau jour, je me suis rendu
compte par hasard du fait que mon bricolage permet de détecter la
direction d'où provient le rayonnement. Je me suis tourné dans la
direction où l'appareil affichait une mesure maximum. J'ai levé le
nez et... j'ai vu la Citadelle et ses immenses antennes. J'ai
vérifié en me servant d'un immeuble administratif pour occulter la
Citadelle... Ensuite j'ai gravi la colline de la Citadelle pour
arriver au pied des antennes. Il n'y avait pas de doute, elles
émettent une puissance effrayante, qui noie toute la ville. J'ai
essayé de mesurer la fréquence en créant une figure d'interférence
avec un grillage trouvé sur un chantier... et j'ai encore réussi à
me tromper en calculant que c'est du 50 MHz alors que c'est du 100
MHz, la fréquence standard des émissions FM. J'ai refait des mesures
dans les salles et là plus de doute, la corrélation était presque
parfaite, j'avais trouvé mon coupable :
Ce faisant, j'ai facilement trouvé d'autres personnes qui étaient
atteintes. Certaines sont même venu me trouver, ayant entendu dire
que quelqu'un passait dans les couloirs avec un détecteur d'ondes
radio. Au début je ne savais pas trop quoi leur dire. Ensuite il est
devenu manifeste que tout le monde était victime de la même chose.
Certains cas sont exemplaires, comme une personne qui souffrait de
maux ce tête chaque fois qu'elle avait passé la journée au bureau
qu'on lui avait assigné. Elle n'avait jamais de problème à un autre
bureau, situé 20 mètres plus loin. Il y avait dix fois plus de force
d'ondes FM au premier qu'au deuxième... D'autres personnes ne
souffraient pas de maux de tête mais d'une fatigue anormale après
quelques heures : "mais enfin je ne comprends pas, dans ce bureau,
après quelques heures..." Au travers de la fenêtre, on voyait la
Citadelle et ses antennes. J'ai trouvé deux autres personnes qui ont
le même problème que moi : pas de souffrance mais simplement une
incapacité à réfléchir dans les locaux plus fortement exposés à la
Citadelle. Pour une de ces personnes, il y avait tout de même la
sensation d'une gène. Je lui ai décrit ce que je ressens quand j'ai
passé du temps dans un local fortement exposé : "assomé comme si
j'avais reçu un coup sur la tête mais sans la douleur." Cela lui
convient parfaitement pour exprimer ce qu'elle a vécu.
J'ai compris que je suis électrohypersensible. J'ai donc fabriqué
une tente blindée avec du papier alu (la photo ci-dessous montre la
première version, à base de couvertures de survie), placé des
ferrites sur tous mes câbles électriques, remplacé toutes mes lampes
fluocompactes par des halogènes de faible puissance... J'ai toujours
sur moi un appareil de mesure bricolé, pour vérifier avant de me
placer à un endroit inconnu. Cela a apporté un mieux énorme dans ma
vie.
Mais, aucune des autres personnes que j'ai rencontrées n'est
électrohypersensible. Ce sont des personnes normales, peut-être un
peu plus sensibles que la moyenne de la population. J'en ai trouvé
beaucoup, trop facilement. Cela veut dire qu'une bonne partie de la
population souffre de cette pollution radio, en général sans avoir
la moindre idée de l'origine des problèmes. On accuse son métier...
ou les personnes que l'on rencontre aux endroits où on devient
malade.
En discutant avec quelques étudiants, j'en ai trouvé deux qui ont
manifestement le même problème que moi : ils sont bloqués pour
réfléchir quand ils se trouvent dans les locaux les plus exposés. Il
faut une force dix fois plus grande que pour moi, pour les
déranger... Combien d'étudiants à Liège ont-ils raté des examens,
voire leurs études, ou simplement ont eu des performances médiocres,
parce que des salles de cours et des salles d'examen, ou leurs kots,
sont exposés à la Citadelle ou au Bol d'Air ?
Combien de personnes émargent au chômage ou au CPAS parce que ces
ondes radio les bloquent quand elles essayent de travailler ?
Quelles sont les conséquences du comportement d'un chef d'entreprise
qui souffre de ces ondes radio ?
J'observe des cas plus graves encore : des personnes qui souffrent
de problèmes psychiatriques, qui sont médicalisées et parfois même
internées. Toutes logent à des endroits très exposés à la Citadelle,
par exemple au dernier étage d'un immeuble. Mais je n'ai pas assez
de matière pour en faire une statistique. Je ne suis pas sûr. Je
peux juste affirmer qu'il faut absolument vérifier si ces personnes
sont bien victimes de cette pollution par les ondes FM.
Le plus inquiétant sont des publications scientifiques qui lient
l'augmentation de problèmes neurologiques graves chez les enfants à
l'augmentation de la pollution radio [17] [18]. En théorie, les ondes FM sont tout
particulièrement dangereuses à cet effet. Si une femme enceinte est
rendue malade par la pollution FM, il est presque automatique que
l'enfant qu'elle porte sera également touché. Et dans son cas ce ne
sera pas simplement un malaise. Les cellules de son cerveau en
développement vont arrêter leur croissance ou se développer de façon
erronée. Le dommage est irréversible.
Je n'avais pas encore conscience de toutes ces explications
médicales quand j'ai fait un bricolage pour m'assurer que je n'avais
pas la berlue. La calculatrice montrée sur la photo ci-dessous n'a
plus de pile électrique ni de capteur solaire. Je lui ai greffé une
antenne de 1 mètre de longueur et un peu d'électronique. Elle
fonctionne... grâce à l'énergie électrique qu'elle tire des ondes
radio envoyées par la Citadelle. Elle s'allume même dans des locaux.
J'ai pu la faire fonctionner jusqu'à hauteur de la Médiacité. Au
pied de la Citadelle, elle fonctionne même si son antenne est
repliée. J'ai envoyé une lettre à Monsieur le Bourgmestre pour
expliquer la situation, avec une photo de la calculatrice. C'était
en juin 2009.
La calculatrice était très efficace pour persuader mes amis qu'il y
a bien un problème mais elle avait le défaut d'être encombrante,
chère et un peu difficile à fabriquer. De fil en aiguille j'ai
inventé un autre gadget : le "serpent". C'est un simple câble
électrique, avec une lampe LED à son extrémité et un peu
d'électronique dans un bulbe au 3/4 de la longueur. On le tient par
le bulbe, on le laisse pendre vers le sol et on se place en
direction de la Citadelle. La lampe s'allume. En se plaçant
judicieusement, cela fonctionne jusque sur le Pont de Fragnée.
Au fil des mois, j'ai fabriqué de dizaines de serpents. Je les ai
envoyés au bourgmestre, au Roi, à des journaux, à des personnalités
politiques... avec un mode d'emploi [16]. J'en ai donné à des
liégeois, j'ai fait des démonstrations en rue...
Voici un modèle suffisamment plat et léger pour être envoyé dans une
lettre normalisée, donc pour seulement 1 timbre. Les bandes jaunes
sont des verso de Post-It, qui tiennent le serpent en place dans la
lettre et l'empêchent de constituer plus de 5 millimètres
d'épaisseur.
J'ai envoyé un tombereau de lettres, à des personnes, des
organisations, des institutions... accompagnées ou non de serpent.
Comme il n'y avait pas de réaction, j'ai essayé de nombreuses
variantes de lettres. J'ai essayé de faire circuler un pamphlet
humoristique [24], de lancer des pétitions...
Quelles sont les
réactions ?
J'ai reçu beaucoup d'aide :
- Un ami qui fabrique et installe des émetteurs FM m'a donné un
tombereau de renseignements. Cette situation le rend malade. Par
déontologie, il refuse de vendre du matériel d'émission quand il
sait qu'il sera installé à proximité d'habitations.
- Une amie médecin m'a aidé à dégrossir les données médicales et
légales.
- Un ami qui a été statisticien m'a conseillé pour les calculs.
- Un ami qui travaille dans un magasin d'électronique m'a aidé à
trouver les bonnes pièces pour mes bricolages.
- Des commerçants du centre m'ont encouragé à faire une
pétition.
- Un ami m'a emmené en voiture à l'antenne du Bol d'Air.
- Un ami a fait la correction du livre que j'ai essayé de faire
circuler.
- Un ami historien m'a aidé à dégrossir l'histoire de Liège.
- Le site TESLABEL a publié un article [1].
- Le cabinet du Roi a transmis les lettres aux personnes ou
administrations qui semblaient les plus indiquées.
- Certaines personnalités politiques ont réagi. Quelques
personnes suivent ainsi le dossier et leur bonne volonté est
évidente. Elles ont transmis les lettres aux bons endroits ou
ont fait des demandes à des administrations.
- Des personnes affectées ont envoyé leur témoignage.
- Beaucoup de personnes m'ont écouté et encouragé, sans parler
des amis qui m'aident depuis toujours.
En général les liégeois se montrent très pessimistes sur l'issue de
ce dossier. Quelle que soit la gravité de la situation, pour eux par
principe les autorités ne feront rien.
Les réactions des autorités et des organismes sont diverses. Le plus
souvent, il n'y a pas de réponse. J'ai par exemple écrit à beaucoup
d'institutions (mutuelles, syndicats, écoles...) pour leur expliquer
la situation mais surtout leur expliquer qu'elles peuvent faire
quelque chose en vérifiant mes statistiques ; en faisant par
elles-mêmes des observations analogues au miennes et en transmettant
les résultats aux autorités. Le problème étant flagrant, cela ne
demande pas beaucoup de travail et l'enjeu est énorme. Aucune
réaction...
Dans un premier temps, les réponses des autorités ont toujours suivi
le même schéma. Je leur écrivais : "les émissions de la Citadelle
respectent les normes mais des personnes sont malades, il est
manifeste qu'il s'agit d'un problème de santé publique majeur". Et
elles me répondaient : "il ne faut pas vous inquiéter, on a fait les
mesures, les émissions respectent les normes. Mais si vous voulez
vous pouvez demander une évaluation gratuite du rayonnement dans
votre logement." C'est très énervant. La dernière réponse en date
est donnée dans la bibliographie [2].
Ces réponses ont malgré tout eu l'intérêt de me donner des
informations techniques et de rectifier certaines choses. Par
exemple je me demandais si les antennes étaient déréglées et
envoyaient toute leur puissance sur la ville par erreur. Les deux
figures d'interférence ci-dessous illustrent la chose. L'antenne est
au centre de l'image. Dans celle de gauche, la partie la plus
puissante du faisceau est soigneusement dirigée vers l'horizon ;
elle est horizontale. L'image de droite suppose une petite erreur
dans le câblage de l'antenne. Le faisceau est détraqué et frappe le
sol...
Mais en fait non, la puissance est bien dirigée vers l'horizon,
comme voulu par le constructeur. Le problème est que c'est
approximatif et l'antenne "bave" inutilement une partie de sa
puissance vers le ciel... et vers la ville. Peut-être 10% de la
puissance émise tombe ainsi sur la ville, de façon totalement
inutile. Sur les images ci-dessus, ce qui bombarde la ville est
montré par les bandes rouges plus sombres, sous la bande principale.
L'image ci-dessous le montre d'une autre façon. C'est un diagramme
de rayonnement, calculé avec le logiciel NEC2 de l'armée américaine
[19]. J'ai essayé de modéliser au mieux les
antennes de la Citadelle. Le lobe principal est horizontal ; dirigé
vers l'horizon. Ce qui frappe Liège sont les petits lobes qui
"pendent" en dessous :
J'ai fait quelques mesures, reportées en noir sur la carte ci
dessous. La Citadelle est le #
blanc, en haut au milieu. En rouge, la force de rayonnement
multipliée par la distance. Le résultat montre, très
approximativement, qu'il semble bien se dessiner des cercles
d'exposition plus forte ou moins forte autour de la Citadelle. (En
bleu, la force divisée par la distance. Cela ne sert absolument à
rien mais il était tard le soir...)
Un autre renseignement important : c'est le parlement wallon qui
fixe à présent les normes en matière d'environnement. Étant donné la
gravité de la situation, je prétends que toute instance de pouvoir
est habilitée à intervenir... mais il appartient au parlement wallon
de fondre cela dans la loi.
Le parlement fédéral et le sénat ont transmis le dossier à des
commissions... puis le sénat a transmis au parlement de la Région
Wallonne [32].
La position actuelle de la Ville de Liège est qu'elle ne peut rien
faire pour faire cesser ou diminuer la pollution, parce que, comme
les normes sont respectées, une injonction de la Ville serait
immédiatement cassée devant une instance supérieure ou en justice.
Cela me semble inacceptable. La Ville pouvait faire quelque chose de
très important : vérifier mes observations. Avec des preuves, ou de
simples indices clairs, elle pouvait s'adresser au parlement wallon
et en particulier aux exploitants des antennes.
J'ai envoyé un e-mail à Bart de Wever pour expliquer la situation.
Il se fait que sa ville d'Anvers est elle aussi irradiée par un
puissant émetteur... J'avais déjà écrit une lettre à l'hôtel de
ville, sans réponse. Le cabinet de Bart de Wever m'a envoyé un
accusé de réception et a transmis le dossier à leur antenne
d'Anvers. Et depuis plus de nouvelles... La N-VA ne semble pas faire
mieux que d'autres...
J'ai écrit à plusieurs sites qui luttent contre la pollution
électromagnétique. À mon sens, la pollution de la Citadelle est plus
grave que celle des antennes-relais GSM. Les dommages sont plus
importants et plus faciles à prouver. J'espérais que cela pourrait
servir de fer de lance pour l'ensemble de la problématique.
Malheureusement, dans la majorité des cas je n'ai pas reçu de
réponse ou une réponse qui implique que je n'ai pas compris que le
problème est les antennes-relais GSM.
Les réactions à l'université de Liège sont diverses. J'ai
d'excellents contacts avec quelques personnes, qui m'ont bien aidé.
Mais elles sont dans la même situation que moi : isolées, sans
possibilité d'organiser quelque chose. Elles m'ont prévenu que je
n'obtiendrai rien des autorités académiques et c'est bien ce qui
c'est passé. Je me suis adressé aux personnes qui s'occupent
spécifiquement de la problématique de l'électrohypersensibilité. Je
dirais qu'elles n'ont pas compris l'enjeu ou qu'elles ne veulent pas
le comprendre. J'ai eu quelques réactions passionnées de personnes
tout en bas de la hiérarchie académique, dans le sens "en avez-vous
parlé à ... ?!" Elles vivent encore dans le mythe de l'autorité
scientifique au service de la population.
Aucun courrier à un journal ou par exemple à la RTBF, n'a jamais eu
de suite. Même pas un accusé de réception. On m'explique qu'en
Belgique tous les média sont subventionnés. Leurs rédactions savent
à la perfection quelles sont les anfractuosités par lesquelles il ne
faut pas passer l'avant-bras. Leur rôle est de créer un joli
paysage. Cela implique de rapporter à l'occasion des faits graves,
comme des procès pour corruption, des cas d'empoisonnement... mais
c'est calibré et doit rester dans l'idée générale que la Belgique
est un pays civilisé où essentiellement on peut faire confiance et
où il convient de payer ses impôts puisqu'ils sont utilisés à bon
escient.
Assez systématiquement, on me demande si j'en ai parlé à Écolo. Bien
entendu... mais je n'ai souvent simplement pas reçu de réponse. Une
réponse a consisté à me dire que je n'ai pas de souci à me faire vu
que les normes sont respectées. Les quelques autres réponses
consistaient à m'instruire du fait que le dogme dit que le problème
sont les antennes-relais GSM. Je n'ai rien obtenu non plus de
sympathisants d'écolo. Ce sont des personnes qui parlent beaucoup,
qui font beaucoup de reproches, mais qui ne font rien, jamais.
Le parti dont les représentants on fait le plus est le MR. Des
sympathisants du MR sont également parmi les personnes qui m'ont le
plus aidé. On dirait que simplement ils ont le sens des
responsabilités.
Au cdH, le comportement est plutôt à la compassion. On me prête une
oreille attentive...
Les réactions les plus revêches viennent de la sphère du PS.
J'ai envoyé certains courriers par recommandé, parce que je savais
que je n'aurais même pas d'accusé de réception.
Mais tous les espoirs sont permis :
Peut-on s'en
passer ?
On entend souvent dire que "si on veut profiter des avantages de la
technologie des ondes radio, il faut bien en accepter les
inconvénients..." C'est presque complètement faux.
Un jour, j'expliquais le problème de la Citadelle à un ami qui
travaillait sur un chantier. Sa radio diffusait à tue-tête justement
une des chaînes émises par la Citadelle. Il me répond, un peu
inquiet : "oui mais, si on coupe les émissions, je ne pourrais plus
écouter la radio ?" Je lui ai proposé de dévisser l'antenne de sa
radio. Il l'a fait et cela n'a absolument rien changé au son
diffusé. Je lui ai expliqué que si les antennes de la Citadelle
étaient améliorées ou déplacées vers un endroit inhabité, il serait
simplement obligé de laisser l'antenne en place. En d'autres termes
: la force d'ondes radio FM que la Citadelle envoie sur Liège est
1.000 fois supérieure à ce qui est utile pour obtenir une réception
parfaite. Cela ne sert absolument à rien...
Le but des antennes de la Citadelle est d'émettre loin autour de
Liège, dans la région environnante. Pour cela on a placé les
antennes le plus haut possible, on leur a donné une puissance totale
de 10 kW et on leur a, plus ou moins, donné la formé adéquate
pour qu'elles concentrent leur puissance en direction de l'horizon.
Mais pas assez... Une partie importante de la puissance se disperse
inutilement vers le sol ; vers les immeubles de Liège. Si on a placé
les antennes là et si on s'est contenté de leur taux élevé de
dispersion, c'est pour faire des économies. On a vérifié que les
normes étaient respectées dans les habitations à proximité de la
Citadelle et puis basta. C'est légal donc ça passe. Il aurait été
facile de faire en sorte que la ville ne reçoive aucune puissance
mais cela aurait couté plus cher...
C'est caricatural dans le cas des antennes-relais GSM. Il est
parfaitement possible d'équiper un quartier de ville avec une
antenne-relais tout en faisant en sorte que la force de rayonnement
partout dans le quartier soit minimale. Pour cela, vous placez
l'antenne sur un point élevé, un peu en dehors du quartier, et avec
une parabole vous faites en sorte que l'antenne "illumine" juste la
zone du quartier. Oui mais... cela coûte un peu plus cher à
installer et le public hurle quand il voit une antenne-relais sur un
toit. Les opérateurs ont réfléchi. À présent ils installent les
antennes au milieu des rues. Pour que le rayonnement puisse
traverser un ou deux immeubles et soit capable de desservir la zone,
il faut lui donner une force beaucoup plus grande que s'il
illuminait le quartier depuis une position en altitude. La photo ci
dessous montre les deux antennes, de Mobistar et de Proximus, qui se
trouvent sous l'enseigne de la Fnac. De simples bâtonnets blancs sur
de discrètes ferrures noires. Visible mais invisible... La force de
rayonnement dans la rue est cataclysmique. Ce n'est pas fiable mais
à certains endroits sous l'antenne, mon appareil de mesure montait à
80 V/m en pic. On est certainement proche du maximum de 3 V/m RMS
dans tous les locaux en façade de la Rue Joffre. De la sorte,
beaucoup de rue et d'immeubles sont irradiés à la puissance maximum
autorisée. Et on continue à installer de nouvelles antennes. C'est
démentiel, il y a parfaitement moyen de faire autrement, mais c'est
légal...
J'ai écrit au parlement wallon pour dénoncer cette situation [3].
Une note : installer les antennes-relais au milieu des rues peut
être une solution responsable, c'est même une des approches à
l'étude pour réduire considérablement la pollution... à la condition
de placer un très grand nombre de mini-antennes relais. Il faut que
tous les 30 mètres il y ait un petit relais, qui ne dessert qu'une
petite zone autour de lui. Alors la puissance que chaque relais
émet, et la puissance émise par chaque GSM, deviennent infimes. Un
millionième ou un milliardième de la situation actuelle.
Pour connaître la position des antennes-relais GSM, consultez la
carte en ligne de l'IBPT [4]
(L'étude des antennes-relais GSM est encore l'occasion d'une belle
bourde de ma part. Pendant longtemps je suis resté dans l'optique
que les antennes-relais sont un moindre problème, parce que j'avais
étudié uniquement des antennes de l'ancien modèle ; celles perchées
en altitude sur les toits. Quand je me suis rendu compte de la
présence d'un rayonnement très puissant à hauteur d'homme, je l'ai
attribué aux transformateurs qui alimentent les enseignes au néon de
certains magasins. Il est clair qu'il y a également un problème avec
ces enseignes et qu'il doit être traité, mais les endroits où la
pollution était prohibitive étaient en réalité tous irradiés par une
antenne-relais GSM camouflée en façade d'un immeuble...)
Il en va de même pour les lampes fluocompactes, pour beaucoup
d'alimentations électroniques... Il suffit de leur ajouter un ou
deux composants électroniques pour réduire fortement leur pollution
radio. Les équiper d'un peu plus de blindage... Le coût de la chose
est dérisoire. Il suffit de l'imposer dans les normes. On peut même
continuer à utiliser les fluocompactes actuelles, à condition de les
enfermer dans des lustres métalliques et de placer une ferrite sur
le câble. Ce ne serait pas du luxe. J'ai un jour passé une
demie-heure en tenant une fluocompacte très polluante à 30 cm de ma
tête. J'ai eu des nausées pendant pendant près de deux heures et une
horrible impression comme si on avait brûlé mon cerveau au
chalumeau. Et on laisse des enfants étudier avec cela comme lampe de
bureau... Voici par exemple un de mes bricolages pour m'assurer du
fait qu'il est facile de réduire très fortement la pollution (ne
faites pas cela chez vous) :
La forme du tube fluorescent a beaucoup d'importance. Certaines
lampes fluorescentes sont un grand cercle, de 2 à 3 décimètres de
diamètre. Elles émettent une quantité massive de pollution radio,
parce qu'un tel cercle est une forme optimale pour émettre des ondes
radio. Les lampes fluocompactes qui présentent 2 U inversés (comme sur la
photo ci dessus), polluent moins parce que le courant circule en
sens contraire dans chaque U,
ce qui annule partiellement l'émission d'ondes radio. Les lampes qui
présentent 3 U
polluent sensiblement plus, parce qu'un des U est en excès. Les lampes
qui ont un tube compact en forme de tire-bouchon sont celles qui
semblent polluer le moins, parce que le tire-bouchon est constitué
de deux spires imbriquées et opposées. (Dans le cas des lampes en
forme de grand cercle, une solution simple aurait été de placer un
mince cercle de fil électrique au dessus du tube, qui engendre par
induction un courant qui annule l'émission radio du tube. Pourquoi
ne le fait-on pas ?)
La fréquence à laquelle opère l'électronique de la lampe
fluocompacte a beaucoup d'importance, parce que plus la fréquence
est élevée, plus l'antenne que forme le tube émettra de puissance
radio. Dans les tubes des lampes fluocompactes actuelles,
l'électronique injecte un courant alternatif à une fréquence de
plusieurs centaines de kilohertz. Mais il est totalement inutile de
fonctionner à des fréquences aussi élevées... Pour le tube comme
pour les utilisateurs, des fréquences de quelques centaines de Hertz
seraient largement suffisantes et n'engendreraient virtuellement pas
de pollution radio. On utilise des fréquences aussi élevées parce
que cela permet d'utiliser des composants électroniques plus petits,
donc un peu moins chers...
Voici une photo de câbles informatiques qui portent des ferrites ;
les cylindres peu avant les extrémités les câbles. Cela bloque les
ondes radio qui pourraient de propager par ces câbles. Dans les
magasins d'électronique, on peut acheter des cylindres de ferrite
sous forme de deux coques à clipser sur un câble. Cela coûte de
l'ordre de 1 € pièce. Quand c'est possible, l'idéal est de faire en
sorte que le câble passe quelque fois en boucle dans la ferrite.
J'ai trouvé chez HEMA une lampe fluocompacte dite "flamme" qui ne
pollue presque pas en ondes radio. Il se pourrait qu'elle soit
dérivée de la nouvelle gamme Philips de lampes fluocompactes "soft
tone"... Par contre elle produisait une couleur de lumière
désagréable et son spectre est constitué de simples bandes de
couleurs, ce qui dérange le cerveau dans sa perception des couleurs
des objets.
TOSHIBA commercialise une gamme de lampes à LED qui semble ne pas
polluer du tout.
Les lampes économiques posent encore d'autres problèmes de
pollution. La pollution chimique bien sûr, et plus subtilement les
effets néfastes de leur lumière, par exemple quand elles induisent
le système nerveux en erreur [31]. Ces problèmes
sont encore et toujours une question de coût. Il faut fabriquer les
lampes un peu plus grandes pour que leurs plastiques chauffent
moins, etc...
Dans le cas des lignes à haute tension, la solution standard
consiste à leur faire véhiculer du courant continu au lieu de
courant alternatif. Cela demande un investissement mais il est au
moins partiellement rentabilisé par le fait que les lignes ont moins
de pertes ou peuvent accepter un courant un peu plus élevé.
Sans modifier les principes de fonctionnement des technologies
actuelles, il est facile de réduire de façon énorme leur pollution.
Mais ces technologies sont en elles-mêmes dépassées. Leur utilité
réelle tend plutôt à permettre à des grands comptes de garder un
contrôle absolu sur les communications et de prélever une sorte
d'impôt sur la population. Les technologies plus humaines et
écologiques leur feraient perdre leur monopole.
Une note : un poste de radio ne pollue pas. Vous ne serez pas exposé
à d'avantage d'ondes radio si vous allumez votre simple poste de
radio pour écouter une chaîne de radio FM. Le poste capte les ondes
qui passent à proximité de son antenne mais il n'en émet pas. En
fait, si vous placez des centaines de postes de radio chez vous,
toutes antennes déployées, vous devriez être d'avantage à l'abri des
ondes...
Quel est
exactement l'effet sur la santé ?
Voici une table approximative de ce que me font la Citadelle ou le
Bol d'Air, à divers niveaux de force de rayonnement. Elle est en
accord avec les effets avérés ou supposés tels qu'ils sont publiés :
|
10
|
|
mV/m |
|
Meilleures capacités de
travail
|
|
40
|
|
mV/m |
|
Travail possible mais avec
des erreurs
|
|
100
|
|
mV/m |
|
Bon moral et bonne santé
mais travail impossible / pas de concentration
|
|
500
|
|
mV/m |
|
Sensation d'avoir la tête
dans un étau, léger mal-être
|
1
|
|
|
V/m |
|
Après exposition prolongée,
difficultés à parler / trouver les mots
|
10
|
|
|
V/m |
|
Après exposition prolongée,
sérieusement malade / alité
|
La règle générale est qu'il faut multiplier la force de rayonnement
par 10 pour entrer dans une nouvelle classe de symptômes.
Il faut également faire des sauts d'un facteur 10 pour comparer des
personnes entre elles. Prenons comme référence ces personnes dont
j'ai constaté qu'elles avaient des problèmes quand elles travaillent
dans un bureau ou une salle de cours exposés. J'ai en gros les mêmes
symptômes qu'elles mais au dixième de la force. D'autres personnes
semblent insensibles à ces ondes... mais je crois qu'en réalité il
leur faut une force de rayonnement encore dix fois plus élevée pour
développer les mêmes symptômes. Les personnes caricaturalement
electrohypersensibles, comme on les montre parfois à la télévision,
sont peut-être encore dix fois plus sensibles que moi. Entre les
personnes peu sensibles et ces personnes hypersensibles, l'écart
serait de l'ordre de 1.000.
Les symptômes sont également différents suivant les personnes.
Certains ont des maux de tête, d'autres une fatigue anormale.
Quelques personnes, comme moi, ne perçoivent rien de douloureux ou
de désagréable mais se trouvent dans l'incapacité de réfléchir ; de
se concentrer pour faire un travail. Sous 300 mV/m, je peux devenir
complètement "chèvre". Je tourne en rond dans des tâches
répétitives. Je me sens bien mais complètement idiot. Je peux finir
par ne plus pouvoir parler correctement. Je dois chercher mes mots,
ça bloque... S'il se confirme que certaines personnes deviennent
atteintes de problèmes psychiatriques quand elles logent dans des
endroit très exposés, ce serait dû à un effet de cette nature.
La diversité des symptômes et des niveaux de sensibilité rend
virtuellement impossible de se rendre compte du fait qu'il y a un
problème grave à l'échelle de la ville. Par exemple il m'a fallu
près de deux ans pour simplement réaliser que c'est toujours aux
mêmes endroits que je pouvais travailler ou non ! Je partais du
principe qu'il y a des jours sans et qu'on ne peut rien y faire.
Beaucoup de personnes ont de sérieux problèmes de santé à cause de
cette pollution mais elles n'ont pas la moindre chance d'en réaliser
quelle est l'origine, si un travail d'information n'est pas fait. Il
me parait également clair qu'une bonne partie de la population doit
avoir une vie "juste un peu diminuée". Il n'y a pas de problème
clairement perceptible mais... on est un peu plus fatigué, un peu
plus irritable... À l'échelle de toute une ville, cela représente
une perte sociale et économique énorme.
J'ai remarqué qu'il y a une ressemblance avec les effets de
l'empoisonnement par radiations (qui peut arriver par exemple lors
d'un accident dans une centrale nucléaire). J'ai envoyé une lettre
ouverte à Monsieur le Bourgmestre pour le lui expliquer [5]
Quand une personne meurt quelques jours après avoir été irradiée,
elle se décompose presque sur place. Mais, si les cellules de son
corps se dissolvent, ce n'est pas parce que les radiations les ont
détruites à ce point. Le dommage physique causé par les radiations
est infime. Les cellules se dissolvent parce qu'elles
s'autodétruisent ! Elles font cela, parce que les dégâts causés par
les radiations déclenchent les réactions de stress des cellules :
elles s'isolent, consacrent leurs ressources à protéger leurs
parties vitales, s'empoisonnent dans leurs déchets qu'elles
n'éliminent plus... En cas d'état de stress extrême, elles
déclenchent leur autodestruction (apoptose), dans le but de protéger
le reste de l'organisme. Le fait que les cellules déclenchent
elles-mêmes leur état de stress, peut expliquer pourquoi les niveaux
de sensibilité aux ondes radio sont si différents d'une personne à
l'autre. Les cellules d'une personne réagissent plus fort que celles
d'une autre personne. Le niveau de sensibilité peut donc augmenter
avec le temps... et il peut diminuer. C'est ce qu'on essaye
d'obtenir dans certains traitements médicaux contre
l'électrohypersensibilité. On donne des antioxydants à la personne
pour améliorer le confort de ses cellules, on essaye d'éliminer des
métaux toxiques qui pourraient freiner les mécanismes de régulation
de la cellule... Et aussi : on expose la personne à des ondes radio
calibrées, dans le but de faire une sorte de rééducation de ses
réflexes psychologiques et peut-être physiologiques.
La radioactivité et les ondes radio peuvent déclencher l'état de
stress des cellules, mais, les effets de la radioactivité et des
ondes radio qui mènent à cela, sont différents. La radioactivité
fait "éclater" des éléments des parois cellulaires. C'est le fait
que ces molécules détachées des parois flottent dans la cellule, qui
déclenche l'état de stress. Les ondes radio, aux niveaux de
puissance usuels, ne peuvent pas faire de tels dégâts. Par contre
elles peuvent mettre des ions en mouvement et perturber le
fonctionnement de macromolécules comme les portes cellulaires. Cela
fragilise la cellule. Les perturbations sont interprétées comme une
agression et la cellule peut déclencher l'état de stress ; se fermer
au monde extérieur par précaution.
Un ami m'a rapporté que l'on a mesuré 25 µSv/h à Fukushima [6] et m'a demandé quelle serait la dose que
recevraient d'après moi les employés de bureaux que j'ai constatés
être malades à cause des ondes FM. La réponse est de l'ordre de
100.000 µSv/h mais cela doit être nuancé. Pour que de la
radioactivité déclenche les mêmes symptômes (maux de tête, fatigue
anormale, difficulté de concentration) il faut une dose
d'irradiation de l'ordre de 1 Sv. Si l'on pose que ces personnes
sont fortement malades après 8 heures de bureau (souvent moins...),
elles reçoivent donc l'équivalent d'un dixième de Sievert par heure,
soit 100.000 µSv/h... J'ai par ailleurs estimé [7]
que ces personnes reçoivent une quantité d'énergie radio de 1.000
µJ/kg/h, ce qui en unités d'exposition à la radioactivité donnerait
1.000 µGy/h. Le facteur de correction pour estimer l'impact
physiologique des ondes radio FM serait donc de 100. En d'autres
termes : 1 J d'ondes radio FM aurait les mêmes effets que 100 J de
rayonnement ionisants d'électrons ou de photons de haute fréquence.
Mais cette comparaison porte
uniquement sur ces symptômes de malaise. Elle ne convient pas pour
l'effet mortel de la radioactivité, ni pour l'effet cancérigène. De
plus, ce facteur 100 correspond aux personnes observées. Elles sont
presque toutes de petite taille (donc plus susceptible d'être en
résonance avec les ondes radio FM) et probablement plus sensibles
que la moyenne de la population. Dans mon cas, qui suis
électrosensible au sens médical, comme j'ai des problèmes à une
force de rayonnement 10 fois plus faible que ces personnes, le
facteur de correction serait de 10.000... Pour une personne peu
sensible, le facteur de correction pourrait être de l'ordre de 1
voire 0,01. Et si on expose à des ondes GSM ou Wi-Fi au lieu d'ondes
FM, ces facteurs doivent peut-être être divisés par 10.000.
Essayons de comparer l'effet mortel de la radioactivité et des ondes
radio. Si une personne est exposée à 10 Sv sur un laps de temps
court comme une heure, le décès est probable, par autodestruction
des cellules du corps à cause de leur mise en état de stress
extrême. Pour que des ondes radio tuent de façon rapide, il faut que
leur puissance soit telle qu'elles fassent chauffer le corps à plus
de 40 °C [8] [9]. Il faudrait
être exposé pendant une heure à 4 W/kg d'ondes radio FM pour que le
corps atteigne une température dangereuse de 40 °C [7]. Supposons que 10 W/kg
seraient mortels ; cela ferait 36.000 J/kg, soit en unité de
radioactivité 36.000 Gy. Un chiffre considérablement plus élevé que
10 Sv ! Même en supposant que l'énergie radio est délivrée de façon
instantanée, ce qui ne demanderait que la moitié de l'énergie pour
obtenir un risque mortel, il n'y a pas de comparaison.
Pour l'effet cancérigène, la comparaison est beaucoup plus
difficile. Des statistiques peuvent être faites à Liège, en se
servant des dossiers médicaux existants et en mesurant ou estimant
l'immission radio aux endroits où les personnes ont séjourné. En
l'absence de telles statistique, la moins mauvaise source de
comparaison est peut-être la condamnation du Vatican pour l'effet
cancérigène de ses émetteurs [10] [11]. Je me souviens avoir lu que la force de
champ que ces émetteurs imposaient sur des habitations était de
l'ordre de 7 V/m RMS. Cela triplerait le risque de leucémie chez les
enfants... La Citadelle impose sur le centre-ville de Liège
seulement 0,5 V/m RMS. Les personnes que j'ai constatées être
malades ne sont exposées qu'à de l'ordre de 0,06 V/m RMS. Une force
de champ de 0,5 V/m est en gros 10 fois inférieure à 7 V/m. Cela
veut dire que la puissance est de l'ordre de 100 fois inférieure.
Donc le risque de cancer au centre-ville de Liège doit être pris en
compte mais il est en principe très inférieur à un facteur 3. Le
nombre de cancers qui sont peut-être causés par la Citadelle doit
être marginal en comparaison du nombre total de cancers. Tout au
moins si on peut comparer ces deux sources différentes d'ondes
radio. Radio Vatican émet des longues et courtes longueurs d'onde,
qui, comme les ondes GSM et Wi-Fi, sont en principe sensiblement
moins dangereuses que les ondes FM... sans pour autant être
inoffensives [22]. Pour essayer de faire une
comparaison chiffrée, si j'interprète correctement les données
trouvées en ligne [12] [13],
il faut entre 3,5 Sv et 50 Sv de radioactivité pour doubler le
risque de cancer. 3,5 Sv serait pour une exposition aigüe comme les
explosions nucléaires et 50 Sv serait pour une exposition plus
étalée dans le temps. Un adolescent soumis aux 7 V/m de Radio
Vatican développe peut-être 0,1 Gy/h d'énergie radio dans son corps.
Supposons qu'il subit cela 8 heures par jour pendant 10 ans, cela
donne 3.000 J/kg, ce qui ferait 3.000 Gy en unité de radioactivité.
Ces chiffres et ces calculs sont très arbitraires mais ils indiquent
qu'à énergie égale les ondes radio sont beaucoup moins cancérigènes
que la radioactivité. En ce qui concerne les ondes GSM, des études
aboutissaient à la conclusion d'une augmentation significative du
risque de cancer dans la tête pour les usagers intensifs. J'ai
calculé l'énergie reçue par leur tête sur 10 ans et j'arrive à
quelque chose comme un équivalent de 2.000.000 Gy. Ce n'est qu'un
calcul indicatif, ce chiffre ne doit pas être pris à le lettre, mais
il indique une fois de plus que le danger, à énergie égale, est
considérablement moindre pour les ondes radio que pour la
radioactivité. (Plus tard, des études qui semblent avoir été faites
par des gens sérieux, sont arrivées à la conclusion qu'il n'y a pas
de danger de cancer significatif pour les utilisateurs adultes, même
après 20 ans d'usage [28]
[29].)
Les effets des ondes radio généralement débattus concernent le
système nerveux. Mais qu'en est-il des glandes endocrines, qui ont
un impact majeur sur le fonctionnement de l'organisme, ou d'organes
comme le foie, qui sont le siège de réactions chimiques complexes et
vitales ? Que ce passe-t-il quand les cellules de ces organes se
mettent en état de stress ?
Tout le monde a été sidéré de constater qu'un accident nucléaire
majeur peut arriver dans un pays de haut niveau technologique comme
le Japon. Plusieurs éléments ont concouru à cela : des contrôles de
sécurité mal effectués, l'absence de centre de gestion de crise le
jour de l'accident, des pompes qui ne peuvent fonctionner que si la
cuve est sous pression, le fait qu'à la fois les lignes de transport
de courant et les groupes électrogènes de secours avaient été mis
hors service par le tsunami... Mais surtout, l'ami susmentionné m'a
amené à comprendre qu'il y a un défaut fondamental dans toutes les
centrales nucléaires : elles n'ont pas de mode d'arrêt passif.
Certes, elles sont bardées de systèmes de sécurité... Par exemple en
Belgique, les barres de contrôle sont suspendues par des crochets en
plombs. Si la température monte trop haut, les crochets fondent et
les barres descendent inévitablement dans le cœur pour freiner son
activité. Mais, les barres de combustible d'un cœur mis complètement
à l'arrêt, continuent à produire beaucoup de chaleur pendant des
mois. Cette chaleur doit impérativement être évacuée, donc par un
fluide envoyé par des pompes. Sinon, le cœur finit inéluctablement
par fondre. C'est ce qui est arrivé à Fukushima. Pourtant, il existe
des designs de centrales qui n'ont pas besoin d'un refroidissement
forcé... qui ne peuvent pas fondre ou exploser si soudain tout
lâche. Les centrales qui ont été construites sont dérivées de
modèles mis au point pour usage militaire, par exemple pour les
sous-marins. Ce sont les premiers modèles mis au point. Pourquoi
a-t-on utilisé cela pour un usage civil, alors qu'un élément
fondamental de sécurité était enfreint, avec des conséquences
potentielles aussi énormes ? Peut-être pour la même raison que le
système GSM... Lui aussi avait été mis au point pour usage
militaire. Les militaires américains auraient d'ailleurs
correctement estimé qu'il est trop dangereux pour les utilisateurs
et l'avaient refusé... Une fois que vous avez ce système en main, il
faut le rentabiliser. Il faut le fourguer partout où c'est possible.
Idéalement, il faut réussir à en faire le standard de facto. Des
sommes colossales sont en jeu. Pour que ces sommes vous reviennent,
l'important n'est pas qu'on installe des centrales nucléaires ou une
infrastructure de téléphonie cellulaire. L'important, est que l'on
installe le système dont *vous* avez les brevets. Il faut imposer
*votre* système, même s'il est gravement imparfait. Comment fait-on
cela ? Marketing, propagande, séduction, gros cadeaux, propos
rassurants, écartement des ennuyeux, achat des concurrents,
réduction de la qualité de l'enseignement dans les pays visés,
assujettissement de la carrière des politiciens démocratiquement
élus, appels au bon sens, prise de contrôle des organismes de
contrôle... Au final, cela peut coûter beaucoup plus cher que la
mise au point de systèmes fiables. Mais cela coûte peu au départ et
cela permet d'écraser ceux qui prenaient le chemin de la mise au
point de bons systèmes. Ensuite, il faut garder le cap.
Les ondes FM sont
plus dangereuses que les ondes GSM ?
Je prétends que oui (ce qui ne veut pas dire que les ondes GSM ne
présentent pas de danger).
Les ondes de télévision "VHF" sont également très dangereuses, en
principe. Tandis que les ondes de télévision "UHF" ressemblent
d'avantage aux ondes GSM.
Les ondes radio ont une "taille", que l'on appelle "la longueur
d'onde" :
- Les ondes GSM ont la "taille" d'un pamplemousse ou d'un ballon
de football.
- Les ondes radio "grandes" ou "courtes", comme captaient les
postes de radio de nos grands-mères, ont une "taille" allant de
dizaines de mètres à de l'ordre d'un kilomètre.
- Les ondes FM ou de télévision VHF... ont la "taille" d'une
personne de petite stature ou d'un enfant, ce qui annonce le
problème.
Le corps humain est plutôt "opaque" aux ondes GSM. Quand vous
bombardez une personne avec un rayonnement GSM ou Wi-Fi, c'est un
peu comme si vous lanciez des pamplemousses. La personne ne sera
touchée que par les pamplemousses qui heurtent directement la
surface présentée par son corps. La majorité de la puissance de ces
ondes qui percutent, va se développer à la surface du corps. Seule
une partie de la puissance atteint les organes vitaux à l'intérieur
du corps. Comme si, les pamplemousses faisaient des bleus sur la
peau mais n'engendraient que des chocs faibles au niveau du foie,
des intestins...
Le corps humain est plutôt "transparent" aux grandes longueur
d'onde. Elles le traversent, comme une grande vague passe sur un
poteau. Il y aura bien quelques embruns et un peu de pression sur le
poteau mais l'essentiel de la vague passe son chemin sans perturber
le poteau.
Par contre les ondes FM... leur puissance est absorbée par le corps
humain presque au maximum de ce qui est théoriquement possible. La
puissance se développe dans la masse du corps, tous les organes
vitaux écopent. Le corps capte même la puissance de l'onde qui passe
plusieurs décimètres à gauche et à droite de lui. Un monstrueux flux
et reflux de courant parcourt le corps de haut en bas. Quand le flux
de courant a parcouru une fois la longueur du corps et s'est massé
dans la tête, par un effet ressort il repart en sens inverse pour
aller se tasser dans les pieds. Et c'est reparti pour la tête... Ce
flux est comme piégé à l'intérieur du corps et il écoule son énergie
en ayant des effets sur les cellules, les organes...
C'est un phénomène équivalent à celui de la "sympathie" en musique.
Si vous jouez une note d'une trompette à côté d'un piano (en ayant
relevé les amortisseurs des cordes), vous entendrez une des cordes
du piano continuer à tinter quand la trompette s'est éteinte ; la
corde qui correspond à la note que la trompette a jouée... Pour la
fréquence de 100 MHz des ondes FM, le corps humain est cette corde.
Cette publication montre en détails que les ondes FM font le plus
dégâts à un humain : [7]
Il existe aussi des arguments pour affirmer que les ondes GSM ou
Wi-Fi sont spécialement dangereuses. Un premier argument est
qu'elles sont "pulsées" à basse fréquence et ces basses fréquences
sont dangereuses. Je crois que cette pulsation augmente bien le
danger mais pas pour la raison généralement avancée. Le corps humain
n'est pas capable de "détecter" cette basse fréquence. Par contre,
le fait que le signal est fortement modulé génère toute une gamme de
hautes fréquences qui augmentent le risque de perturber certaines
molécules spécifiques dans les cellules.
Un autre argument est que les ondes GSM et Wi-Fi sont adaptées pour
décrocher les ions de calcium et de potassium qui tapissent les
membranes cellulaires. Les ions de calcium tendraient à consolider
les membranes, tandis que les ions de potassium tendraient à les
fragiliser. Les ondes GSM / Wi-Fi les plus dangereuses seraient
celles qui ont juste assez de puissance pour décrocher les ions de
calcium mais pas assez pour décrocher les ions de potassium. Ce sont
des ondes de relativement faible puissance. Des ondes plus
puissantes seraient moins dangereuses, parce qu'elles décrocheraient
également les ions potassium. Je ne peux pas infirmer ou confirmer
cette théorie, je peux juste faire le constat que je ne l'ai jamais
vue défendue dans une publication sérieuse. Et, dans mon expérience,
les dommages causés par les ondes radio sont toujours proportionnels
à leur puissance.
J'ai bien entendu cherché à constater par moi-même l'effet des ondes
GSM ou Wi-Fi. Dans un sous-sol, j'ai trouvé un transpondeur Wi-Fi
qui émettait à plein régime. Il y avait plus de 1 V/m en pic à
l'endroit où je me suis assis. Au bout d'une demi-heure, j'avais un
peu l'impression d'avoir la tête enserrée... mais je continuais à
travailler. Si cela avaient été des ondes FM, un peu plus de 0,010
V/m auraient suffi pour m'empêcher de travailler. Donc, je suis au
moins 100 fois plus sensible aux ondes FM qu'aux ondes Wi-Fi. En
interprétant platement la publication mentionnée ci-dessus ([7]), les ondes FM
devraient être seulement 6 fois plus nocives que les ondes Wi-Fi...
Notons également que cette comparaison concerne les effets
neurologiques immédiatement perceptibles ; je ne sais rien des
micro-lésions vasculaires qui auraient pu se développer ni du risque
de cancer.
La norme actuelle de 3 V/m RMS (par opérateur), que l'on applique
aux antennes-relais GSM, me semble délirante. 0,1 ou 0,2 V/m
devraient être des maximums. Et encore, il faudrait veiller à être
en général en dessous de cela. Mais clairement, il faut traiter les
ondes FM (et de télévision VHF) comme un cas particulier et imposer
des normes beaucoup plus basses pour elles.
La réponse de Monsieur l'Échevin de la Santé de la Ville de Liège [2] traduisait un début de prise en compte du fait
que les ondes FM pénètrent plus profondément dans le corps.
Un esprit aiguisé pourrait faire remarquer ceci : les lampes
fluocompactes émettent à une fréquence qui approche 1 MHz, soit une
longueur d'onde de près d'un kilomètre. Cela ne devrait pas être
très dangereux... pourtant je me plains d'avoir été cruellement
blessé en tenant une lampe fluocompacte à une certaine distance de
ma tête. En principe, l'explication est que je me trouvais dans le
"halo de proximité" de la lampe. Il y avait un couplage direct entre
l'oscillation dans la lampe et mon corps. Cela permet un transfert
d'énergie beaucoup plus important, que si l'on est simplement
traversé par une onde qui vient de loin. Je redoute qu'il se passe
la même chose pour les ondes FM dans les immeubles, ce qui pourrait
ajouter à leur nocivité. Elles parcourent les parties métalliques
dans l'immeuble et si un corps humain se trouve à proximité de ces
parties métalliques, il pourrait écoper d'une puissance anormalement
élevée.
Un autre phénomène propre aux immeubles pourraient être les champs
tournants. Les ondes font écho dans l'immeuble et viennent vers vous
de plusieurs directions. Cela a pour effet que leur somme change en
permanence de direction ; oscillant, voire tournant sur 360°.
J'ai écrit un programme de calcul numérique pour simuler la
propagation d'ondes radio autour d'une structure métallique. L'image
ci-dessous montre une simulation d'une coque de métal dont le
diamètre est comparable à la longueur d'onde. Une première version
de ma tente était constituée de cette façon. Elle m'avait collé la
sensation d'avoir une casserole à la place du crâne quand j'étais
resté un certain temps à l'intérieur, ma tête placée à l'endroit où
vous voyez les vecteurs de Pointing jaune vifs sur l'image. Les
ondes radio sont concentrées à cet endroit... Si vous cliquez sur
l'image vous devriez pouvoir voir la vidéo, qui montre de surcroît
la rotation du vecteur du Pointing (faites en sorte que la vidéo
soit jouée en boucle).
Attention : les assertions ci-dessus découlent de mon expérience et
de mes observations, des calculs que j'ai pu faire (de moins en
moins erronés au fil du temps) et de publications qui semblent les
corroborer. Mais la réalité des ondes radio est complexe. Tout est
encore loin d'être connu sur la question et je n'en maitrise qu'une
partie. Par exemple, la comparaison ci-dessus ne mentionne pas le
fait que les ondes FM et les ondes GSM ne mettent pas en résonance
les mêmes molécules à l'intérieur des cellules. Ce serait comme
comparer un tremblement de terre et un concert rock. Les deux font
des dégâts, les deux sont des ondes de choc... mais ce n'est pas
identique.
Vous voulez une indice du fait que les ondes FM engendrent un
courant dans le corps humain ? J'ai fabriqué un court bâton dont les
extrémités étaient des pochoirs de papier aluminium froissé. Entre
les deux, un fil électrique et une LED qui s'allume si du courant à
haute fréquence passe (comme le serpent). J'enserre une extrémité du
bâton avec une main et je presse l'autre extrémité contre mon front.
Mon bras, le bâton, mon front et mon torse forment alors une boucle,
ce qui convient très bien pour capter des ondes radio. Bingo : la
LED s'allume. Si j'éloigne le bâton de mon front d'un centimètre, la
LED s'éteint. Dans la photo ci dessous, la Citadelle est au centre
de l'image.
Un autre indice est que la présence d'un corps humain perturbe
fortement les mesures. Cela prouve qu'un courant circule dans le
corps à cause des ondes radio. Si le corps était parfaitement
conducteur, comme du cuivre, le courant circulerait uniquement à la
surface du corps. Les organes internes seraient épargnés. Mais, vers
une fréquence de 100 MHz, le corps présente une résistance
électrique, de l'ordre de 100 Ω. Cela force le courant à circuler
d'avantage à l'intérieur du corps.
Le fait que le corps influence fortement les ondes radio FM oblige à
placer l'appareil de mesure loin de soi, au minimum le tenir à bout
de bras et/ou au dessus de la tête. Et bien sûr loin de grands
objets métalliques. Mais, cela présente aussi un grand avantage
quand on veut évaluer la direction approximative d'où proviennent
les ondes. Tenez l'appareil de mesure à hauteur de votre ventre, à
disons 40 centimètres de votre ventre. Tournez lentement sur 360°.
Quand vous êtes dans la direction d'où proviennent les ondes,
l'appareil affiche la mesure la plus élevée, au moins le double de
ce qu'il affiche quand vous êtes dans la direction opposée. Si vous
utilisez un appareil peu sélectif, qui ne vous informe pas sur la
fréquence, cela permet également d'évaluer très approximativement le
type de fréquence. Si en tournant autour de vous, la mesure de
l'appareil ne change presque pas, cela indique qu'il s'agit d'ondes
courtes ou de grandes longueurs d'ondes. Si la mesure varie, mais
elle change peu quand vous rapprochez l'appareil de votre corps et
vous obtenez une meilleur directivité, vous êtes peut-être en
présence d'ondes GSM. (Il existe beaucoup de cas particuliers qui
faussent ces méthodes.)
Qu'en dit la
médecine ?
Essentiellement, elle n'a pas encore réussi à se mettre d'accord. Et
peut-être qu'on l'aide un peu pour ça.
L'origine des normes actuelles se trouve dans une question très
simple : est-ce que ça peut faire cuire votre bras, votre tête... ?
Si ce n'est pas le cas alors ce n'est pas dangereux. Pour la
population civile, on prend des normes très sévères : il ne faut pas
que le rayonnement puisse faire augmenter la température de votre
corps même d'une fraction de degré centigrade. Ainsi, pas de
discussion, tout le monde est à l'abri ! Vous ne vous trouvez pas à
l'intérieur d'un four à micro-ondes donc tout va bien...
Manifestement, l'élévation de température n'est pas la seule
atteinte à la santé que peuvent causer les ondes radio. Elles font
faire des mouvements anarchiques à certaines molécules-clés à
l'intérieur des cellules, elles causent des déplacements d'ions qui
fragilisent les parois cellulaires... entrainant des problèmes et
des réactions beaucoup plus subtils que la cuisson. Quand les
cellules du corps "se rendent compte" de ces effets anormaux, elles
se mettent en état de stress. Elles se ferment, cessent de
communiquer avec les autres cellules. Elles déclenchent des
mécanismes qui servent à protéger des molécules vitales contre une
élévation de la température (on a donc une partie des effets de la
cuisson même s'il n'y a aucune élévation de la température). La
cellule ne remplit plus sa fonction, elle épuise ses réserves,
s'empoisonne dans ses propres toxines et peut déclencher les
réactions de stress à l'échelle de tout l'organisme. On obtient
ainsi ces personnes qui sont extrêmement fatiguées ou qui souffrent
de maux de tête.
Cela fait deux ans que je lis des publications sur la question. La
thèse officielle est qu'il y a des études scientifiques qui
aboutissent à la conclusion qu'il y a un problème, et puis aussi il
y a des études scientifiques qui aboutissent à la conclusion qu'il
n'y a pas de problème. Alors, on coupe la poire en deux : on ne va
rien changer mais on va dire aux gens d'être prudents ! "Et on
continue à étudier la question, donc vous ne devez pas vous faire de
soucis."
Je suis tombé sur quelques publications qui sont manifestement
financées par des crapuleux (je n'ai pas dit par le lobby de la
télécommunication. Mon ami et moi faisons de la télécommunication
mais nous ne sommes pas des crapuleux pour autant.) Il existe
quelques mercenaires qui sont payés grassement pour faire de la
désinformation la main sur le cœur, de préférence en parlant de
leurs enfants et en expliquant avec des mots simples que personne
n'aurait intérêt à mettre en danger la santé de la population [23]. Un filon plus répandu consiste, je crois, à
sélectionner des farfelus qui disent par hasard quelque chose qui
vous convient. Vous leur offrez un poste, un salaire, une
visibilité... Il sont encore meilleurs que les mercenaires, parce
qu'il sont sincères. On utilise aussi des personnes prises en otage
ou endoctrinées voire simplement des acteurs qui répètent un texte.
Beaucoup de publications aboutissent à la conclusion qu'elles n'ont
pas constaté d'effet négatif dans le cadre de ce qu'elles ont
étudié. Et je suis parfaitement d'accord avec elles ! Si une étude
aboutit à la conclusion qu'il n'y a aucune différence sur une
population témoin quand on allume ou quand on éteint des routeurs
Wi-Fi à proximité, que voulez-vous que je vous dise... je passe mon
temps dans des bâtiments où il y a presque un routeur Wi-Fi par
salle et je n'ai jamais pu constater que cela me cause le moindre
problème, alors que je suis électrosensible. C'est même justement
parce que il y a des routeurs Wi-Fi partout, que leur rayonnement
est aussi faible... parce que chacun ne se trouve qu'à quelques
mètres de l'ordinateur portable qu'il dessert et il émet donc une
puissance très faible, de même que l'ordinateur portable lui-même.
Les transpondeurs sont placés très haut dans les pièces, donc
toujours loin des personnes. J'utilise autant que possible les
câbles ethernet mais un jour je me suis rendu compte qu'un de ces
câbles véhiculait un rayonnement radio parasite. J'ai enlevé le
câble et j'ai utilisé le Wi-Fi...
Un ami avait constaté qu'il dort mal s'il laisse son routeur Wi-Fi
allumé, un étage plus bas. Aha ! Et bien non : après examen, il est
apparu que l'alimentation électronique de ce routeur produisait une
pollution radio énorme, comme les lampes fluocompactes. C'était
cette pollution radio qui dérangeait, et non le faible rayonnement
Wi-Fi émis par l'antenne du routeur...
Mon propos n'est pas de prétendre que le Wi-Fi est inoffensif. Il y
a peut-être des effets à long terme (il faut donc en particulier
protéger les enfants). Il me parait évident qu'il ne faut pas se
placer juste à côté d'un transpondeur Wi-Fi. Les constructeurs de PC
portables devraient légalement être contraints de permettre aux
usagers de limiter la puissance d'émission à un minimum (la pénalité
est que le débit en émission est plus faible, ce qui en général
n'est même pas une contrainte). Ce que je prétends, est qu'une étude
qui aboutit à la conclusion qu'il n'y a aucun effet perceptible chez
des personnes exposées pendant quelques heures à un rayonnement
Wi-Fi normal, ne fait qu'établir ce que j'ai observé par moi-même.
Dans certains cas, on se demande si l'auteur a fait exprès de passer
à côté du coche ou s'il a manqué de chance. Parce que, il est très
facile de faire une étude qui aboutit à la conclusion que les ondes
radio sont inoffensives. Pour les personnes dont j'ai constaté
qu'elles sont manifestement malades à cause des émissions FM de la
Citadelle, l'effet ne se manifeste qu'après quelques heures
d'exposition, au minimum des dizaines de minutes. Si un beau matin
vous placez ces personnes à quelques mètres d'une antenne, vous les
exposez dix minutes et vous leur demandez si elles vont bien, elles
répondront que oui... "Il n'y a pas d'effet." Réciproquement, une
fois que l'effet c'est installé, il dure un certain temps. Il a une
rémanence. Si vous placez la personne malade à l'intérieur d'une
cloche de protection et vous lui demandez de but en blanc si elle se
sent mieux, elle vous répondra que non... Un autre exemple : quand
je suis dans un endroit fortement exposé, mon cerveau bloqué se met
à tourner en rond entre des tâches stéréotypées. Si pour déterminer
l'effet des ondes radio vous exposez des personnes et vous observez
si cela a un effet sur leur aptitude à faire des tâches
stéréotypées... Vous pourriez même arriver à la conclusion que les
ondes radio sont favorables au travail.
L'effet des ondes est cumulatif. Un ami m'a expliqué le cas de son
frère qui fait du deltaplane. Pour cela il porte un casque avec un
équipement radio. Cela lui collait un mal de tête... Mais il
utilisait également souvent un GSM pour son métier. Il se retrouvait
en fin de journée avec la tête comme un seau. Il a acheté une
oreillette pour le GSM... et depuis, la radio du deltaplane ne lui
cause plus de problème. Mais l'inverse est également vrai. Il peut y
avoir saturation des effets des nuisances. Avant, quand je ne me
protégeais pas de la Citadelle, je ne percevais pas de problème
quand j'utilisais mon GSM contre la tête. Depuis que je me met à
l'abri de la Citadelle... mon GSM s'est mis à me déranger. J'ai été
forcé d'acheter une oreillette. Donc, dans une ville comme Liège qui
est baignée dans un rayonnement FM très puissant, il est peut-être
plus facile de faire un étude qui aboutit à la conclusion que les
GSM ne dérangent pas leurs utilisateurs... Plus subtilement, si on
fait l'étude sur du personnel d'un administration qui est harcelé
par la direction, leur état naturel de dégradation par le stress
pourrait faire qu'un rayonnement radio par dessus ne causera pas de
dommage supplémentaire significatif. Il n'y a que les gens heureux
qui sont dérangés par les ondes radio, éliminons les gens heureux.
Et puis, il y a les publications qui ont étudié à peu près les mêmes
choses que moi et qui arrivent à peu près aux mêmes conclusions : ça
a un effet néfaste.
Il existe beaucoup de publications qui dénoncent les effets des
ondes radio [14]. Certaines sont
particulièrement effrayantes et concernent des ondes FM ou de
télévision [15].
Les média sont souvent irresponsables dans leur interprétation des
études. Si un chercheur arrive à la conclusion que les ondes GSM ne
perturbent pas une certaine fonction bien précise de l'organisme,
les média titreront que "l'université de Leicester prouve que les
GSM sont sans danger !" Ils aiment aussi faire le contraire, comme
d'expliquer qu'il est évident que les ondes radio c'est dangereux,
regardez ce qui arrive à un œuf que vous mettez dans un four à
micro-ondes. Certaines choses sont plus subtiles, comme de montrer
des photos de cerveaux de rats qui ont été exposés à des intensités
normales de rayonnements GSM. Il faut être irresponsable pour tenir
un GSM contre sa tête... mais si les cerveaux des rats sont dans cet
état, la raison en est que les ondes GSM sont adaptées pour causer
un maximum de dégâts dans un corps qui a la taille d'un rat. Elles
ne peuvent pas faire les mêmes dégâts sur un humain, à puissance
égale (pour un humain, il faut des ondes FM...) Le plus souvent, les
médias se contentent de répercuter le bruit de fond ambiant : "oui
il y a peut-être un problème mais ce n'est pas prouvé, on étudie la
question, c'est de votre responsabilité et puis de toute façon
ahlala on ne peut pas s'en passer."
J'ai essayé de montrer l'effet des ondes radio par une petite
expérience. Elle n'a qu'une valeur indicative, elle ne constitue pas
une preuve scientifique. Dans un meuble de cuisine, j'ai étalé deux
bandes de graines de cresson sur de la ouate. Juste derrière la
cloison, j'ai placé une lampe fluocompacte particulièrement
polluante (derrière l'endroit où se trouve la sonde thermique grise
sur la photo). Quand le cresson a germé, il n'y a pas eu le moindre
effet perceptible. La hauteur des pousses était la même partout...
Ensuite j'ai empoisonné la ouate avec des métaux et j'ai laissé
mourir lentement le cresson. Une moisissure c'est développée sur la
ouate. Cette fois, l'effet a été net. Comme on peut le voir sur la
photo, le cresson loin de la lampe est toujours debout, tandis que
le cresson proche de la lampe est couché et présente un mauvais
aspect. Le support ne présente pas de bosse qui aurait défavorisé le
cresson au milieu... La sonde thermique a servi a établir qu'il n'y
avait pas de différence de température observable. Cette seule
expérience ne prouve rien mais elle montre une chose que j'ai
observées pour l'impact des ondes FM sur les humain : les personnes
atteintes ont souvent un problème de santé à la base. De même que le
cresson n'a commencé à être influencé que quand il était agressé,
les personnes atteintes ont souvent un aspect un peu maladif, sont
âgées, ont un problème connu au cerveau...
Il est de plus en plus fréquent que des publications officielles
prennent en compte les effets des ondes radio dont la puissance est
beaucoup trop faible pour élever la température du corps. Madame la
Ministre Fédéral de la Santé m'a fait parvenir quelques documents en
ce sens. Cela étant, l'existence des personnes électrohypersensibles
n'est depuis longtemps plus en doute et cela suffit en soi pour
établir la nécessité de remédier au problème posé par les émissions
FM. Cela dépend des sources mais de l'ordre de 1 % de la population
sont des personnes électrohypersensibles. Sur les 200.000 habitants
du centre de Liège, cela représenterait 2.000 personnes pour
lesquelles les ondes FM sont une source de souffrance. La forte
intensité de ces ondes n'ayant de surcroît aucune utilité technique,
il est évident qu'on ne peut laisser les choses en l'état, même s'il
ne s'agit de protéger "que" 2.000 personnes. Faudrait-il mettre un
panneau d'avertissement à toutes les entrées autoroutières de la
ville, pour avertir les touristes électrohypersensibles du fait que,
bien que cela ne serve absolument à rien, toute la ville est
matraquée d'une force de champ FM de 0,5 V/m RMS ? Faut-il donner
instruction aux voyageurs dans les gares de changer de train le plus
vite possible ?
Je n'ai pas droit à un logement social parce que je suis
électrosensible... Dans le logement qu'on m'a proposé, j'ai eu des
difficultés pour parler après une demie heure et après trois quart
d'heures le maux de tête ont commencé. Je n'aurais jamais pu vivre
là. J'ai donc refusé le logement. Et donc j'ai été radié des listes
pour l'obtention d'un logement social. J'ai été en appel. À
Charleroi, dans la Société Wallonne du Logement, je suis passé
devant une commission. Ils m'ont dit que l'électrosensibilité est à
présent reconnue en médecine et que, comme je n'apportais pas de
certificat médical de mon problème, ils ne pouvaient donc pas
trancher en ma faveur. J'ai envoyé un mail à l'université de Liège
et la réponse disait clairement qu'actuellement je ne peux pas
obtenir un tel certificat :
Nous n'allons malheureusement pas pouvoir vous aider. Comme
vous le savez
peut-être suite à vos lectures sur notre site ou ailleurs,
l'électrosensibilité n'est pas objectivable à ce jour. Notre
équipe étudie
ce syndrome afin de tenter d'en comprendre les causes et le/les
mécanismes.
Cette recherche est en cours actuellement.
J'ai donc eu le choix entre la torture par le bruit dans mon
logement actuel et la torture par les ondes radio dans un autre
logement. J'ai choisi le bruit... Il y a aussi des ondes radio dans
mon logement actuel mais moins, j'arrive à m'en protéger avec des
bandes d'aluminium autour de la tête. Cela me fait développer des
mycoses sur la tête... et vive la dignité humaine en Belgique. Comme
tout le monde, je suis confronté à un état en dysfonctionnement,
incapable de prendre ses responsabilités même quand il s'agit de
problèmes très graves dont les solutions sont simples et peu
coûteuses. Alors il reporte la faute sur les citoyens, par exemple
en prétendant que je n'avais qu'à produire un certificat médical...
alors qu'il est impossible de l'obtenir. Plus globalement, le fait
en soi que l'on est obligé d'accepter le premier logement social
qu'on vous propose, n'est qu'un façon déguisée d'imposer l'ordre
bourgeois du 19ème siècle : le pauvre ne peut pas avoir droit à ce
qui lui permettrait de vivre dignement.
Quelques nouveaux exemples de confusion :
- Une personne a déclaré que croire que les ondes radio seraient
cancérigènes reviendrait à nier les fondements-même des lois de
la physique, en particulier de la mécanique quantique. Ce que
cette personne a voulu dire, je crois, est qu'un photon d'onde
radio a une énergie considérablement trop faible pour faire
sauter un segment d'ADN. C'est parfaitement exact... mais il ne
faut pas se cloisonner dans l'idée scolaire selon laquelle ce
qui est cancérigène est ce qui endommage l'ADN. Quand une
cellule de l'organisme se met en état de stress (à cause des
ondes radio ou à cause d'autre chose), elle ferme sa parois
cellulaire et s'isole du monde extérieur. Pendant qu'elle est
fermée, elle s'empoisonne lentement avec ses propres déchets et
un grand nombre de ses activités sont ralenties ou arrêtées.
Cela suffit pour augmenter le risque de cancer. Entre autres,
parce que la cellule est moins à même de réparer les accidents
qui arrivent naturellement à l'ADN.
- Un médecin a dit que dans un scanner à résonance nucléaire, un
patient subit un champ magnétique considérablement plus élevé
que le champ magnétique des ondes radio. Pourtant on n'a jamais
observé que cela produirait un inconfort chez les patients. De
même, une étude statistique a montré qu'il n'y avait pas de
corrélation entre le champ magnétique dans les maisons et
l'augmentation du risque de leucémie chez les enfants. Tout cela
me semble parfaitement exact... mais un champ magnétique n'est
pas une onde radio. Prenons une analogie : vous êtes assis sur
une chaise et une personne exerce une pression sur le dossier de
la chaise (elle pousse fort mais pas assez fort pour la faire
tomber ou la faire glisser sur le sol). Le fait que cette
personne pousse contre la chaise ne vous causera pas le moindre
inconfort. Vous ne percevez rien... Vous pouvez lire un livre ou
vous endormir, assit sur cette chaise. Cela représente le champ
magnétique. Maintenant, au lieu de pousser, la personne se met à
tapoter contre le dossier de la chaise. Même si la force de son
doigt quand il heurte le dossier est cent fois plus faible que
quand la personne poussait sur la chaise, vous allez devenir
chèvre en quelques dizaines de secondes. Vous ressentez chaque
petit coup dans votre corps. Ces petits coups représentent les
ondes radio.
- Une étude a proposé que l'augmentation des cas de leucémie que
l'on constate sous les lignes à haute tension, ne serait pas due
au champ électromagnétique engendré par les lignes mais aux
aérosols chargés de pollution, qui sont attirés par le champ
électromagnétique. Je ne peux pas me prononcer sur cette
hypothèse, qui a le mérité d'avoir été proposée, mais
sommes-nous bien sûrs qu'elle permettrait de conclure que les
champs électromagnétiques n'augmentent pas le risque de leucémie
?
Comment vérifier ?
C'est toute la question.
Pour un particulier, la première question à se poser est s'il y a
des endroits où vous avez systématiquement un problème (mal de tête,
fatigue anormale, incapacité à travailler). Mesurez la force de
l'immission d'ondes FM à ces endroits et comparez avec les endroits
où vous n'avez pas de problème. Si vous ne disposez pas d'un
appareil de mesure, vous pouvez estimer l'immission FM d'après la
localisation des endroits. Es-ce qu'on voit la Citadelle ou
l'antenne du Bol d'air par une des fenêtres ? Est-ce que c'est sous
un toit ou tout au moins dans un des derniers étage d'un immeuble ?
Dans les sous-sol, il n'y a en général pas d'ondes radio. Il y en a
très peu dans les locaux au rez-de-chaussée engoncés au centre de
pâtés de maisons. Certains cas sont traîtres : je me suis par
exemple rendu compte que le flanc d'un immeuble envoyait par effet
miroir le rayonnement de la Citadelle vers une fenêtre qui semblait
à l'abri.
Le prochain chapitre suivant parle des protections. Est-ce que
utiliser une protection améliore votre état ?
Les entreprises et les administrations peuvent faire des
statistiques sur leur personnel. Est-ce qu'il y a plus de personnes
qui ont des problèmes dans les bureaux qui sont plus exposés ?
Est-ce qu'il y a des cas de personnes qui refusent de travailler à
certains endroits ?
J'aimerais bien que l'on étudie la corrélation entre les cas
d'enfants autistes et la force de rayonnement dans les endroits où
leur mère a passé du temps pendant la grossesse. Cela vaut aussi
pour l'hyperactivité, les troubles d'attention...
Mon rêve serait que pendant deux semaines, chaque jour au hasard on
coupe ou on allume l'émetteur. Et on demande à une population test
de noter sur un formulaire comment elle se sent chacun de ces jours.
Il n'est même pas nécessaire d'arrêter les émissions : s'il y a un
budget, on peut placer une antenne temporaire sur une colline
inhabitée, plus loin de la ville.
Méfiez-vous des premières impressions. L'effet placebo est une
réalité. L'enthousiasme de faire une expérimentation peut masquer
bien des choses. Si vous donnez une protection contre les ondes
radio à une personne, il est probable qu'elle se porte mieux, non
pas parce que les ondes radio la dérangeaient mais parce que vous
vous êtes occupé d'elle.
Assurez-vous qu'il n'y a pas une autre explication. Il serait normal
que vous ayez des problèmes dans un endroit qui est mal éclairé.
Dans mon cas, j'ai donné une note de 0 à 10 au endroits où je me
plaçais pour travailler avant
de faire les mesures de l'immission à ces endroits. Dans ce cas, la
note que j'ai donnée à chaque endroit n'est en principe pas
influencée.
Faire des statistiques est un métier. Si vous pensez avoir réuni des
preuves, demandez conseil à une personne qui a des compétences en
statistiques.
Cherchez une explication
alternative. J'accuse peut-être à tort la Citadelle...
Comme par exemple j'avais accusé les lampes néon. Ben oui : plus un
local est situé en altitude, plus fort est le signal radio qu'il
reçoit de la Citadelle, en gros. Mais également, plus son plafond
sera, donc plus les lampes néon étaient proches de la tête. Donc
forcément il semble y avoir un lien entre la proximité des lampes
néons et mes problèmes. Mais les lampes néon n'y sont pour rien...
Un autre exemple : plus les ondes FM atteignent un endroit, plus il
est probable que les ondes GSM atteignent cet endroit. Peut-être que
tout ce que je crois constater est en réalité causé par les ondes
GSM... Je crois que non, mais posez-vous la question et cherchez
encore d'autres possibilités.
Une autre approche consiste à se placer à un endroit particulier sur
un des bastions de la Citadelle. La force de rayonnement approche 20
V/m en pic, soit dix fois ce que l'on reçoit généralement au
centre-ville. Toutes les personnes qui ont essayé ressentaient au
moins des problèmes légers après une demie-heure. Mon ami qui
installe des émetteurs a confirmé que j'avais bien fait de le mettre
en garde de ne pas prendre la voiture tout de suite après. La
dernière fois que j'ai essayé, en redescendant l'escalier de Bueren
j'ai eu une hallucination : le choc de chaque marche descendue me
faisait voir comme un fantôme blanc de l'escalier qui remontait vers
moi. L'animation ci-dessous tente de reproduire cet effet :
Voici la position de cet endroit sur Google Maps :
Il se trouve derrière le monument aux soldats. Placez-vous au milieu
du mur qui borde le bastion, le plus en altitude possible tout en
restant derrière la barrière de sécurité bien sûr. On accède au
sommet du bastion par l'arrière.
Le raisonnement est que si ce rayonnement de 20 V/m en pic rend
beaucoup de personnes au moins un peu malades en une demie-heure, on
ne peut pas exposer la population de Liège en permanence au même
rayonnement même si ce n'est qu'à une force de 2 V/m en pic.
Un ami statisticien est très critique quand je propose de faire des
statistiques dans des bureaux ou de demander à des hôpitaux de
corréler des dossiers de patients avec la distance à laquelle ils
habitent ou travaillent d'un pylône d'émission. Il m'explique que le
personnel administratif est presque dressé à toujours se plaindre et
que les médecins refusent d'utiliser des dossiers de patients.
Techniquement, il me dit qu'il y a trop de biais et de variables
dans les statistiques faites en milieux extérieurs et que la seule
façon valable de procéder est en laboratoire : il faut exposer des
groupes témoin à des ondes et leur faire passer des tests.
À mon tour j'ai des réserves contre les tests en labo parce que dans
les expériences dont j'ai pu lire le déroulement, les choses sont
virtuellement organisées pour que les personnes testées ne
constatent pas de problème (délais trop courts, rayonnements dont je
sais par expérience qu'ils ne causent pas de problème...) Je sais
aussi que certains interlocuteurs refusent d'emblée la validité des
tests en labo, en prétendant qu'ils ne sont par définition par
représentatifs de ce qui se passe dans la vie réelle. Nous sommes là
au cœur de la problématique de la pollution radio : les débats
d'experts.
Quand mon ami me dit que telle ou telle statistique que je propose
ne permet pas de trancher la question, il a parfaitement raison.
Mais à mon sens, une statistique ne doit pas être absolue pour
mériter d'être faite. Il faut accumuler des expérimentations et des
statistiques, même imparfaites, pour acquérir l'expérience
nécessaire pour faire (et justifier le coût de) une statistique
indiscutable.
La statistique que j'ai faite sur mon cas a une bonne valeur. Mais
on ne va pas déplacer des pylônes pour protéger une seule
personne... Les observations que j'ai faites sur d'autres personnes,
montrent la nature du problème et permettent par exemple de
comprendre pourquoi certaines expériences en labo ne révèlent rien.
Mais elles ne constituent pas une statistique valable pour justifier
d'ordonner de couper les émissions...
Une bonne statistique consisterait sans doute à distribuer un
questionnaire de santé court à un maximum de personnes qui habitent
ou travaillent à proximité d'un pylône existant, à remplir tous
les jours pendant disons deux semaines. Pendant ces deux semaines,
la puissance d'émission du pylône est réduite un jour sur deux, au
hasard. Si on constate qu'une partie des personnes se sent
systématiquement mieux quand la puissance est réduite... Ou à
l'inverse si on constate que la météo et les jours fériés ont une
influence mais la puissance n'en a aucune qui soit statistiquement
discernable... Voire, comme cela été le cas dans une étude en labo,
si on constate que les personnes se sentent stimulées quand
l'émetteur est allumé...
Comment se
protéger ?
La protection la plus simple et sans doute la meilleure consiste à
se placer à un endroit où il y a le moins possible d'ondes radio.
Dans un sous-sol, dans un local encaissés au cœur d'immeubles...
L'idéal est de disposer d'un appareil de mesure pour vérifier. Au
sein d'une pièce, il peut y avoir des zones plus ou moins exposés.
Après des mois d'expérimentation j'ai fini par mettre au point une
protection assez efficace : des bandes d'aluminium autour de la
tête. Disons que cela me permet de travailler dans des endroits qui
ne sont pas trop fortement exposés. J'ai en permanence une bande
horizontale autour de la tête, éventuellement cachée sous un
chapeau. Chez moi, je suis obligé d'ajouter la bande verticale si je
veux pouvoir travailler. Si je rentre chez moi, je m'installe pour
travailler et après un quart d'heure je n'arrive plus à avancer, je
sais que j'ai gardé mon chapeau sur la tête et oublié de placer la
bande verticale... Cela m'a donné de nombreuses occasions de
vérifier que l'effet n'est pas psychologique. Par exemple, un jour
je me rends compte que je n'arrive pas à travailler alors que je
porte mes bandes. Avais-je bénéficié de plusieurs semaines d'effet
psychologique et celui-ci vient de s'estomper ? Non : la bande
horizontale était interrompue. Le papier aluminium s'était usé
jusqu'à se rompre et la bande ne tenait plus que par le papier
collant qui la renforçait !
Le logement d'un ami est exposé à près de 1 V/m de rayonnement FM de
la Citadelle. (je suppose que c'est un facteur des problèmes de
santé mentale qu'il a développés depuis qu'il habité là). Après 10 à
20 minutes assis dans son canapé, je ne suis plus capable de parler
correctement. Je ne trouve pas mes mots, je parle par lentes
saccades... Si je porte les deux bandes d'aluminium, je peux parler
sans problème même après une heure passée chez lui. Malgré tout je
finis par sentir qu'il y a un problème ; j'ai des difficultés pour
réfléchir. À près de 1 V/m, les deux bandes ne sont pas suffisantes
pour me protéger complètement.
Mon programme de calcul numérique semble confirmer qu'une bande de
métal protège des ondes FM :
Par contre évitez de par exemple placer comme un bol d'aluminium sur
la tête. Cela ne protège pas. Au contraire, cela peut focaliser les
ondes et augmenter les dégâts. De même, les bandes ne sont pas une
protection adaptée contre les ondes GSM. Elles tendent au contraire
à en augmenter les effets. J'en ai fait l'expérience et le calcul le
confirme :
En principe, la meilleure protection seraient des ferrites. On vend
des peintures à base de poudres de ferrites, pour protéger des
locaux. Je n'ai pas réussi à mettre la main sur cela... J'ai juste
pu faire une expérience avec de la terre glaise et constater que
comme prévu elle affaiblit les ondes GSM. Plâtrer ses murs avec cela
serait une bonne idée. Le grand avantage des ferrites est qu'elles
absorbent les ondes ; elles les transforment en chaleur, au lieu de
les renvoyer dans une direction quelconque comme le font les
blindages métalliques. Mais faites attention à la gamme de fréquence
pour laquelle un type de ferrite donné est prévu.
Une de mes premières expériences pour vérifier si j'avais un
problème avec les ondes radio a consisté à m'envelopper la tête dans
du papier alu avant d'aller dormir (ne faites pas cela chez vous).
Le résultat le lendemain était étonnant. C'est comme si j'avais
enfin pu dormir une vraie nuit. Ensuite j'ai laborieusement monté
cette tente blindée, ce qui m'a permis de dormir correctement et de
travailler chez moi (ce qui dans une tente pour une personne est un
peu inconfortable...) J'ai été obligé de placer plusieurs ferrites
sur le câble qui alimentait le portable....
Les blindages peuvent rendre de grands services mais il faut s'en
méfier. Par exemple, si vous blindez entièrement une pièce mais à
l'intérieur de cette pièce vous placez des appareils électronique,
s'ils émettent un peu de pollution radio elle va se répercuter dans
la pièce et peut atteindre des valeurs élevées. Un autre exemple :
si la pièce a même une petite ouverture et des ondes radio entrent
par là, le niveau de rayonnement dans la pièce peut être proche de
ce qu'il y avait sans blindage (à moins que des éléments absorbants
ne se trouvent dans la pièce...) Dans le doute, un compromis
consiste à ne blinder que les faces du local (ou de l'immeuble) qui
reçoivent le rayonnement. Cela diminue fortement le rayonnement
direct. Les locaux seront toujours exposés au rayonnements
indirects, le gain ne sera donc pas énorme, mais on évite certaines
mauvaises surprises.
Le comptoir de vente d'une amie se trouve au fond de son magasin.
Là, l'immission d'ondes FM est faible. Mais dans la devanture du
magasin elle est forte. Entre les deux, la surface est parsemée de
supports en métal pour les vêtements. Ils atténuent les ondes...
Dans le même esprit, quand je dois rester dans une certaine salle
qui est fortement exposée aux ondes (plus de 300 mV/m en pic), je me
place parmi de hautes armoires métalliques qu'elle contient dans un
coin.
On vend des tissus tissés de fil d'argent [20].
Ils peuvent par exemple servir de tenture si vous avez une
antenne-relais GSM en face de votre fenêtre. C'est très efficace
contre les ondes GSM... mais de telles tentures n'ont en principe
pas beaucoup d'effet contre les ondes de radio FM.
Et ailleurs ?
Leuven
Une personne compétente a essayé un serpent à Leuven et il s'est
allumé.
Charleroi
J'ai fait un tour à Charleroi avec mes appareils. Des antennes
d'émission FM sont disséminées dans la ville. Voici des photos du
Centre Albert (5 kW), l'Hôpital Espace Santé (0,1 kW),
l'Université du Travail Hepcut (0,5 kW) et la Mutualité Neutre
du Hainaut (1 kW).
La règle globale est que dans les rues où aucune antenne n'est
visible, il y a de l'ordre de 1 V/m en pic. Si une antenne est en
vue, il y a de l'ordre de 5 V/m à l'endroit où on se trouve. La
situation est donc sensiblement pire qu'à Liège. D'autant plus, que
chacune de ces antennes n'émet que une ou deux chaînes radio. Donc
la valeur RMS de la force de rayonnement est plus proche de la
valeur en pic.
En certains endroits, mon détecteur a saturé. Par exemple au pied de
la Mutualité neutre du Hainaut ou, comme le montre la photo
ci-dessous, à un endroit où il était plus probable de se trouver
dans un lobe de l'émetteur du Centre Albert (quand mon appareil
affiche |
. cela veut dire qu'il y a plus de 20 V/m en pic). Il doit
donc y avoir de nombreux logements et bureaux à Charleroi où même
les normes sont explosées. (Je ne suis pas absolument sûr que la
saturation de mon émetteur est due aux ondes FM. Il n'est pas
sélectif.) Un élément curieux à Charleroi est que les écoles, les
mutuelles, les syndicats et les hôpitaux semblent concentrés au
centre-ville, donc noyés dans le rayonnement FM de forte puissance.
Un peu toutes les villes de Belgique sont équipées de pareils
émetteurs. Parfois il y a seulement une ou deux antennes très
puissantes, comme à Liège, et parfois la ville est saupoudrée
d'antennes moins puissantes, comme à Charleroi.
Même en mettant de côté la souffrance humaine, combien cela
coûte-t-il à la Belgique, en pertes financières et manque à gagner,
à cause de l'incapacitage de la population ? Je suis arrivé à
l'impression que cela doit être de l'ordre d'une centaine de
millions d'euros par an. Mon impression ne veut rien dire mais tant
que les autorités refusent de faire des mesures et des statistiques
plus fiables...
En particulier, quel en est le coût humain dans l'enseignement ? On
parle de violence à l'école, de décrochage scolaire... Ces ondes
radio engendrent des problèmes d'irritabilité, de difficulté de
concentration... Quelle est leur contribution aux problèmes dans
l'enseignement ?
Bruxelles
Comme Charleroi, Bruxelles est tapissée d'émetteurs FM. Mais
contrairement à Charleroi, leur puissance est souvent très élevée,
comparable à celle de la Citadelle qui irradie Liège. Sur la carte
ci dessous, les ludions rouges indiquent les positions des pylônes [26].
J'ai suivi l'arc de droite de la petite ceinture, depuis la Gare du
Midi jusqu'à la Gare du Nord. Cela m'a fait passer devant les grands
émetteurs du centre-ville : "The hotel" (15 kW de puissance, pour
Bel RTL),
la Tour du Bastion (5 kW, pour NRJ), le 44 de la Rue de la Loi (10
kW, Joe FM) et la Tour des Finances (30 kW, pour trois chaines de la
RTBF).
La pollution radio est encore plus puissante qu'à Charleroi. Les
antennes-relais GSM sont omniprésentes. Même dans des ruelles, la
force est souvent supérieure à 1 V/m, contre de l'ordre de 0,2 V/m à
Liège. Dans les espaces dégagés la force est de l'ordre de 2 V/m, ce
qui est comparable à Liège.
Une différence importante est peut-être qu'à Bruxelles il y a moins
de zones d'ombre. Comme Liège n'est irradiée que par un seul
émetteur proche de grande puissance, beaucoup d'immeubles sont
protégés par d'autres immeubles. Tandis qu'à Bruxelles, comme le
rayonnement FM vient de toutes les directions...
Arte a fait une émission [25]
où il est question de la mortalité anormale d'œufs de poule fécondés
à proximité d'une antenne-relais GSM. Cela fait écho à ce qu'un ami
m'a dit de Bruxelles. Un constat fait par les familles de ses
connaissances est que les enfants nés à proximité du centre-ville de
Bruxelles ont des faiblesses manifestes tandis que ceux nés dans
d'autres villes sont "normaux". Cette observation n'a pas de valeur
statistique mais si elle devait être vérifiée, la pollution radio
serait un bon candidat pour expliquer le phénomène. La taille des
poules fait que les ondes GSM sont ce qui convient le mieux pour
leur faire du tort. Pour les humains... ce sont les ondes FM.
Sire, ils vous l'ont irradiée !
Comment est-ce
possible ?
L'indifférence pour la détresse humaine de certains milieux
financiers et industriels est de notoriété publique mais cela
n'explique pas tout.
Les théories du complot proposent par exemple que ces émetteurs ont
été placés à dessein pour affaiblir les capacités cognitives de la
population. Je n'y crois pas trop, entre autres parce que les
familles des fonctionnaires concernés sont également victimes.
Un ami qui est du métier m'a expliqué comment on en est arrivé à
installer des émetteurs monstres au milieu des villes. Il y a trente
ans sont apparues les "radios pirates". Quelques potes dressaient
une antenne sur un toit et commençaient à émettre. Les puissances
étaient dérisoires, au plus quelques dizaines de Watt. Ils n'avaient
simplement pas accès à des émetteurs puissants. La très faible
puissance d'émission les obligeait à installer les émetteurs au
milieu des villes.
Avec le temps, des bricoleurs mercenaires ont rendu disponible des
émetteurs plus puissants. Comme c'étaient des bricolages, ils
émettaient beaucoup de parasites, ce qui obligeait leurs concurrents
à émettre plus fort pour réussir à passer, même quand il n'y avait
pas de conflit dans les bandes de fréquences.
Pour toucher plus d'auditeurs et pour lutter contre les défauts des
émetteurs de la concurrence, les puissances ont augmenté
constamment.
Le législateur a essayé de tenir cela sous contrôle, en imposant des
limites. Il n'était en principe pas permis d'émettre avec plus de
100 watt. Il y a eu tout un jeu du chat et de la souris. On se
serait crus au temps des bars clandestins de la Prohibition.
Au fil du temps, ces radios "libres" sont devenues moins libres.
Elles ont accepté de passer de la publicité, elles ont commencé à
tenir une comptabilité, à payer leurs opérateurs... En particulier,
elles ont saisi tout l'intérêt qu'il y avait à se prêter pour faire
la propagande d'élus locaux.
Elles se sont légalisées et même institutionnalisées. Elles se sont
pliées aux règles... ce qui leur a permis d'obtenir la possibilité
d'émettre avec de fortes puissances. C'est ainsi qu'on en arrive à
des implantations comme la Citadelle, qui émettent 10 kW au milieu
des villes et qui sont un mélange de chaines commerciales et de
radios locales.
L'émetteur sert à la diffusion de la propagande politique locale...
La location des emplacements des antennes rapporte de l'argent à une
personnalité ou à une association quelconque forcément
emberlificotée avec le pouvoir local... Mais cela ne suffit pas pour
expliquer qu'on laisse en place quelque chose d'aussi dangereux pour
la population et même qu'on le protège.
Un élément du problème est que certains politiciens ont pour métier
de défendre les intérêts des abuseurs. Ils font des discours et
noient le poisson, pour que leur "client" puisse continuer à opérer.
Si les opérateurs GSM installaient leurs antennes d'une façon qui ne
pose pas de danger pour la santé publique, ils n'auraient plus
besoin de la protection de ces politiciens. Mais cela leur coûterait
un peu plus cher... alors on s'arrange. Même le présent texte est
une aubaine pour ces politiciens. Il contribue à augmenter la
pression sur les opérateurs, donc à augmenter la dépendance à leurs
bons services. Mais il ne faudrait pas non plus que je monte la
pression jusqu'au point où la population finirait par comprendre ce
qu'on fait à ses enfants...
Une situation comparable est celle de l'intoxication au plomb de
l'eau de distribution à Verviers. Il a fallu 1 siècle pour que le
problème soit résolu, alors que la toxicité du plomb est connue
depuis l'antiquité. Là aussi, la diversité des sensibilités et des
symptômes était très grande. La majorité de la population ne
présentait aucun signe manifeste d'intoxication au plomb et chez
ceux qui en souffraient cela s'exprimait de façons différentes
suivant les personnes. En 1970, l'université de Liège a fait des
analyses et a prouvé qu'il y avait des cas d'intoxication au plomb.
Mais rien n'a été fait. Il a fallu attendre les années '80, quand
une directive européenne a imposé des normes pour la teneur en
plomb. Quelques familles de Verviers se sont organisées. La majorité
des autres familles ont refusé de participer. Aucun avocat de
Verviers n'a accepté de les défendre ! Il a fallu engager un avocat
de Liège. Le procès a été perdu à Verviers, puis gagné en appel à
Liège. Ce n'est qu'en 1992 que des conduites sans plomb ont été
installées. Pourquoi toute une ville s'est-elle arcboutée pour
maintenir une situation d'empoisonnement caractérisée ? Un élément
est que les industriels de Verviers, dans le commerce de la laine,
avaient l'usage, non pas de l'eau plombée, mais de l'eau acide.
Cette eau de Verviers provient d'un lac proche. Les canalisations
qui avaient été installées au 19ème siècle étaient en plomb. Mais,
en principe cela n'aurait pas du poser de problème. Il a été prouvé
que beaucoup de canalisations en plomb ne causent aucun
empoisonnement de l'eau, parce qu'une croûte de protection se crée
sur la surface du plomb. Le problème à Verviers était que l'eau du
lac est légèrement acide, ce qui empêche la formation de la croûte
et favorise la dissolution du plomb dans l'eau. Une première
initiative pour résoudre le problème a donc consisté à proposer de
rendre l'eau neutre ou légèrement alcaline, avant qu'elle ne soit
injectée dans les conduites en plomb. Cela aurait été une
catastrophe pour les industries de la laine... On peut comprendre
que les lainiers veillent à garder cet approvisionnement en eau
acide... Mais cela n'empêche pas de placer une deuxième conduite,
pour l'eau de distribution. Est-ce que les industriels ont déclenché
une hystérie collective qui s'est maintenue au delà de toute raison
? Est-ce que accepter la nécessité d'une deuxième conduite aurait
été un aveu de culpabilité des ravages que l'eau plombée a faits sur
la population ? Est-ce que les personnes qui devaient décider
avaient déjà le cerveau trop embrumé par le plomb ? Est-ce que la
pression des industriels a même eu la moindre importance ? Est-ce
que les édiles de Verviers ont refusé de régler le problème pour le
principe, pour affirmer leur autorité ?
Encore un autre élément du problème est que le mal s'est installé
graduellement. Les antennes ont été implantées au fil du temps...
Dans beaucoup de cas, leur puissance d'émission a également été
augmentée graduellement.
Les émissions en FM ont commencé dans les années '50, juste après la
Deuxième Guerre Mondiale. Elles ont sans doute culminé dans les
années '70. À cette époque, presque personne n'était au courant du
risque posé par les ondes radio. Et presque personne n'était
simplement au courant qu'un pylône venait d'être allumé dans les
environs. Je suppose que l'on devrait trouver des éléments dans
d'anciens registres, pour faire des statistiques entre le moment où
un pylône est allumé et les effets sur la population. Si les
pharmacies locales se mettent à vendre plus d'aspirines... Si
certains logements cessent d'avoir des occupants fidèles et on se
met à en déménager fréquemment...
Tout le monde est mouillé, même les particuliers. Les deux tiers des
enfants de 10 ans ont un GSM [27]. Quelle
proportion de ces parents serait prête à admettre qu'elle expose ses
enfants à un risque majeur de développer un cancer vingt ans plus
tard ? En discutant des risques du tabac, j'ai observé des personnes
qui martèlent de façon obstinée que ce risque est une invention,
qu'il n'y a aucune base scientifique. Ce sont souvent des personnes
qui ont fumé pendant leur grossesse ou dont la femme ou le jeune
enfant était fumeur passif. Être convaincu de l'innocuité de la
fumée de tabac devient une condition de survie mentale...
Un ami m'explique qu'à Bruxelles tout le monde est à l’affût de
l'argent, d'investissements... et en manque cruellement. Il me dit
que l'ULB ne fera une recherche sur les conséquences des ondes radio
que si elle est financée pour le faire. Et elle pourrait ne pas le
faire si cela la prive d'autres financements... Si je que je pense
des conséquences de la pollution FM est vrai, Bruxelles pourrait
peut-être même connaître un boum économique en arrêtant les
émetteurs. Mais comme cela ne sert pas en particulier les intérêts
immédiats d'une administration ou d'un organisme de contrôle qui
pourraient intervenir...
Il est très difficile de trouver un interlocuteur qui soit capable
d'apprécier des faits. Le plus souvent, quand je parle avec une
personne "instruite", manifestement tout son esprit est occupé à
trouver une raison pour laquelle je ne peux pas avoir raison. Comme
par exemple : "vous vous doutez bien que si beaucoup de personnes
avaient des maux de tête ou une fatigue anormale chaque fois
qu'elles entrent dans un local exposé à la Citadelle, on aurait
réglé le problème depuis longtemps". Ou encore, certaines personnes
finissent par me donner le fait que mes statistiques sont basées sur
un nombre trop petit de personnes, comme *preuve* qu'il n'y a pas de
problème. Ces personnes sont incapables du niveau de raisonnement
qu'on est sensé avoir appris à l'école primaire. Si la population
d'un pays est globalement à un niveau aussi bas d'instruction, il
est un peu normal que des choses aussi abominables puissent
perdurer...
Des schémas
électroniques
Voici le schéma du "serpent". Il vaut mieux utiliser des BAT62 en
lieu et place des BAT15, elles sont plus robustes. Attention : dans
les deux cas il s'agit de diodes SMD. C'est fragile et délicat à
souder. Mais vous pouvez demander un boîtier qui contient deux
diodes têtes-bêches, c'est pratique. La LED est un modèle à forte
luminosité. Les LED rouges sont en général les plus sensibles et les
plus sûres pour cet usage. Le câble peut par exemple être du câble
signal (du câble pour micro...) à un conducteur en plus du blindage.
Il n'est pas utile que ce soit du câble pour haute fréquence,
puisque l'oscillation circule en mode commun. (En principe une des
deux diodes de détection peut être remplacée par une self mais je
n'ai pas essayé.)
Le schéma suivant permet de visualiser plus aisément le
fonctionnement du serpent. Le fil a la bonne longueur pour être un
résonateur à 100 MHz. La LED révèle le passage du courant. La LED
seule ne pourrait pas isoler une composante continue, parce que la
fréquence est trop élevée pour elle. Elle doit donc être "aidée" par
des diodes de détection haute fréquence. Le courant qui circule de
gauche à droite n'alimente pas la LED mais l'intention est de
profiter de son retour quand il rebondira en sens inverse. Le schéma
contient un minimum de diodes dans le but de minimiser les pertes
causées par les tensions de seuil des diodes.
Le mode d'emploi se trouve à cette adresse : [16]
La photo ci dessous à gauche montre l'intérieur et le schéma de
principe d'un des petits appareils de mesure que j'ai bricolés. Le
circuit électronique est un panneau voltmètre 200 mV acheté dans le
commerce. Cet appareil ne fonctionne réellement bien que pour les
ondes FM. Le schéma au milieu est ce que j'ai utilisé pendant
longtemps, un simple fouet branché sur un voltmètre. Le schéma de
droite est un dispositif très approximatif pour estimer la force de
champ en 50 Hz. Il suffit de ne brancher qu'une seule des sondes du
voltmètre et la laisser pendre vers le sol. La valeur affichée doit
être multipliée par un facteur élevé, qui dépend de l'impédance du
voltmètre.
Voici le schéma du capteur de l'appareil que j'utilise actuellement.
Il a l'avantage de mesurer plus ou moins correctement une très large
gamme d'ondes radio ; depuis les ondes des lampes fluocompactes
(centaines de kilohertz) jusqu'aux ondes GSM et Wi-Fi (gigahertz) :
Les deux plaques parallèles sont par exemple des rectangles de
feuille de cuivre de quelques centimètres de côté. Un fil est soudé
à la plaque supérieure et descend vers le petit montage électronique
qui est soudé à la plaque du dessous. Le composant SMD qui contient
les deux diodes de détection hautes fréquences est par exemple un
BAT62. Le condensateur en dessous est également un SMD, d'une valeur
de quelques dizaines de picofarad. Il doit avoir un bon comportement
en hautes fréquences... Les deux résistances sont par exemple des
metalfilm conventionnelles de 10 MΩ. Les résistances sont ensuite
connectées par deux fils électriques à un voltmètre. J'utilise un
panneau voltmètre 200 mV qui a une impédance d'entrée de 10 MΩ.
Sachant que les deux résistances ont également 10 MΩ, ce que le
voltmètre affiche est donc la tension captée divisée par 3. J'ai mis
une distance de 3 centimètres entre les deux plaques. La tension
captée est donc la différence de tension sur 1 cm. Donc pour avoir
une lecture en V/m il faut multiplier la valeur affichée par le
voltmètre par 100. Sur un panneau voltmètre, cela se fait en plaçant
la virgule au bon endroit. Ce capteur donne la valeur en pic pour la
somme de toutes les ondes radio. Dans un prototype j'ai ajouté un
contact au galinstan sur l'alimentation, cela permet de couper
l'appareil simplement en lui mettant la tête en bas. L'ampoule est
placée à 45° de la verticale, ce qui permet de couper l'appareil en
le retournant ou en plaçant sa face vers le sol. Le contact au
galinstan n'étant pas fiable quand il y a du mouvement, il faut
ajouter une forte capacité sur l'alimentation, comme un condensateur
de 100 µF.
Glossaire
Puissance : exprimée en Watt
(W). Quantité d'énergie par seconde.
Force de champ : exprimée en
Volts par mètre (V/m). C'est la force avec laquelle les ondes radio
"poussent" les électrons ou toute matière ionisée qu'elles
rencontrent. L'intensité de champ s'exprime en ampères par mètre
(A/m) et vaut la force de champ divisée par 377. La puissance du
champ vaut le produit de la force de champ et de l'intensité de
champ et s'exprime en Watts par mètres carrés (W/m2).
Mesure en pic : le maximum
que la force de champ atteint par moments. Imaginons que des
ouvriers tapent avec des marteaux sur un mur. Parfois, par hasard,
tous leurs marteaux s'abattent en même temps sur le mur et celui-ci
reçoit un choc maximum. C'est cela, la mesure en pic.
Mesure RMS : une sorte de
moyenne de la force du champ. La mesure en pic reflète un cas
particulier, un maximum qui n'arrive pas souvent. Il serait abusif
d'utiliser ce maximum épisodique comme étant la mesure générale de
la force de champ. La mesure RMS est une moyenne, calculée d'une
façon bien précise, qui donne une valeur de force de champ qui
permet directement de calculer la puissance moyenne du champ. Dans
le cas spécifique de la Citadelle, la valeur RMS vaut à peu près le
cinquième de la valeur en pic.
Immission : la force de
champ ou la puissance à un endroit donné. C'est une chose de savoir
quelle puissance un émetteur émet. Mais une autre question est de
savoir ce qui arrive à un certain endroit, qui se trouve à une
distance de l'émetteur et qui est éventuellement partiellement
protégé par des obstacles. La Citadelle émet 10.000 Watt. Au
centre-ville, au endroit en plein air d'où on voit la Citadelle,
cela engendre une immission de l'ordre de 2,5 V/m en pic, soit 0,5
V/m RMS, ce qui est la même chose que 0,0007 W/m2. Dans
les locaux où j'ai constaté que des personnes sont malades, il y a
de l'ordre de 0,3 V/m en pic, soit 0,06 V/m RMS, donc 0,00001 W/m2.
Pour que je puisse travailler sans protection il faut qu'il y ait
moins de 0,001 V/m en pic, soit 0.002 V/m RMS, donc 0,00000001 W/m2.
Gray : noté Gy ; unité de mesure de
l'énergie développée par de la radioactivité dans un corps vivant.
Exprime des Joules par kilogramme de masse corporelle (J/kg). Si
l'exposition a lieu sur un court laps de temps (quelques secondes à
quelques heures), 1 Gy engendre des symptômes de malaise. Le décès
devient probable à partir de 10 Gy. Par contre si l'exposition a
lieu au fil d'un temps beaucoup plus long, comme des semaines ou des
mois, il n'y aura aucun malaise ni risque de décès, parce que la
personne récupère des dommages subis au fil du temps. Par contre en
ce qui concerne le risque de cancer, en première approximation il
dépend de la dose totale reçue et le temps sur lequel cette dose est
étalée n'a pas d'importance.
Sievert : noté Sv ; unité pondérée pour tenir
compte de la dangerosité différente des différentes formes de
radiations. Les chiffres mentionnés ci-dessus pour les Gray
concernent les rayonnements les moins dangereux ; les électrons et
les photons de haute fréquence (rayons X et gamma). Les particules
hadroniques (protons et pions) causent deux fois plus de dégâts à
énergie égale. Si une personne a été exposée à 1 Gy de hadrons, on
considérera donc qu'elle a été exposée à 2 Sv. Les noyaux atomiques
(rayons alpha, ions...) sont vingt fois plus dommageables. Pour les
neutrons, le facteur dépend de leur énergie.
Bibliographie
[1] Jean-Luc Guilmot. Pollution électromagnétique et antennes FM à Liège http://www.teslabel.be/accueil/111-pollution-electromagnetique-et-antennes-fm-a-liege
Un article sur ma recherche.
[2] Michel Firket, échevin de Liège http://www.4p8.com/eric.brasseur/electrosmog_133.pdf
Réponse à mes lettres.
[3] http://www.4p8.com/eric.brasseur/electrosmog_135.pdf
Lettre au parlement Wallon.
[4] IBPT http://www.sites.ibpt.be/#
Carte d'implantation des antennes-relais GSM
[5] http://www.4p8.com/eric.brasseur/electrosmog_123.pdf
Lettre à Monsieur le Bourgmestre de Liège pour expliquer
l'analogie avec l'empoisonnement par radiations.
[6] IAEA Fukushima
Nuclear
Accident Update Log http://www.iaea.org/newscenter/news/tsunamiupdate01.html
[7] J.A. Elder, P.A. Czerski, M.A. Stuchly, K.H.
Mild & A.R. Sheppard Radiofrequency
radiation http://whqlibdoc.who.int/euro/es/EURO_SERIES_25_(chp4).pdf
[8] RF Safety Solutions Biological Effects http://www.rfsafetysolutions.com/RF%20Radiation%20Pages/Biological_Effects.html
[9] Dr. Margot Stock RF SHOCK AND BURN: Radio Frequency Radiation: Technical
Note 124 http://www.lbagroup.com/associates/lbatn124.php
[10] David Willey, BBC News Experts: Vatican Radio transmitters
'pose cancer risk' http://www.bbc.co.uk/news/world-europe-10634977
[11] BBC Vatican Radio officials convicted http://news.bbc.co.uk/2/hi/europe/4531247.stm
[12] European Commission Radiation protection 125 Low dose
ionizing radiation and cancer risk http://ec.europa.eu/energy/nuclear/radiation_protection/doc/publication/125.pdf
[13] Idaho State University Radiation and Risk http://www.physics.isu.edu/radinf/risk.htm
[14] Références
: 346 publications scientifiques par ordre chronologique http://home.scarlet.be/~tsf94646/001/sources.htm
Liste de publications qui dénoncent les effets des ondes radio.
[15] W. Löscher and G. Käs Conspicuous behavioural abnormalities
in a dairy cow herd near a TV and Radio transmitting antenna
http://home.scarlet.be/~tsf94646/001/documents/Conspicuous
behavioural abnormalities in a dairy cow herd.pdf
[16] Le serpent
http://www.4p8.com/eric.brasseur/electrosmog_62.pdf
Le mode d'emploi du serpent
[17] Thornton IM. Out of time: a possible link between mirror neurons, autism
and electromagnetic radiation. http://www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/16530334
[18] Kane RC. A
possible association between fetal/neonatal exposure to
radiofrequency electromagnetic radiation and the increased
incidence of autism spectrum disorders (ASD). http://www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/14962625
[19] NEC2 Numerical
Electromagnics
Code (Method of Moments) NEC simulates the electromagnetic
response of antennas and metal structures. http://www.nec2.org/
[20] Swiss Shield http://www.swiss-shield.ch/
Tissus contenant des fils métalliques pour réfléchir les ondes radio
[22] Une
étude brésilienne associe le cancer au rayonnement des antennes de
téléphonie mobile http://www.robindestoits.org/Une-etude-bresilienne-associe-le-cancer-au-rayonnement-des-antennes-de-telephonie-mobile-09-07-2010_a1118.html
[23] Ondes de
téléphonie : le début d'une contestation d'ampleur ? http://www.rue89.com/2011/07/19/ondes-de-telephonie-le-debut-dune-contestation-dampleur-214835
[24] Le
Contacteur N-ergétique http://www.4p8.com/eric.brasseur/electrosmog_84.pdf
[25] Sous le Feu
des Ondes http://www.youtube.com/watch?v=wYZufUYMuaw
[26] FMSCAN.org
http://fmscan.org Radio Frequencies
& Transmitter Maps worldwide
[27] Deux tiers
des jeunes de 10 ans ont un gsm http://www.lalibre.be/actu/belgique/article/691352/deux-tiers-des-jeunes-de-10-ans-ont-un-gsm.html
[28] Mobile
phone brain cancer link rejected http://www.bbc.co.uk/news/health-15387297
[29] Mobile
telephones and brain tumours http://www.bmj.com/content/343/bmj.d6605.extract
British Medical Journal
[30] 50 Bq/kg in
humans leads to irreversible lesions in vital organs http://enenews.com/must-see-top-radiation-expert-50-bqkg-in-humans-leads-to-irreversible-lesions-in-vital-organs-then-top-un-official-refutes-effects-of-internal-radiation-video
[31] Energy
saving light bulbs 'contain cancer causing chemicals' http://www.telegraph.co.uk/health/8462626/Energy-saving-light-bulbs-contain-cancer-causing-chemicals.html
[32] Réponse du
sénat fédéral http://www.4p8.com/eric.brasseur/electrosmog_148.jpg
[33] Des élèves
en grève contre les antennes GSM http://www.lesoir.be/regions/bruxelles/2012-03-30/des-eleves-en-greve-contre-les-antennes-gsm-905964.php
Remerciements et
liens
Une pétition en cours : www.petition-electrosmog.be
Eric Brasseur - 15 mars 2011
au 28 mars 2012