La neutralité du duodénum







Le duodénum n'est pas un camp retranché romain pacifiste. Le duodénum est le premier tronçon d'intestin après l'estomac. Je viens d'en apprendre des belles à son sujet. Certains prétendent qu'un léger dysfonctionnement à son niveau expliquerait la quasi totalité des maladies typiques des occidentaux : dépression, irritabilité, problèmes neurologiques, obésité, maladies cardio-vasculaires, migraines, intoxication aux métaux, cancer, ostéoporose, arthrite, rhume chronique, et autres inflammations. C'est un peu beaucoup pour un seul organe. Je ne sais pas ce que je dois en penser. Il y a des contradictions dans les textes des protagonistes de cette théorie. Mais... le peu de choses qu'un ami et moi avons pu essayer a essentiellement confirmé leurs propos. Le présent texte est un mélange de mes expérimentations approximatives et de théorie mal digérée.

Le principe est simple : l'estomac utilise de l'acide pour désinfecter les aliments et commencer leur digestion, ensuite ils passent dans le duodénum. Si le duodénum ne réussit pas à neutraliser l'acidité de l'estomac, tout le reste de la digestion dans les intestins sera raté et le corps va se gonfler d'acides. Une mauvaise alimentation et/ou un mode de vie inhumain empêchent le duodénum de neutraliser les acides...

Le duodénum fait partie de l'intestin grêle mais on pourrait le qualifier de deuxième estomac. L'estomac utilise des enzymes pour faire une première découpe "grossière" des protéines. Ces enzymes ont besoin d'acidité pour agir. Le duodénum utilise également des enzymes, pour continuer le travail de découpage ébauché par l'estomac. Mais ces enzymes ont besoin d'un milieu neutre pour travailler, voire légèrement alcalin (le contraire d'acide).

Dans l'estomac comme dans le duodénum, des nutriments passent dans le sang. En fait, tout le long du système digestif, dès qu'une molécule a été découpée en morceaux suffisamment petits et s'ils sont devenus solubles dans l'eau, ils peuvent passer dans le sang ou dans le système lymphatique. C'est la raison pour laquelle l'aspirine agit vite : dès qu'elle arrive dans l'estomac elle commence à passer dans le sang.

Le gros intestin, qui se trouve à la fin du système digestif, utilise un système différent : il rend la nourriture légèrement acide et laisse des bactéries travailler. Ces bactéries vont fabriquer des vitamines et achever de découper des molécules qui avaient échappé jusque là.

Il faut que la nourriture suive bien toutes les étapes :
On peut vivre sans estomac et l'estomac peut fonctionner sans acide. Cela pose tout de même des problèmes. J'ai essayé de prendre du bicarbonate de soude après les repas pour empêcher l'estomac de devenir acide. Après quelque jours je n'allais plus bien du tout. Il est manifestement utile que l'estomac fasse son travail acide et réalise une première découpe des protéines. Cela est encore plus vrai pour le duodénum. S'il ne peut pas achever le découpage des protéines et des amidons et rendre les graisses solubles, les conséquences sont multiples :
Les conséquences de tout cela se cumulent. Le corps s'encrasse de métaux toxiques, de toxines et de ses propres déchets. Il peine à éliminer les acides. Vous devenez lourd, souvent malade, dépressif... Vous dormez mal... Vous développez des problèmes de santé divers, qui ne guérissent jamais tout à fait...

Il se crée en vous des poches d'infection permanente. Si vous étiez en pleine forme, votre système immunitaire attaquerait les maladies et les nettoierait en quelques jours. Comme vous êtes intoxiqué, le système immunitaire est affaiblit et n'arrive plus à récurer dans les coins. Les bactéries et les virus sont eux-mêmes affaiblis par vos poisons et n'en mènent pas large. Il s'ensuit une molle guerre de tranchée. Vous n'êtes pas souvent vraiment malade mais jamais vraiment guéri. Votre système immunitaire crée des inflammations inutiles, ne participe plus correctement à la reconstruction permanente de votre corps... Quand vous réussirez à vous nettoyer de tout cet encrassement cela vous jouera des tours : les poches de bactéries et de virus se réjouiront du nettoyage et passeront à l'offensive. Il faudra plusieurs jours avant que le système immunitaire ne réussisse à reprendre le contrôle. Si vous êtes malade pendant une détoxication, cela peut vouloir dire qu'elle fonctionne bien... Vous pouvez avoir des éruptions de boutons, faire tout d'un coup une phase quelconque d'un rhume, vous sentir très fatigué... Il faut un peu de patience. Une cure de détoxinants naturels vendus en pharmacie peut être un bon début. Radis noir, bardane, artichaut...

Que faire ? À priori, commencez par diagnostiquer. En pharmacie, herboristerie ou magasin diététique, vous pouvez acheter un test du pH de l'urine. C'est une boite de petites languettes colorées. Un code de couleur vous permet de déterminer le pH. Le principe est que si votre urine est acide cela veut dire que votre duodénum n'avait pas réussi à neutraliser les acides issus de l'estomac. Un pH idéal se situe autour de 7, ce qui veut dire neutre. Il vaudrait mieux 7,5 que 6,5. Personnellement je suis descendu aussi bas que 5, ce qui est étonnamment acide. Les façons d'interpréter les résultats varient suivant les auteurs. Certains prétendent qu'un pH acide le matin au lever est normal. Je constate pour ma part que si je me sens patraque le matin je suis sûr de mesurer un pH inférieur à 7. Si au cours de la journée je commence à avoir mal au dents, je sais que si je mesure le pH à ce moment-là il sera acide...

Comment corriger le pH du duodénum ? Il existe plusieurs méthodes :
Comment se débarrasser des acides ?
Je crois avoir lu que certains additifs alimentaires se transforment en acides redoutables pendant la digestion. Je ne sais pas s'ils augmentent l'acidité du duodénum ou s'ils engendrent des acides plus tard, dans d'autres organes. Je crains que beaucoup d'aliments pour animaux sont concentrés en de tels additifs.

Un ami boit et mange un quart de citron une demi heure avant les repas. Il mange toute la pulpe du citron et une partie de la pulpe de l'intérieur de la peau du citron.

Les bénéfices ? Il y en a une belle liste ci-dessus. Je n'ai évidemment pas pu vérifier si une bonne gestion du duodénum m'évitait de développer un cancer mais, en gros, tout ce qui était immédiatement vérifiable a souvent été vérifié. Certains faits en particulier m'ont étonné :
J'ai aussi essayé de faire le contraire de ce qui est conseillé, juste pour voir ; rendre mon duodénum bien acide. Je me suis retrouvé avec un fort mal de tête. Je n'ai pourtant presque jamais mal à la tête et si cela arrive la douleur est très faible. Ce mal de tête a duré plusieurs heures et prendre un peu de bicarbonate n'a rien changé. J'ai fini par prendre du paracétamol et il est passé.

Il semble y avoir un lien entre alcoolisme et acidité. J'en ai fait l'expérimentation : l'alcool contribue à rendre l'estomac acide. Une connaissance alcoolique m'a parlé d'une horrible acidité dans l'estomac quand elle boit. Elle n'en souffre pas, c'est plus spectaculaire que dérangeant... mais quand j'écoute la liste de ses autres problèmes de santé... cela correspond très bien aux symptômes prétendus d'une intoxication permanente aux acides. Une bonne part des dégâts causés par l'alcoolisme ne seraient pas directement causés par l'alcool mais par les acides qu'il engendre. Je suppose que le mauvais état général de l'organisme qui en résulte, contribue à maintenir la personne dans l'alcoolisme, par dépression. Un des phénomènes impliqués est la consommation par le foie de ses réserves de vitamine B1. La vitamine B1 est un peu le carburant qui permet au foie d'éliminer les toxiques. Quand le foie a consommé toutes ses réserves de vitamine B1 pour décomposer l'alcool, il n'est plus capable de traiter les toxiques. Ils s'accumulent alors dans l'organisme et le détruisent lentement. Il est nécessaire pour un alcoolique de prendre des suppléments de vitamine B1. Des comprimés sont en vente libre en pharmacie, à un prix dérisoire. Les sulfites, qui sont ajoutés à certains alcools, obligent également le foie à consommer de la vitamine B1. Des dépuratifs du foie, comme le radis noir, sont très utiles pour diminuer les dégâts, de même que de boire de l'eau. Mieux vous permettez à votre organisme de survivre à l'alcool, moins vous aurez la gueule de bois le lendemain.

Un effet "faussement regrettable" est que je ne digère plus les grandes quantités de graisses et de viandes. Avant, je pouvais manger des tranches de lard frites et terminer par une plaque de chocolat. J'ai même une fois clôturé en buvant de l'huile d'olive à la bouteille pour impressionner un ami. Depuis que je soigne mon duodénum et mes digestions, je vomis presque automatiquement ce genre de repas, même quelque chose d'honnête comme du riz et une solide quantité de viande bien cuite. Je crois qu'avant, tout ce que je mangeais traversait mes intestins comme si c'était un collecteur d'égouts, en pourrissant et sans vraiment que les graisses et les protéines soient absorbées. Peu de choses étaient absorbées, en fait. C'est la raison pour laquelle j'avais besoin de forts suppléments de vitamines. À présent que je digère tout soigneusement, les grandes quantités de graisses et de protéines sont rejetées dès le début de la digestion. Quand j'étais enfant je vomissais assez souvent. Je suppose que j'ai arrêté de vomir quand mon système digestif a baissé les bras et s'est transformé en égout. Il vient de reprendre ses droits. Il n'est plus un égout mais un rutilant réacteur biochimique.

En toute généralité je fais deux types de repas : des repas "tout acidifiant", auxquels j'ajoute de l'acide citrique, et des repas "presque tout alcalinisant", auxquels j'ajoute éventuellement une très petite quantité de choses acidifiantes comme un peu de viande. Curieusement, avec ce deuxième type de repas il vaut mieux ne pas prendre d'acide citrique ni de bicarbonate de soude... Il peut arriver que j'aie une impression d'acide à l'estomac quelques heures après mais il ne faut pas prendre de bicarbonate de soude. Si cette acidité est vraiment exagérée je prendrai tout de même un ou deux centimètres cube de bicarbonate... Cela n'est arrivé qu'une seule fois...

Qu'en est-il des paradoxes ? Ceux-ci en particulier me posent problème :
Une explication de ces paradoxes pourrait être que certains se focalisent sur l'acidité du duodénum tandis que d'autres se focalisent sur l'élimination des acides qui ont été accumulés par l'organisme. D'un point de vue théorique, il me semble que garantir la neutralisation du duodénum est plus important que faciliter l'élimination des acides. L'accumulation des acides ne serait qu'une des conséquences néfastes de l'acidité du duodénum. Il faudrait aussi distinguer les acides faciles à éliminer, comme ceux des fruits, et ceux difficiles à éliminer, comme ceux issus de la digestion des viandes et les acides minéraux. Un constat pourrait aider : au début il m'a fallu de grandes quantités de bicarbonate pour neutraliser mes digestions. C'était impressionnant d'avaler plusieurs mesurettes de bicarbonate et de laisser sortir des litres de gaz de l'estomac, produits par la réaction de neutralisation. C'était tellement fort que je pouvais un peu gouter le contenu de mon estomac et constater la baisse de l'acidité au fil des mesurettes. Après deux semaines environ, les quantités nécessaires ont diminué. Je n'ai à présent plus besoin de bicarbonate si je fais un repas constitué en grande majorité d'aliments ne causant pas d'acidité.

Un mode d'emploi pour le bicarbonate de soude ? Pour le moment je procède ainsi :
Trop compliqué ? La recommandation que j'ai lue dans un des textes en ligne est peut-être la bonne : prenez simplement une petite dose de bicarbonate de soude deux heures après chaque repas important. Dans mon cas, 2 centimètres cube de bicarbonate font l'affaire. Suivant les personnes, la moitié ou le quart de cela pourrait suffire. Une si petite dose ne peut en principe pas vous causer grand mal et il semble que cela soit suffisant pour obtenir un effet positif à la longue. Vérifiez avec un test de pH. Demandez l'avis de votre médecin. Personnellement, il est manifeste que je dois attendre seulement une heure et demie après la fin du repas. Si j'attends deux heures, il arrive souvent que j'aie un début de rhume ou un grattement d'angine dans la gorge, ce qui signifie que des tronçons mal digérés de protéines sont passés dans le sang. Il arrive aussi fréquemment que j'éprouve le besoin d'une dernière petite dose de bicarbonate quelques heures après la fin du repas.

Dangers ?
À présent je préfère l'acide citrique au bicarbonate de soude. Son usage est plus simple et plus sûr. Si je fais un repas acidifiant (blé, riz, grandes quantités de viande...) j'ajoute deux à trois centimètres cube d'acide citrique en poudre.

Des références ? Je n'ai pas osé en donner au début. Les textes que j'ai lus en ligne contenaient tous des énormités. Il semble aussi y avoir un commerce très lucratif... La gestion de l'acidité du corps fait toujours partie des médecines alternatives. Pourtant je crois qu'il y a largement de quoi l'intégrer au corpus scientifique. Avec les outils scientifiques actuels il y a relativement peu de travail à faire pour trier le vrai du faux en la matière. Les bénéfices pour la santé me semblent devoir être considérables.

Ce texte est assez raisonnable : http://users.belgacom.net/cayce/acide-base.htm

L'auteur le plus anciens de la théorie jusqu'à nouvel ordre est Edgar Cayce.

Les aficionados de la théorie aiment à expliquer que la médecine moderne dispose d'outils impressionnants pour traiter les problèmes et apaiser les douleurs. Elle pallie les déficiences du système immunitaire, elle le force à se calmer quand il pète les plombs... Elle nous opère pour enlever des dépôts artériels ou pour remettre du plastique là où c'est usé... Elle empêche le pourrissement dans le gros intestin par des moyens divers... Mais elle refuse d'aborder la cause fondamentale des problèmes : le fonctionnement du duodénum. Je ne sais trop qu'en penser. Il est évident que tous les problèmes de santé ne proviennent pas du duodénum. Il se pourrait malgré tout que ce soit le cas d'un grand nombre... Comme dit une amie qui elle-même le tient d'un sage : toute personne a des problèmes un peu partout dans le corps mais s'il est en pleine forme l'organisme arrive à gérer tous ces problèmes et on n'en souffre pas. Et si l'organisme va bien, l'esprit surfe sur les problèmes. En particulier, les tenants de la théorie expliquent que toutes les thérapies et prescriptions qu'on vous proposera ont toujours un effet temporaire. Si vous prenez des vitamines, vous vous sentirez mieux pendant quelques semaines. Si vous prenez des antibiotiques, vous ne serez pas malade pendant quelques semaines. En permanence il faut retourner chez le médecin, le pharmacien et la voyante pour consommer des bribes de mieux-être. Il serait pourtant si simple de gérer les problème à la base, dans le duodénum... Les occidentaux ne sont pas capables de voir un problème dans son ensemble. Une amie souffre d'affreuses migraines. J'ai insisté pour lui expliquer le contenu du présent texte. Il est évident qu'une baisse de l'acidité pourrait diminuer l'intensité de ses migraines. Elle a refusé, en m'expliquant que les médecins lui ont dit que son problème se situe au niveau du cortex. Les médecins savent... Ils n'ont jamais trouvé de solution efficace à ses migraines. Mais ils savent... Tandis que moi je ne sais rien... Une autre amie souffrait de brulant à l'estomac. Son médecin lui a prescrit un antiacide ; un médicament qui empêche l'estomac de produire de l'acide. Ce médicament rend de grands services mais il n'est pas fait pour un usage prolongé. En empêchant tous les jours son estomac de devenir acide, cette amie s'expose à de nombreux problèmes : infections, carence en phosphore, baisse de tonus... Des effets secondaires qui la feront revenir chez le médecin... Elle ne se rendra sans doute même pas compte du fait qu'ils sont dûs à la prescription précédente. Ces personnes se font comme un nid dans la maladie.


Un grand merci à Françoise  Westerloppe, Ingénieur-Chercheur au CEA.

Merci à dimitri Gathy, pour ses expérimentations et ses conseils.

Merci aux auteurs de la théorie du duodénum.

Merci au bicarbonate de soude. À toute personne doutant du fait que Christ s'est réincarné dans le bicarbonate de soude je recommande l'achat compulsif de ce livre : The baking soda book. Et merci à l'acide citrique aussi.



Eric Brasseur  -  4 avril 2008  au  4 mai 2008       [ Accueil | eric.brasseur@gmail.com ]