Le duodénum n'est pas un camp retranché romain pacifiste. Le duodénum
est le premier tronçon d'intestin après l'estomac. Je viens d'en
apprendre des belles à son sujet. Certains prétendent qu'un léger
dysfonctionnement à son niveau expliquerait la quasi totalité des
maladies typiques des occidentaux : dépression, irritabilité, problèmes
neurologiques, obésité,
maladies cardio-vasculaires, migraines, intoxication aux métaux,
cancer, ostéoporose, arthrite, rhume chronique, et autres
inflammations. C'est un peu
beaucoup pour un seul organe. Je ne sais pas ce que je dois en penser.
Il y a des contradictions dans les textes des protagonistes de
cette théorie. Mais... le peu de choses qu'un ami et moi avons pu
essayer a
essentiellement confirmé leurs propos. Le présent texte est un mélange
de mes expérimentations approximatives et de théorie mal digérée.
Le principe est simple : l'estomac utilise de l'acide pour désinfecter
les aliments et commencer leur digestion, ensuite ils passent dans le
duodénum. Si le duodénum ne réussit pas à neutraliser l'acidité de
l'estomac, tout le reste de la digestion dans les intestins sera raté
et le corps va se gonfler d'acides. Une mauvaise alimentation et/ou un
mode de vie inhumain empêchent le duodénum de neutraliser les acides...
Le duodénum fait partie de l'intestin grêle mais on pourrait le
qualifier de deuxième estomac. L'estomac utilise des enzymes pour faire
une première découpe "grossière" des protéines. Ces enzymes ont besoin
d'acidité pour agir. Le duodénum utilise également des enzymes, pour
continuer le travail de découpage ébauché par l'estomac. Mais ces
enzymes ont besoin d'un milieu neutre pour travailler, voire légèrement
alcalin (le contraire d'acide).
Dans l'estomac comme dans le duodénum, des nutriments passent dans le
sang. En fait, tout le long du système digestif, dès qu'une molécule a
été découpée en morceaux suffisamment petits et s'ils sont devenus
solubles dans l'eau, ils peuvent passer dans le sang ou dans le système
lymphatique. C'est la raison
pour laquelle l'aspirine agit vite : dès qu'elle arrive dans l'estomac
elle commence à passer dans le sang.
Le gros intestin, qui se trouve à la fin du système digestif, utilise
un système différent : il rend la nourriture légèrement acide et laisse
des bactéries travailler. Ces bactéries vont fabriquer des vitamines et
achever de découper des molécules qui avaient échappé jusque là.
Il faut que la nourriture suive bien toutes les étapes :
Bien mâchée dans la bouche.
Bien acidifiée dans l'estomac.
Bien neutralisée dans le duodénum.
Bien mangée par les bactéries dans le gros intestin.
On peut vivre sans estomac et l'estomac peut fonctionner sans acide.
Cela pose tout de même des problèmes. J'ai essayé de prendre du
bicarbonate de soude après les repas pour empêcher l'estomac de devenir
acide. Après quelque jours je n'allais plus bien du tout. Il est
manifestement utile que l'estomac fasse son travail acide et réalise
une première découpe des protéines. Cela est encore plus vrai pour le
duodénum. S'il ne peut pas achever le découpage des protéines et des
amidons et rendre les graisses solubles, les conséquences sont
multiples :
Le blé et le lait contiennent des protéines qui s'appellent le
gluten et la caséine. L'estomac les découpe en tronçons. On appelle ces
tronçons de protéines des "opioïdes" parce que s'ils arrivent dans le
cerveau ils agissent comme de l'opium. En principe cela n'arrive pas,
parce que le duodénum va achever la découpe de ces opioïdes et les
réduire en acides aminés. Si le duodénum ne réussit pas à découper les
opioïdes... suivant les personnes ils passeront en plus ou moins
grandes quantités dans le sang. Somnolence, distraction,
indifférence... et leurs contraires ensuite : irritabilité,
dépression... Il parait que les opioïdes peuvent même partiellement
détruire le cerveau des enfants.
Si des tronçons entiers de protéines passent dans votre sang,
votre système immunitaire peut les prendre pour des protéines de
bactéries ou de virus. Il va déclencher des réactions immunitaires.
Vous pouvez faire une brève angine parce que vous avez mangé du porc et
que vous l'avez mal digéré.
Si le duodénum transmet de la nourriture acide au reste de
l'intestin grêle, cette acidité va entrer dans le sang. Acide
sulfurique, acide
urique... de belles crasses. L'organisme va se fatiguer à essayer de
les stocker pendant la journée. La nuit, le foie et les reins vont
essayer d'éliminer ce stock de poisons. Pour cela ils vont pomper dans
le stock de métaux alcalins du corps : magnésium, calcium, potassium...
Les métaux alcalins neutralisent les acides, ce qui permet leur
élimination. Ainsi le corps perd ces précieux métaux. Cela a des
conséquences immédiates, chacun a entendu parler de l'importance de ces
métaux. Une conséquence plus cruelle est le fait que si l'organisme
manque de ces métaux, il se met à utiliser et stocker des métaux
toxiques : mercure, arsenic, aluminium... Au fil du temps on peut se
retrouver complètement intoxiqué. Se débarrasser de ces dépôts de
métaux toxiques requiert une procédure complexe.
Dans le gros intestin ne sont sensés arriver que des aliments
qui avaient été impossibles à digérer dans l'estomac et les autres
intestins. C'est sur cela que les bactéries travaillent laborieusement.
Si le duodénum fonctionne mal, de grandes quantités de molécules ne
seront pas absorbées au niveau de l'intestin grêle. Elles arrivent dans
le gros intestin. Il s'ensuit une fermentation bactérienne délirante.
Les aliments vont plus ou moins pourrir dans le gros intestin et
libérer quantités de toxines. Une partie de ces toxines passe dans le
sang, affaiblissent l'organisme et s'y accumulent.
Les conséquences de tout cela se cumulent. Le corps s'encrasse de
métaux toxiques, de toxines et de ses propres déchets. Il peine à
éliminer les acides. Vous devenez lourd, souvent malade, dépressif...
Vous dormez mal... Vous développez des problèmes de santé divers, qui
ne guérissent jamais tout à fait...
Il se crée en vous des poches d'infection permanente. Si vous étiez en
pleine forme, votre système immunitaire attaquerait les maladies et les
nettoierait en quelques jours. Comme vous êtes intoxiqué, le système
immunitaire est affaiblit et n'arrive plus à récurer dans les coins.
Les bactéries et les virus sont eux-mêmes affaiblis par vos poisons et
n'en mènent pas large. Il s'ensuit une molle guerre de tranchée. Vous
n'êtes pas souvent vraiment malade mais jamais vraiment guéri. Votre
système immunitaire crée des inflammations inutiles, ne participe plus
correctement à la reconstruction permanente de votre corps... Quand
vous réussirez à vous nettoyer de tout cet encrassement cela vous
jouera des tours : les poches de bactéries et de virus se réjouiront du
nettoyage et passeront à l'offensive. Il faudra plusieurs jours avant
que le système immunitaire ne réussisse à reprendre le contrôle. Si
vous êtes malade pendant une détoxication, cela peut vouloir dire
qu'elle fonctionne bien... Vous pouvez avoir des éruptions de boutons,
faire tout d'un coup une phase quelconque d'un rhume, vous sentir très
fatigué... Il faut un peu de patience. Une cure de détoxinants naturels
vendus en pharmacie peut être un bon début. Radis noir, bardane,
artichaut...
Que
faire ? À priori, commencez par diagnostiquer. En pharmacie,
herboristerie ou magasin diététique, vous pouvez acheter un test du pH
de l'urine. C'est une boite de petites languettes colorées. Un code de
couleur vous permet de déterminer le pH. Le principe est que si votre
urine est acide cela veut dire que votre duodénum n'avait pas réussi à
neutraliser les acides issus de l'estomac. Un pH idéal se situe autour
de 7, ce qui veut dire neutre. Il vaudrait mieux 7,5 que 6,5.
Personnellement je suis descendu aussi bas que 5, ce qui est
étonnamment acide. Les façons d'interpréter les résultats varient
suivant les auteurs. Certains prétendent qu'un pH acide le matin au
lever est normal. Je constate pour ma part que si je me sens patraque
le matin je suis sûr de mesurer un pH inférieur à 7. Si au cours de la
journée je commence à avoir mal au dents, je sais que si je mesure le
pH à ce moment-là il sera acide...
Comment corriger le pH du duodénum ? Il existe plusieurs méthodes :
La correction brutale. Pour cela je prends un peu de bicarbonate
de soude quelques heures après les repas. Le délai varie entre une
heure et demie et quatre heures. Cela dépend du repas. Souvent j'arrive
à sentir quand l'estomac commence à laisser filtrer de la nourriture
vers le duodénum et si cette nourriture est trop acide. J'essaye de
n'utiliser cette méthode qu'en cas de nécessité. Je préfère la méthode
suivante.
Adapter la nourriture. Certains aliments augmentent l'acidité et
défavorisent le duodénum : blé, riz, viandes, graisses, café, alcool,
sucre... Si vous faites un repas de pommes de terres, carottes,
tubercules, racines, légumes et
noix, vous êtes sûr qu'il n'y aura pas de problèmes, même si vous
ajoutez un peu de viande. Les lentilles et les haricots semblent bien
acceptés, de préférence bien cuits. Une proposition souvent rencontrée
est que
nos ancêtres du paléolithique mangeaient peu d'aliments acidifiants.
Cuire longuement les repas. Laisser mijoter plusieurs heures,
comme faisaient nos ancêtres proches... Cela brise les protéines, mâche
le travail de l'estomac et donc réduit son besoin d'utiliser de l'acide.
Bien mâcher.
Ne pas boire avec le repas. J'attends que l'estomac ait fini de
se vider dans le duodénum pour boire de l'eau. Quand il fait chaud, ne
pas boire avec le repas peut poser un problème. Alors je bois de l'eau
une demi heure à une heure avant le repas. J'ai pris l'habitude de
boire l'eau de cuisson de mes légumes plusieurs heures après le repas,
souvent avant d'aller dormir. Ne pas boire avec les repas peut causer
des problèmes
intestinaux. Consultez votre médecin. Vérifier que l'estomac était bien
vide est facile : une partie de l'eau ressort presque tout de suite.
Attendre que la digestion précédente soit terminée avant de faire
le repas suivant. La nourriture doit avoir quitté l'estomac. Je ne sais
pas où elle se trouve exactement, je sais juste que le moment où je
sens clairement le besoin et la possibilité saine de faire le repas
suivant vient en général de 7 à 9 heures après le repas précédent. Il
s'agit ici de repas normaux, sains et équilibrés. Si j'ai fait un
"repas monstrueux à l'occidentale", un délai de 12 heures peut ne pas
être de trop. Un ami était assez content de faire des repas fréquents,
toutes les quelques heures, mais de
faibles quantités de nourriture et constitués de choses faciles à
digérer. Des légumes et un peu de viande, par exemple, qui ont bouillis
très longtemps. Ces repas peuvent être bien chargés en eau, donc être
des soupes, bouillons, potages... Cela s'approche du jeune, où on
consomme de délicieuses soupes de "feuilles bouillies" au fil de la
journée. J'aime bien faire un repas sérieux le matin. Sachant que je
mangerai le repas de midi vers 13h, je veille donc à prendre mon petit
déjeuner vers 6 heures du matin. Si je déjeune vers 9h, je me conterai
par exemple d'un peu de purée de pomme de terre parfumée aux légumes.
Prendre le temps de se reposer après le repas. Si on est stressé,
l'estomac va utiliser plus d'acide, pour accélérer la
digestion. Des études ont montré que des enfants qui ont grandit dans
un environnement précaire, sans cesse soumis au stress, ont des
déficiences neurologiques et une plus grande fragilité au stress. La
théorie du duodénum pourrait contribuer à expliquer ce fait...
Manger varié. Le corps a besoin d'une grande variété de minéraux,
vitamines, huiles essentielles... pour fonctionner de façon optimale.
De plus, les mêmes ingrédients assemblés et préparés différemment
permettent d'absorber des éléments nutritifs différents. On peut rester
en vie relativement longtemps en mangeant tous les jours la même chose,
mais...
Prendre de l'acide citrique pendant le repas. De l'ordre de un à
trois centimètres cube. Il ne faut pas en mettre directement sur la
langue parce que cela pique très fort. L'idéal est de mettre la poudre
d'acide citrique dans un verre, ajouter un peu de jus de fruit,
secouer/tourner et avaler bien vite. Ensuite remettre un peu de jus
dans le verre et recommencer la manoeuvre jusqu'à ce que les cristaux
d'acide citrique soient tous bus. L'acide citrique est un acide
organique, utile à l'organisme et facile à éliminer. Il est une
nourriture et un stimulant pour le foie.
Comment se débarrasser des acides ?
Faire du sport.
Boire beaucoup d'eau. Un ami ajoute de la vitamine C à l'eau
qu'il boit au fil de la journée. Il consomme ainsi entre 500
milligrammes et 1 gramme de vitamine par jour. Cela lui permet d'être
en meilleure forme le soir.
Il existerait des "citrates alcalins" et
des compléments alimentaires qui corrigent l'acidité. Il semble qu'il
ne faut pas les prendre n'importe comment. Il faut faire régulièrement
des test du pH pour ajuster les doses.
Ne pas faire un repas lourd peu de temps avant d'aller dormir.
Je crois avoir lu que certains additifs alimentaires se transforment en
acides redoutables pendant la digestion. Je ne sais pas s'ils
augmentent l'acidité du duodénum ou s'ils engendrent des acides plus
tard, dans d'autres organes. Je crains que beaucoup d'aliments pour
animaux sont concentrés en de tels additifs.
Un ami boit et mange un quart de citron une demi heure avant les repas.
Il mange toute la pulpe du citron et une partie de la pulpe de
l'intérieur de la peau du citron.
Les bénéfices ? Il y en a une belle liste ci-dessus. Je n'ai évidemment
pas pu vérifier si une bonne gestion du duodénum m'évitait de
développer un cancer mais, en gros, tout
ce qui était immédiatement vérifiable a souvent été vérifié. Certains
faits en particulier m'ont étonné :
Si je prenais du café plusieurs jours de suite je finissais
"liquéfié". Je ne me portais plus très bien. J'attribuais cela aux
toxines présentes dans le café, dues à la torréfaction. Je supposais
qu'elles perturbaient les intestins. C'était assez frustrant. C'est
bien agréable une bonne tasse de café... et plus si affinités. Je
vivais presque comme un alcoolique, buvant du café pendant quelques
jours puis forcé d'arrêter. Je recommençais quelques jours après,
savourant la première tasse mais pas les suivantes... Depuis, chaque
tasse est comme la première...
Avant, si je prenais un petit déjeuner le matin, ma journée était
foutue. Je m'effondrais à moitié juste après le petit déjeuner. Depuis
que je veille à avoir un pH neutre le matin... je peux avaler un demi
polonais et partir à l'attaque.
Les résultats visibles de la digestion semblent tout droit sortis
d'un compte de fées freudien. Assez impressionnante est la réduction de
leur volume. Avant, il sortait presque autant qu'il entrait. Depuis, je
vois que mon corps a vraiment digéré et assimilé la quasi totalité de
la nourriture.
Si je mangeais de l'amidon et de la viande, par exemple du riz et
beaucoup de viande, j'étais presque sûr d'avoir un mal de gorge
quelques heures après, comme une courte angine. Depuis que je prends de
l'acide citrique avec ce type de repas ou un
peu de bicarbonate quelques heures après la fin du repas...
Je n'ai
plus le moindre problème.
Le blé et lait, surtout le blé, agissaient sur moi comme de la
morphine. Je m'effondrais, incapable de travailler. Depuis que je
surveille mon duodénum, le problème n'a pas entièrement disparu mais la
différence est remarquable. Je préfère malgré tout me passer de ces
aliments, je vis sensiblement mieux sans eux.
Je peux à présent suivre les conseils diététiques standards. Bien
manger le matin, faire des repas équilibrés en glucides, protéines et
lipides... Avant, quand j'entendais ces conseils j'en avais froid dans
le dos. Les suivre aurait amené de nombreux problèmes de santé. Je
voyais bien que de nombreuses personnes autour de moi étaient plus ou
moins malades parce qu'elles les suivaient. Et plus elles étaient
malades, mieux elles les suivaient... Plus l'eau est froide, mieux le
mouton saute dedans...
Comme des amis, je n'avais un sommeil satisfaisant, réparateur,
qu'en fin de nuit ou en me rendormant. Depuis que j'élimine mon stock
d'acides dès le début de la nuit, je me lève souvent comme une fleur le
matin...
Je ne pouvais pas manger de grandes quantités de fruits crus ou
de légumes en crudités. Cela "explosait" la digestion dans mes
intestins. À présent je peux en faire tout un repas sans le moindre
problème. Faire un tel repas une fois par jour serait d'ailleurs
recommandé par la théorie.
J'ai aussi essayé de faire le contraire de ce qui est conseillé, juste
pour voir ; rendre mon duodénum bien acide. Je me
suis retrouvé avec un fort mal de tête. Je n'ai pourtant presque jamais
mal à la tête et si cela arrive la douleur est très faible. Ce mal de
tête a duré plusieurs heures et prendre un peu de bicarbonate n'a rien
changé. J'ai fini par prendre du paracétamol et il est passé.
Il semble y avoir un lien entre alcoolisme et acidité. J'en ai fait
l'expérimentation : l'alcool contribue à rendre l'estomac acide. Une
connaissance alcoolique m'a parlé d'une horrible acidité dans l'estomac
quand elle boit. Elle n'en souffre pas, c'est plus spectaculaire que
dérangeant... mais quand j'écoute la liste de ses autres problèmes de
santé... cela correspond très bien aux symptômes prétendus d'une
intoxication permanente aux acides. Une bonne part des dégâts causés
par l'alcoolisme ne seraient pas directement causés par l'alcool mais
par les acides qu'il engendre. Je suppose que le mauvais état général
de l'organisme qui en résulte, contribue à maintenir la personne dans
l'alcoolisme, par dépression. Un des phénomènes impliqués est la
consommation par le foie de ses réserves de vitamine B1. La vitamine B1
est un peu le carburant qui permet au foie d'éliminer les toxiques.
Quand le foie a consommé toutes ses réserves de vitamine B1 pour
décomposer l'alcool, il n'est plus capable de traiter les toxiques. Ils
s'accumulent alors dans l'organisme et le détruisent lentement. Il est
nécessaire pour un alcoolique de prendre des suppléments de vitamine
B1. Des comprimés sont en vente libre en pharmacie, à un prix
dérisoire. Les sulfites, qui sont ajoutés à certains alcools, obligent
également le foie à consommer de la vitamine B1. Des dépuratifs du
foie, comme le radis noir, sont très utiles pour diminuer les dégâts,
de même que de boire de l'eau. Mieux vous permettez à votre organisme
de survivre à l'alcool, moins vous aurez la gueule de bois le lendemain.
Un effet "faussement regrettable" est que je ne digère plus les grandes
quantités de graisses et de viandes. Avant, je pouvais manger des
tranches de lard frites et terminer par une plaque de chocolat. J'ai
même une
fois clôturé en buvant de l'huile d'olive à la bouteille pour
impressionner un ami. Depuis que je soigne mon duodénum et mes
digestions, je vomis presque automatiquement ce genre de repas, même
quelque chose d'honnête comme du riz et une solide quantité de viande
bien cuite. Je crois qu'avant, tout ce que je mangeais traversait mes
intestins comme si c'était un collecteur d'égouts, en pourrissant et
sans vraiment que les graisses et les protéines soient absorbées. Peu
de choses étaient absorbées, en fait. C'est la raison pour laquelle
j'avais besoin de forts suppléments de vitamines. À présent que je
digère tout soigneusement, les grandes quantités de graisses et de
protéines sont rejetées dès le début de la digestion. Quand j'étais
enfant je vomissais assez souvent. Je suppose que j'ai arrêté de vomir
quand mon système digestif a baissé les bras et s'est transformé en
égout. Il vient de reprendre ses droits. Il n'est plus un égout mais un
rutilant réacteur biochimique.
En toute généralité je fais deux types de repas : des repas "tout
acidifiant", auxquels j'ajoute de l'acide citrique, et des repas
"presque tout alcalinisant", auxquels j'ajoute éventuellement une très
petite quantité de choses acidifiantes comme un peu de viande.
Curieusement, avec ce deuxième type de repas il vaut mieux ne pas
prendre d'acide citrique ni de bicarbonate de soude... Il peut arriver
que j'aie une impression d'acide à l'estomac quelques heures après mais
il ne faut pas prendre de bicarbonate de soude. Si cette acidité est
vraiment exagérée je prendrai tout de même un ou deux centimètres cube
de bicarbonate... Cela n'est arrivé qu'une seule fois...
Qu'en est-il des paradoxes ? Ceux-ci en particulier me posent problème :
Des aliments conseillés par certains sont déconseillés par
d'autres. Le lait, par exemple.
Certains prétendent qu'il faut mesurer le pH de l'urine du matin,
d'autres qu'il faut mesurer le pH avant les repas.
Comment des citrates alcalins pourraient-ils neutraliser le pH du
duodénum ?
Le serpent se mord-il la queue et à quel endroit se trouve le
noeud ? Est-ce que c'est la présence d'acides dans le corps qui empêche
le duodénum de neutraliser l'acide de l'estomac ? Est-ce l'acidité du
duodénum qui cause l'accumulation d'acides dans le corps ?
Une explication de ces paradoxes pourrait être que certains se
focalisent sur l'acidité du duodénum tandis que d'autres se focalisent
sur l'élimination des acides qui ont été accumulés par l'organisme.
D'un point de vue théorique, il me semble que garantir la
neutralisation du duodénum est plus important que faciliter
l'élimination des acides. L'accumulation des acides ne serait qu'une
des
conséquences néfastes de l'acidité du duodénum. Il
faudrait aussi distinguer les acides faciles à éliminer, comme ceux des
fruits, et ceux difficiles à éliminer, comme ceux issus de la digestion
des viandes et les acides minéraux. Un constat pourrait aider : au
début il m'a fallu de
grandes quantités de bicarbonate pour neutraliser mes digestions.
C'était impressionnant d'avaler plusieurs mesurettes de bicarbonate et
de laisser sortir des litres de gaz de l'estomac, produits par la
réaction de neutralisation. C'était tellement fort que je pouvais un
peu gouter le contenu de mon estomac et constater la baisse de
l'acidité au fil des mesurettes. Après deux semaines environ, les
quantités nécessaires ont diminué. Je n'ai à présent plus besoin de
bicarbonate si je fais un repas constitué en grande majorité d'aliments
ne causant pas d'acidité.
Un mode d'emploi pour le bicarbonate de soude ? Pour le moment je
procède ainsi :
Je fais un test du pH de l'urine presque à chaque fois. Cela me
permet de voir quelle influence semblent avoir les repas précédent et
au besoin m'informe sur la nécessité de corriger. Les bandes de test du
pH étant un peu chères je les coupe en quatre dans le sens de la
longueur et je les réutilise après séchage, pour des tests moins
importants.
Je sais que mon repas restera entre une heure et demie et trois
heures dans mon estomac. Maximum quatre heures. Cela dépend de la
taille et de la nature du repas, ainsi que de mon état. Je laisse la
nourriture bien macérer dans l'acide de l'estomac pendant ce temps.
Quand le délai est approximativement écoulé ou si j'ai l'impression
que l'estomac commence à se vider dans le duodénum, je commence à
prendre du bicarbonate de sodium, par dosettes de 1,33 CC. Si
j'ai fait un repas sans boire, j'avale le bicarbonate à sec également,
après l'avoir un peu mâché. Cela se passe très bien...
Le bicarbonate réagit avec l'acide de l'estomac et produit du gaz
carbonique. Il est assez amusant de faire des renvois quelques minutes
après. Si je ne fais pas de renvoi, il y a un risque sérieux que j'ai
pris une mesurette de trop et que j'ai rendu le contenu de mon estomac
alcalin. Alors je bois le jus d'un citron. Cela neutralise le
bicarbonate. Si j'avais effectivement pris trop de bicarbonate, je
ferai des renvois juste après avoir bu le citron.
Si j'ai fait un repas riche en acidifiants (blé, viandes,
café, alcool...), je tendrai à prendre beaucoup de bicarbonate de
soude. Sinon,
j'en prendrai peu ou pas du tout.
Après un repas je m'assoupis un peu. Je ne fais pas forcément une
sieste mais je suis clairement ralenti. Après une heure et demie ou un
peu plus, je me "réveille" en peu de temps. Je fais également
facilement quelques petits rots. C'est peut-être le moment où l'estomac
commence à se déverser dans le duodénum. Peut-être les rots sont-ils
dûs au bicarbonate produit par le pancréas... Je remarque que cela me
réussit assez bien de prendre le bicarbonate à ce moment-là.
En fin de soirée il y a souvent un moment où l'urine devient
inexorablement un peu plus acide. Si j'ai bien pris mon bicarbonate
pendant la journée, en quantités et au moments adéquats, cet épisode
acide sera de courte durée. Il n'y aura pas d'acidité au cours de la
nuit ni au lever.
Trop compliqué ? La recommandation que j'ai lue dans un des textes en
ligne est peut-être la bonne : prenez simplement une petite dose de
bicarbonate de soude deux heures après chaque repas important. Dans mon
cas, 2 centimètres cube de bicarbonate font l'affaire. Suivant les
personnes, la moitié ou le quart de cela pourrait suffire. Une si
petite
dose ne peut en principe pas vous causer grand mal et il semble que
cela soit suffisant pour obtenir un effet positif à la longue. Vérifiez
avec un test de pH. Demandez l'avis de votre médecin. Personnellement,
il est manifeste que je dois attendre seulement une heure et demie
après la fin du repas. Si j'attends deux heures, il arrive souvent que
j'aie un début de rhume ou un grattement d'angine dans la gorge, ce qui
signifie que des tronçons mal digérés de protéines sont passés dans le
sang. Il arrive aussi fréquemment que j'éprouve le besoin d'une
dernière petite dose de bicarbonate quelques heures après la fin du
repas.
Dangers ?
En principe le pancréas et le foie sont capables d'équilibrer
l'acidité de l'estomac pour permettre au contenu du duodénum de devenir
neutre
voire alcalin. En faisant ce travail partiellement à leur place, on
risque d'induire un déséquilibre. De plus, une des molécules que le
pancréas fabrique est justement du bicarbonate de soude. Cela fait
partie d'une chaine complexe de processus chimiques et hormonaux. Que
se passe-t-il si on introduit un apport externe de bicarbonate dans ce
système ? Pour le moment cela se passe très bien. Je ne sais pas quels
pourraient être les problème à plus long terme... Pour cette raison
également, je préfère faire des repas qui engendrent peu d'acidité.
Ainsi je n'ai pas besoin de prendre du bicarbonate.
Le bicarbonate de soude réagit avec l'acide chlorhydrique de
l'estomac pour former du sel de cuisine. Manger un peu de sel n'est pas
dangereux en soi mais ici il y a une différence de taille : du sodium
est amené de l'extérieur pour réagir avec du chlore de l'organisme.
Cela peut-il causer un manque de chlore ? Cela peut-il poser un
problème ?
On dit que l'alimentation occidentale contient trop de sodium.
Prendre du bicarbonate de sodium en ajoute... C'est peut-être une des
raisons pour lesquelles certains fabricants de citrates alcalins se
vantent d'utiliser un panaché de métaux alcalins, pas seulement du
sodium.
En principe, prendre soin de son duodénum aide à combattre
l'obésité. Pour l'instant je constate le contraire : je prends du
poids. Une hypothèse pour expliquer cela est que comme mes digestions
se passent enfin correctement... mon organisme absorbe plus de
nutriments. Il faut donc manger moins. Je suppose que cela va se faire
de façon naturelle, que je vais manger de moins en moins et me
stabiliser à une certaine quantité de nourriture. Alors je maigrirai.
Un fait matériel est qu'avec une bonne digestion d'un gros repas je
peux facilement attendre 12 heures pour le repas suivant. Par contre si
j'ai raté mon coup, j'ai faim déjà quelques heures après, malgré le
fait que j'ai mangé beaucoup. Si cela se vérifie et si réellement ce
problème de duodénum est propre aux occidentaux, cela pourrait
fortement diminuer la consommation chez les occidentaux. L'effet pour
la planète et les autres populations pourrait être un immense
soulagement.
À présent je préfère l'acide citrique au bicarbonate de soude. Son
usage est plus simple et plus sûr. Si je fais un repas acidifiant (blé,
riz, grandes quantités de viande...) j'ajoute deux à trois centimètres
cube d'acide citrique en poudre.
Des références ? Je n'ai pas osé en donner au début. Les textes que
j'ai lus
en ligne contenaient tous des énormités. Il semble aussi y avoir un
commerce très lucratif... La gestion de l'acidité du corps fait
toujours partie des médecines alternatives. Pourtant je crois qu'il y a
largement de quoi l'intégrer au corpus scientifique. Avec les outils
scientifiques actuels il y a relativement peu de travail à faire pour
trier le vrai du faux en la matière. Les bénéfices pour la santé me
semblent devoir être considérables.
L'auteur le plus anciens de la théorie jusqu'à nouvel ordre est Edgar Cayce.
Les
aficionados de la théorie aiment à expliquer que la médecine
moderne
dispose d'outils impressionnants pour traiter les problèmes et apaiser
les douleurs. Elle pallie les déficiences du système immunitaire, elle
le force à se calmer quand il pète les plombs... Elle nous opère pour
enlever des dépôts artériels ou pour remettre du plastique là où c'est
usé... Elle empêche le pourrissement dans le gros intestin par des
moyens divers... Mais elle refuse d'aborder la cause fondamentale des
problèmes : le fonctionnement du duodénum. Je ne sais trop qu'en
penser.
Il est évident que tous les problèmes de santé ne proviennent pas du
duodénum. Il se pourrait malgré tout que ce soit le cas d'un grand
nombre... Comme dit une amie qui elle-même le tient d'un sage : toute
personne a des problèmes un peu partout dans le corps mais s'il est
en pleine forme l'organisme arrive à gérer tous ces problèmes et on
n'en souffre pas. Et si l'organisme va bien, l'esprit surfe sur les
problèmes. En particulier, les tenants de la théorie expliquent
que toutes les thérapies et prescriptions qu'on vous proposera ont
toujours un effet temporaire. Si vous prenez des vitamines, vous vous
sentirez mieux pendant quelques semaines. Si vous prenez des
antibiotiques, vous ne serez pas malade pendant quelques semaines. En
permanence il faut retourner chez le médecin, le pharmacien et la
voyante pour consommer des bribes de mieux-être. Il serait pourtant si
simple de gérer les problème à la base, dans le duodénum... Les
occidentaux ne sont pas capables de voir un problème dans
son ensemble. Une amie souffre d'affreuses migraines. J'ai insisté pour
lui expliquer le contenu du présent texte. Il est évident qu'une baisse
de
l'acidité pourrait diminuer l'intensité de ses migraines. Elle a
refusé, en m'expliquant que les médecins lui ont dit que son problème
se situe au niveau du cortex. Les médecins savent... Ils n'ont
jamais trouvé de solution efficace à ses migraines. Mais ils savent...
Tandis que moi je ne sais rien... Une autre
amie souffrait de brulant à l'estomac. Son médecin lui a prescrit un
antiacide ; un médicament qui empêche l'estomac de produire de l'acide.
Ce
médicament rend de grands services mais il n'est pas fait pour un usage
prolongé. En empêchant tous les jours son estomac de devenir acide,
cette amie s'expose à de nombreux problèmes : infections, carence en
phosphore, baisse de tonus... Des effets secondaires qui la feront
revenir chez le médecin... Elle ne se rendra sans doute même pas compte
du fait qu'ils sont dûs à la prescription précédente. Ces
personnes se font comme un nid dans la maladie.
Un grand merci à Françoise Westerloppe, Ingénieur-Chercheur au
CEA.
Merci à dimitri Gathy, pour ses expérimentations et ses conseils.
Merci aux auteurs de la théorie du duodénum.
Merci au bicarbonate de soude. À toute personne doutant du fait que
Christ s'est réincarné dans le bicarbonate de soude je recommande
l'achat compulsif de ce livre : The baking soda book. Et
merci à l'acide citrique aussi.