Comment détruire les enfants
La méthode belge
Fumer pendant la grossesse
Une femme enceinte qui fume est un spectacle courant en Belgique. La
nicotine empêche le développement normal du foetus et en particulier
de son cerveau. L'enfant aura des problèmes de santé et des
problèmes scolaires. J'ai été particulièrement ému par l'esthétique
des raisonnements de deux futures mères pour m'expliquer qu'elles ne
comptaient pas fumer pendant leurs grossesses mais que fumer des
joints de cannabis, ça elles pouvaient se le permettre.
Boire pendant la grossesse
Boire est une valeur sûre. Le développement du cerveau du foetus est
un processus très complexe. Il implique la migration de cellules.
Par exemple, un type de cellules qui apparaissent à l'arrière du
crâne, va devenir une partie du cerveau à l'avant du crâne. Donc ces
cellules doivent se déplacer pour prendre leur place à l'avant du
cerveau. Elles sont guidées dans leur déplacement par des marqueurs
chimiques, un peu comme les fourmis. L'alcool perturbe ce processus
et les cellules ivres vont se déplacer dans n'importe quelle
direction.
Exposer aux toxiques
Métaux toxiques, PCB, dioxines, additifs alimentaires, toxines de
digestion... La nutrition de la mère expose le foetus à une quantité
plus ou moins dommageable de poisons. Les PCB et dioxines sont
redoutables : ces molécules n'ont pas du tout la même forme que des
hormones mais elles agissent sur les cellules du corps du foetus
comme des hormones. Ce serait la raison du plus en plus grand nombre
d'enfants atteints de malformation des organes sexuels, de
stérilité... Une quantité infime de PCB et dioxines suffit, parce
que ces molécules ne sont pas dégradées par le corps humain. Leur
action continue très longtemps.
Refuser de donner le sein
Le radicalisme est une valeur sûre. Certaines mères refusent de
donner autre chose que le sein, quitte à causer des problèmes de
dénutrition à leur enfant. On a beau leur expliquer que dans les
tribus sauvages les mères donnent le sein à plusieurs enfants à la
foi pour équilibrer la distribution de lait... D'autres mères
refusent catégoriquement de donner le sein et ne nourrissent leur
enfant qu'au biberon. L'industrie pharmaceutique a réussi à rendre
le lait artificiel le plus proche possible du lait maternel mais il
ne contient pas les anticorps du lait maternel. Ces enfants vont
donc développer des problèmes immunitaires plus ou moins graves, en
général des allergies et de l'asthme.
Ne pas toucher l'enfant
Cette méthode a été abandonnée. Jadis, dans les orphelinats, les
bébés étaient parqués dans des berceaux de fortunes. On ne
s'occupait d'eux que pour les changer et les nourrir. La mortalité
était très élevée. Jusqu'à ce qu'on comprenne que les bébés, étant
des animaux mammifères, ont besoin d'être câlinés régulièrement.
L'huile d'arachide
Les arachides contiennent une substance allergisante. En utilisant
de l'huile d'arachide sur la peau des bébés, on obtient que leur
système immunitaire développe plus tard une allergie foudroyante aux
arachides. Une jeune fille est morte pour avoir embrassé son
amoureux qui venait de manger des cacahuètes.
Sur-nourrir le nourrisson
Donner autant de biberons et de panades au bébé qu'il peut en avaler
le fait gonfler comme une baudruche. Sa prise de poids rapide vous
attire les félicitations de votre entourage et le bébé est plus
calme. Cela dérègle définitivement sont système endocrinien et le
condamne à l'obésité.
Plombages dentaires
Les plombages traditionnels sont constitués d'un mélange d'argent et
de mercure. Le plombage libère du mercure en continu. La majorité
des personnes, si elles n'ont que quelques plombages, éliminent ce
mercure. Si le mercure s'accumule, il bloque un peu toutes les
fonctions de l'organisme, y compris le cerveau. Il favorise la
rétention des autres métaux toxiques et il est très difficile à
éliminer. Que penser de parents qui font plomber toutes les dents de
leur enfant "à titre préventif" ? Un must... Mais il lui interdisent
de porter un peircing...
Engorger le foie
La peau grisâtre, répandant une légère odeur fétide, les adolescents
ont le foie embourbé de toxines et de métaux toxiques. Cela limite
les performances de leurs cerveau et les rend prompts à la maladie.
(Un test pour savoir si vous avez le foie engorgé consiste à acheter
des ampoules de jus de radis noir en pharmacie. Vous en buvez
quelques unes et vous buvez de l'eau. Si quelques heures après vous
faites quelque chose qui a la couleur et l'odeur d'une marée noire,
vous avez compris...)
Transformer le tube digestif en égout
Les enfants naissent avec des instincts alimentaires. Par exemple,
les enfants refusent tout ce qui est amer. On suppose que cela dû au
fait que dans la nature, la plupart des poisons sont amers. Si un
enfant porte une plante à sa bouche et qu'elle a un goût amer, il
vaut mieux qu'il soit génétiquement programmé pour la recracher.
Quand il s'agit de légumes amers cuisinés par ses parents, ce rejet
est bien sûr inutile. Mais l'enfant est ainsi fait et il est déplacé
de le brimer pour cela. Il faut attendre que son rejet de l'amertume
s'estompe naturellement, avec l'âge. D'autres instincts alimentaires
sont plus délicats à comprendre. Ils diffèrent d'un enfant à
l'autre, parce que leurs physiologies sont différentes. Il faut donc
entretenir un dialogue avec l'enfant, pour le mener à essayer de
nouveaux aliments, l'adapter aux habitudes de ses convives de table,
tout en respectant sa physiologie. Pour transformer l'enfant en un
tube digestif qui absorbe tout ce qu'on lui donne sans broncher et
produit des toxines délétères par fermentation, il suffit de faire
le contraire... Une voie royale consiste à lui imposer un même
aliment, presque tous les jours. Du poisson, par exemple. Le poisson
a excellente réputation, il est donc aisé de l'imposer. Le poisson
est également très riche en mercure ! L'abus nuisant en toutes
choses, l'enfant finira par concevoir un dégoût profond, du poisson
en particulier et de la nutrition en général. La palme revient aux
opioïdes : une alimentation grasse et sucrée, riche en graminées et
en produits lactés, mais pauvre en légumes, fera produire dans les
intestins des molécules qui agissent sur le cerveau comme de
l'opium. Cela rend l'enfant amorphe et irritable, mais surtout : les
opioïdes, par leur effet addictif, vont déstabiliser l'instinct de
l'enfant. Il finira rapidement par croire que les friandises
diverses et les fast food, riches en précurseurs d'opioïdes, sont la
bonne alimentation. Cette nourriture ronge le foie et entraîne la
formation d'acides. Elle détruira rapidement la santé et le mental
de l'enfant, par des voies diverses.
Transformer le cerveau en égout
Les procédés sont expliqués plus loin dans ce texte.
Télévision
Des études ont montré que les personnes qui regardent beaucoup la
télévision perdent leur mémoire et leurs capacités de concentration.
Ces facultés reviennent avec l'arrêt de la consommation de
télévision. Chez les jeunes enfants, les dégâts neurologiques sont
irréversibles. La télévision est également très efficace pour
empêcher la communication familiale lors des repas.
Tubes néon
Certains modèles de supports de tubes fluorescents émettent des
parasites radio qui fatiguent le cerveau et diminuent sa capacité de
concentration. Il se pourrait même que cela cause des dégâts
irréversibles sur le cerveau en croissance des enfants. On tapisse
les plafonds des salles de classe de ces lampes.
Harcellement
Il s'agit de variantes du harcellement pratiqué dans les entreprises
; une sorte de sur-éducation, où on crie sur l'enfant tout le temps
comme quand il fait une gaffe. Cela empêche l'enfant de se
construire, comme dans les sectes on empêche les adeptes de dormir.
L'enfant finit par s'éteindre. Avec un enfant plus âgé, on peut par
exemple lui répéter cinq fois par jour que l'école c'est important.
En principe, dire cela à un enfant est irréprochable. Le but premier
de ce type de harcellement est de paraître irréprochable. Cela
fonctionne sur la quantité et sur la durée. L'enfant en devient fou
et puis lentement passe à l'avachissement nerveux, au renoncement.
Un pharmacien m'a raconté la joie des parents qui réussissent à
faire prescrire un neuroleptique à leur enfant.
Pas de câlins
Un enfant est une sorte de psychopathe narcissique complètement
acculturé. Il doit donc être gardé sous surveillance dans une sorte
de prison. La grande différence entre un vrai psychopathe et un
enfant, est qu'un enfant se dé-psychopathise à toute vitesse. Il ne
faut lui dire les choses qu'une fois ou deux. Souvent, il observe et
découvre les bonnes manières par lui-même. Le travail
d'éducateurs-gardiens de prison des parents s'accompagne à priori de
beaucoup de frustrations pour les deux parties. Il n'en est rien,
grâce aux câlins. Les câlins consistent à s'asseoir à côté de
l'enfant pour lui lire un livre, à le prendre dans ses bras, lui
poser des questions et lui expliquer des choses longuement en lui
tenant la main... Les câlins ont ceci de terrifiant qu'ils obligent
les parents à comprendre leurs enfants, à ressentir leurs émotions
et leurs besoins. On arrête donc les câlins dès que l'enfant est
suffisamment âgé pour que cela n'entraîne pas son décès immédiat. Il
restera ainsi au stade psychopathe et pourra être vendu comme homme
demain aux multinationales.
La pédophilie légale
Un genre commun de pédophiles sont des personnes très immatures,
mentalement bloquées au début de l'adolescence. Elles veulent jouer
avec les autres enfants, tout en ayant des instincts et des
réactions sexuelles d'adulte. En particulier, elles ont la force
physique et les capacités de manipulation d'un adulte. Elles ne
comprennent pas que la façon de jouer entre adultes est
effroyablement destructrice si elle est imposée à des enfants. Plus
que pour la satisfaction sexuelle, toucher l'enfant est nécessaire
pour le dominer mentalement. Depuis peu, quand les autorités
réussissent à comprendre qu'une telle personne s'attaque à des
enfants, elles interviennent pour stopper le processus. Par contre
si des parents imposent leurs délires immatures à leurs enfants mais
qu'il n'y a pas attouchement, on les laissera faire.
Confusion des pulsions et des sentiments
L'humain est plastique et omnipotent. Il a toutes les pulsions, tous
les sentiments et tous les comportements que l'on peut retrouver
séparément chez les autres espèces animales. Il faut beaucoup
d'éducation pour qu'un humain apprenne à faire le tri en lui et
apprenne à construire des choses élégantes. Une valeur sûre pour
nuire aux enfants consiste à entretenir la confusion entre les
pulsions. Si un adolescent est attiré physiquement par une personne,
il faut qu'il croie qu'il l'aime. S'il tombe amoureux d'une
personne, il faut qu'il croie que c'est une action intensionnelle de
cette personne sur lui.
Destruction par le stress
L'enfant doit vivre dans la menace. Le monde extérieur est
méchant... Il doit marcher droit sinon... Cela empêche les neurones
de se développer normalement. Le stress devient acquis. Les enfants
qui ont subi cela deviennent des adultes perpétuellement angoissés
et incapables de gérer leurs émotions. La démarche opposée
fonctionne aussi : les enfants maintenus dans un cocon rose de
pseudo-gentillesse deviennent également des adultes incapables de
maîtriser la réalité. L'essentiel est de veiller à ce que l'enfant
n'apprenne pas à comprendre son environnement. Il ne faut pas qu'il
apprenne à dialoguer, comprendre, négocier... La peur et la violence
doivent être sa seule réalité. On applique ces méthodes aux chiens
tueurs.
Bloquer l'âge mental
Un toxicomane a un âge mental de 4 ans. Un escroc a un âge mental de
7 ans. Un dictateur a un âge mental de 12 ans. Un adulte a un âge
mental de 80 ans. Réciproquement, on pourrait dire qu'un enfant
passe par une série d'étapes au fil de sa croissance. À 4 ans, il
est à la recherche de son bien-être immédiat et considère que
l'univers gravite autour de lui. À 7 ans, il a compris qu'il doit
négocier pour obtenir ce qu'il veut et il l'obtient par la
manipulation et le mensonge. À 12 ans, il a des projets qui
concernent autrui et il les impose par la séduction et par la force.
Au delà, il apprend graduellement à considérer les autres comme
aussi important que lui et faisant partie de lui. Il apprend à les
connaître et à se connaître. Pour fabriquer un bon toxicomane,
escroc ou dictateur, la meilleure solution consiste à imposer un
traumatisme à l'enfant qui le bloque à cet âge. Un moyen moins sûr
consiste à empêcher l'enfant d'avoir accès à ce qui lui permet
d'avancer en âge mental. La toxicomanie est souvent obtenue par une
régression : on désocialise l'enfant, on le prive de toute
reconnaissance et d'affectivité. Il s'effondrera alors graduellement
jusqu'à revenir au mode de fonctionnement d'un petit enfant :
l'oralité, les satisfactions et les besoins immédiats...
L'enfant est génial
C'est une valeur sûre : vous affirmez que l'enfant est une sorte de
plante magique qui va spontanément grandir majestueusement dans le
paysage urbain. Il n'y a qu'à le laisser faire... Il faut juste
l'arroser tous les jours et lui donner de l'engrais. Il ne faut pas
lui parler, ne pas le conseiller... Il est inutile de jouer avec
lui, de s'intéresser à ce qu'il fait, de le conseiller dans les
moments d'angoisse... "Tu es génial !"
Stupide
Certains de mes amis ont un parcours professionnel prestigieux. Ils
sont engagés par des universités étrangères renommées, travaillent
sur des sujets d'avant-garde, fournissent des institutions
internationales... Quand je les ai rencontrés, alors qu'ils
sortaient comme moi de leurs études secondaires, ils étaient
pourtant convaincus d'être stupides. C'est une schizophrénie assez
curieuse à observer. Leurs professeurs les avaient patiemment
convaincus qu'ils sont bêtes. Si vous ne faites pas comme le
professeur, c'est que vous êtes bête...
Pas d'habileté
L'acquisition de l'habileté manuelle ou mentale est un processus
très long, qui passe par de nombreux stades. Chaque stade implique
des dizaines d'heures d'essai et erreur, étalés sur plusieurs mois.
L'enfant imagine sans cesse des choses et puis doit se confronter à
la réalité. Bloquez l'enfant à l'un de ces stades et vous obtiendrez
un handicapé à vie, dépendant du système. Quoi que fasse l'enfant,
tapez-lui sur les mains, saisissez ses outils et faites à sa place
ce qu'il voulait faire, en lui reprochant sa maladresse. L'école
utilise une méthode très astucieuse : on fait faire des travaux
manuels aux enfants mais en leur faisant suivre une procédure
rigoureuse. On peut donc prétendre développer leur habilité, tout en
limitant leur locomotion manuelle et surtout intellectuelle au
minimum possible. Une autre méthode consiste à donner aux enfants
des outils inutilisables. On leur donne des compas qui plient, des
scies qui ne coupent pas, de la colle qui se contente de faire des
taches... sous prétexte que ce n'est jamais que pour des enfants...
Le nec plus ultra consiste à leur donner des outils bon-marchés, qui
cassent un peu au hasard dès qu'un effort leur est appliqué.
Blessures laides et mutilation des doigts ou des yeux garanties !
Il n'a qu'à faire ce qu'on lui dit
Quand vous avez un bon rapport affectif avec un enfant, il vous
obéit facilement. Si vous lui dites de reposer un objet, c'est comme
si son bras était greffé à votre cerveau et que vous reposiez
vous-même l'objet. Cela n'empêche pas son cerveau de travailler et
de chercher à comprendre vos motivations. Il faut alors discuter
gentiment avec lui, lui fournir toutes les informations demandées et
impérativement lui donner raison chaque fois qu'il a raison. Vous
avez affaire au superprédateur le plus dangereux de l'histoire de la
planète Terre. Croyez moi, même quand il est encore à l'état
larvaire, il vaut mieux négocier. Certains adultes ne l'entendent
pas de cette oreille et considèrent qu'un enfant doit obéir. Tant
qu'il n'a pas obéi les punitions deviennent de plus en plus fortes,
de plus en plus douloureuses. L'enfant n'a qu'à obéir s'il veut
éviter de souffrir...
Non n'est pas non
Un fondement de tout système d'éducation est : "non, c'est non !" Un
enfant ne doit pas pouvoir faire revenir ses parents sur une
décision en geignant. Tout au plus, si le sujet est important, il
peut espérer une procédure en appel, menée avec ordre et méthode.
Même un chat ou un chien, comprennent parfaitement le mot "non !" et
surtout l'intonation calme et ferme avec laquelle il doit être
prononcé. Je suis régulièrement traumatisé à la vision de parents
qui finissent par accorder une friandise à leur enfant, après qu'il
ait hurlé en pleurs comme un goret. Dans certains cas, je crois que
c'est juste de l'inconséquence. Le parent est fatigué par une dure
journée. Donner sa friandise à l'enfant permet de gagner quelques
minutes de répit. Comme un toxicomane, quand il réussit à se
procurer de quoi s'envoyer une petite dose de bien-être dans le bras
ou dans les narines. Dans d'autres cas, je crois que le parent
trouve une satisfaction dans la dépendance que l'enfant manifeste.
Il se sent valorisé. Comme un dealer qui règne sur son cheptel de
clients. Être dealer est tout un art. Il faut savoir faire attendre
le consommateur pour faire monter la tension, obtenir que la piqûre
soit une délivrance la plus exquise possible... Il faut savoir
accorder des choses au client tout en l'humiliant juste ce qu'il
faut pour qu'il accepte d'obéir à des ordres simples... Si ces
enfants ont de la chance, il fuiront leurs parents vers quatorze
ans. Sinon, ils risquent de zoner maladivement chez eux jusqu'à
trente ans ou plus.
Récompenser la délinquance
Un policier m'a expliqué comment était géré le problème des bandes
de jeunes déscolarisés qui hantent les rues de quartiers pauvres.
Après quelques délits, la bande est arrêtée en bloc. La majorité des
membres de la bande est très facilement resocialisée. Il faut parler
avec eux, comprendre leurs problèmes et leur offrir des solutions.
On les relance dans un parcours scolaire, on leur construit un
terrain de jeux, on leur donne des numéros de téléphone à appeler en
cas de besoin, on leur offre des vacances organisées, on met en
prison un oncle tripoteur... Une minorité n'est pas capable de
s'insérer dans un parcours normal mais quittera tout de même la
délinquance. On leur trouve des petits boulots, on reste en contact
avec eux... Une infime minorité est définitivement perdue pour la
société. Quoi que l'on fasse, quels que soient les efforts de
dialogue, leur vies oscilleront définitivement entre la prison et le
crime organisé... Du point de vue de certains bourgeois à la vue
courte, offrir des terrains de jeux et des vacances à ces "voyous"
est une aberration. Comprenons-nous bien : ces "cadeaux" viennent
longtemps après que les jeunes aient étés punis et semoncés pour
leur conduite. On ne fait que rétablir un minimum de justice, en
donnant à ces jeunes ce à quoi ils ont constitutionnellement droit
et qui leur avait été refusé. Cette privation était par ailleurs une
des causes de leur délinquance... Tout à l'opposé, certains parents
raccourcissent le mécanisme et lient directement délinquance et
récompense. À un enfant qui a déjà tout, ils offriront toujours
plus, s'il vole, ment ou frappe. Ils ont peur de l'enfant. Les
cadeaux sont la seule façon d'obtenir un semblant de dialogue,
d'apaiser momentanément son altesse. Par exemple, dans un grand
magasin j'ai entendu une mère appeler son fils de sept ans pendant
un quart d'heure. Il jouait avec le contenu de boîtes qu'il avait
prises dans les étalages et ouvertes à même le sol. Il entendait sa
mère l'appeler mais s'en fichait. Quand enfin ils sont passés à la
caisse du magasin, la mère était visiblement très mal à l'aise. Tout
en essayant d'avoir l'air heureuse et détendue, elle a fourré dans
les mains du gosse des friandises et des petits jouets qui se
trouvaient dans un présentoir le long des caisses. Ils les a
simplement entassés dans ses main, les jaugeant comme un butin sans
intérêt.
L'indifférence
Pour certains animaux, ce qui n'a pas d'odeur n'existe pas. De la
même façon on dirait que, pour certains parents, leur enfant n'a pas
d'odeur. Ils lui donnent à manger et lui achètent des vêtement mais
ses problèmes n'existent pas. S'il a fait un cauchemar, s'il s'est
fait mal... c'est comme s'il ne se passait rien. Les même parents
peuvent être fous de préoccupation pour un autre de leurs enfants.
Le moindre inconfort de cet enfant met la maisonnée en émoi. Les
deux enfants en subiront des conséquences plus ou moins graves. Le
plus étrange sont les parents qui réussissent à appliquer ces deux
comportements extrêmes au même enfant. Les besoins réels de l'enfant
sont ignorés ou moqués. Tout à la fois, les parents rêvent qu'il est
l'enfant idéal. Ils parlent tout le temps de leur enfant idéal, font
de dépenses mirifiques pour lui... dont le véritable enfant
bénéficie parfois mais en général pas.
Assurer la joie de vivre de l'enfant
Quand vous assistez à un procès, il est déconcertant d'entendre avec
quelle facilité les accusés ont disposé des biens ou de même de la
vie de leurs victimes. Si les parents des accusés sont présents,
leur détresse peut faire peine à voir ; leur incompréhension face
aux événements attire la compassion. Pour comprendre comment on peut
en arriver là, l'idéal est d'avoir vécu quelques années dans le
voisinage de telles personnes. Il est nécessaire qu'un enfant puisse
jouer avec exubérance plusieurs heures par jour. Mais il faut
empêcher que cela se fasse en dérangeant autrui. Il faut apprendre à
l'enfant à respecter le travail ou le repos des autres. Certains
parents passent outre ce deuxième volet... Toute personne qui n'aime
pas entendre la joie de vivre d'un enfant est un sans-coeur, une
misérable punaise qu'il convient d'écraser... L'enfant sera
inévitablement confronté à la mauvaise humeur, voire à la détresse
de ses victimes. Les parents seront là pour repousser l'élément
dérangeant et conforter l'enfant dans sa "joie de vivre". J'ai vu
des parents exciter leurs enfants, leur faire faire un maximum de
bruit, en sachant que des voisins entendent tout et sont à bout de
nerfs. Leur but n'est pas de déranger les voisins. Simplement, les
voisins constituent un paramètre qui n'est pas pris en compte. La
joie de leurs enfants est leur drogue... Dans un cas, les enfants
étaient même excités à frapper dans les portes et à les ouvrir et
les fermer en les claquant pendant des dizaines de minutes, comme si
c'étaient de simples jouets. Étrangement, certaines administrations
semblent protéger ce type de famille, tel l'empereur Ming couvant
une nouvelle race d'aliens.
Le moyen de faire mal
Vous discutez d'un enfant avec ses parents et vous partez
inconsciemment du principe que vous êtes en présence des personnes
en lesquelles il peut avoir le plus confiance. Vous êtes content de
leur donner des informations dont ils semblaient ne pas encore avoir
conscience. Vous vous flattez d'avoir contribué à l'essor de l'amour
universel. Quelques jours plus tard, vous vous rendez compte qu'ils
n'ont retenu qu'une seule chose : ce qui peut faire mal à l'enfant.
Ils s'en servent à présent pour exercer des chantages sur lui. Rien
de ce que vous leur avez dit de constructif ne les a intéressés.
Le culte de la souffrance
Le propre d'un enfant est de se faire mal. Il expérimente et se
casse la figure, il se soumet à des défis et à des épreuves, il
pleure à verses le décès de son hamster... Le rôle des parents est
d'alimenter ce délire quasi-masochiste tout en veillant à ce que
l'enfant ne risque pas sa vie ou des séquelles graves. La tâche peut
parfois sembler ingrate. Il faut consoler un gamin qui s'est cassé
la figure en recommençant pour la quatrième fois la même
bêtise/expérience. Il faut donner des conseils pointus à une tête de
rat qui est en train de faire la liste de ceux qu'il ne suivra pas
et de ceux dont il fera le contraire. Il faut expliquer le pourquoi
de son échec à un handicapé mental récurrent qui ne comprend pas la
moitié de ce que vous dites. Tout cela pour finir par aller se poser
sur la Lune. Certains parents ont une conception très personnelle de
la souffrance infantile. Ils décident par exemple d'un quota de
souffrance journalière pour leurs enfants et mettent en application
ce qu'il faut pour l'obtenir. Parfois cela est accompagné de
justifications idéologiques ou religieuses, parfois même pas.
L'enfant doit souffrir, c'est tout... On organise des prétextes pour
frapper, priver, humilier, casser...
Apprendre la confiance en la drogue
Je l'ai entendue plusieurs fois : "la drogue est la seule chose en
laquelle je peux avoir confiance". Arbitraire, trahisons.. on dirait
que les "adultes" qui s'occupent des enfants sont des préadolescents
attardés. La cigarette, l'alcool, le cannabis et plus si affinités,
deviennent les seules sources de réconfort pour les enfants, de
soutien moral...
Le prof a raison
J'ai parfois donné des cours de rattrapage à des enfants. Le plus
souvent, l'enfant n'a en réalité aucun problème de compréhension du
cours. Il est juste déstabilisé par un professeur particulièrement
inadapté, qui n'arrive même pas à faire semblant d'enseigner. Mon
seul véritable apport consiste à écouter patiemment l'enfant parler
de son professeur, lui poser des questions et lui expliquer que son
professeur a de graves problèmes de personnalité. C'est essentiel,
parce que l'enfant se demande si c'est lui ou le professeur qu'il
faut enfermer. Ses parents lui disent que c'est lui.
Le prof a tort
Il peut arriver qu'un professeur et un élève ne se comprennent pas.
Ni l'un ni l'autre n'est cancre ou incompétent mais le courant ne
passe pas. Le rôle des parents et des autres éducateurs devrait
alors être d'aider à construire le dialogue. On s'en garde bien...
La guerre est déclarée contre le professeur, contre le directeur de
l'école s'il le faut.
10% n'est pas 11% !
Une chose importante à apprendre aux enfants, au cours de Biologie,
est que les boissons sucrées du commerce contiennent de l'ordre de
10% de sucre. Peu de personnes, même des enfants, accepteraient de
manger 30 grammes de sucre blanc puis de boire un tiers de litre
d'eau. C'est pourtant ce qu'ils font quand ils avalent une cannette
de "leur boisson favorite"... Pour être exact, la proportion de
sucre dans la boisson phare est de 11%. Le cours contiendra donc ce
chiffre : 11%. À l'interrogation, si un enfant répond qu'il y a 10%
de sucre dans ces boissons, c'est une réponse parfaite. Il aura
pourtant zéro, parce que la réponse contenue dans le cours est
11%... De même, si la question est posée sous forme de choix
multiple, dans un pays civilisé on proposera par exemple 1%, 10%,
30% et 90%. En Belgique, il y a une forte tendance à proposer par
exemple 10%, 11%, 12% et 13%. Le bon sens et la culture générale des
enfants n'ont aucune importance, pas d'avantage que leur aptitude à
survivre aux multinationales. Ce que l'on attend d'eux est
l'aptitude à apprendre par coeur le chiffre inutilement précis de
11%. D'autant plus inutile que ce chiffre varie d'une boisson sucrée
à l'autre... Ce que l'on attend d'eux est de prouver leur aptitude à
se consacrer servilement à leurs enseignants et plus tard à obéir
aux multinationales qui fabriquent les boissons sucrées.
Fais comme on t'a dit !
L'image ci-dessous montre un travail scolaire classique et très
important : construire les symétries d'une figure. Dans ce cas
précis, l'enfant doit faire quatre symétries successives, par
rapport aux deux axes, pour ramener le triangle sur sa position de
départ. Quand l'enfant s'apprête à dessiner le quatrième triangle,
il s'aperçoit qu'il ne coïncide pas parfaitement avec le triangle de
départ. Cela est dû aux erreurs de dessin successives. Il y a alors
deux comportements possibles : l'enfant peut choisir d'être honnête
ou d'être intelligent. Honnête, il dessine le quatrième triangle
légèrement faussé (figure c), tout en comprenant qu'idéalement il
aurait coïncidé. Intelligent, il triche dans son dessin et dessine
le quatrième triangle exactement sur le triangle d'origine (figure
b), comprenant que c'est le résultat idéal désiré. L'honnêteté le
prédispose à devenir ingénieur, l'intelligence le prédispose à
devenir mathématicien. Un bon instituteur peut construire toute une
leçon de vie de ce petit cas tracassin. Chargé d'aider un enfant à
faire cet exercice comme devoir, j'avais abouti à la figure (c) et
j'avais dûment expliqué à l'enfant qu'idéalement les triangles
auraient coïncidé. Quelques jours plus tard, j'apprend que j'ai
déçu. L'instituteur s'était montré très colère et avait dit que le
devoir était mal fait. Il voulait que les triangles coïncident...
J'ai donc été répertorié comme incapable de faire même des devoirs
d'école primaire... L'enfant n'a pas appris grand-chose en
Mathématiques ou en ingénierie mais il a appris ce qu'il devrait
faire à l'examen. C'est tout ce qui compte...
Ne pas enseigner
Un enseignant belge n'enseigne pas. Il récite un cours. C'est
ensuite, à la maison, que les parents doivent se débrouiller pour
essayer de faire comprendre les choses à l'enfant. Les enfants les
plus chanceux se débrouillent par eux-mêmes. Le principe (théorique)
de l'enseignement républicain français est que l'enseignement assure
une base aux enfants. Si vos parents ne s'occupent pas du tout de
vous, l'enseignement est là pour vous apporter la base, pour devenir
un homme pensant et conscient de ses actes. En Belgique, si un
enfant n'a pas de très bons parents, il sortira de l'enseignement
avec juste une grosse mémoire toute vide.
Ne pas être enseigné
Un ami, ingénieur civil de formation, avait appris à programmer. Il
n'avait pas appris à l'université, bien sûr, mais par lui-même. Afin
de réunir un peu d'argent pour fuir le pays, il s'était fait engager
comme professeur de Mathématiques dans une école de cours du soir
d'Informatique. Assez naturellement, il donne son cours de
Mathématiques avec une orientation informatique. Il finit par se
rendre compte du fait que les étudiants n'ont pas la moindre notion
de programmation. En deuxième année de cours du soir d'informatique,
c'est un peu gênant... Par réflexe, il se met à leur expliquer des
notions de base de programmation. Le visage de deux étudiants dans
la classe s'est soudain éclairé. On leur donnait enfin ce pour quoi
ils étaient venus ! Les autres étudiants, par contre, l'ont très mal
pris. Ils se regardaient les uns les autres, perdus et furibonds.
Mon ami a senti une stalagtite de glace lui traverser l'échine quand
une voix s'est élevée : "mais Monsieur, ce ne sont pas des
mathématiques !" Il a immédiatement compris qu'il risquait des
ennuis pour son faux pas. Il a saisi un livre de Maths et a recopier
des formules au tableau, que les étudiants ont transcrites dans leur
feuilles. Ils ne comprenaient rigoureusement rien à ces formules
mais les choses étaient rentrées dans l'ordre. J'ai moi-même assisté
à une telle scène, quand j'avais neuf ans. Notre instituteur était
de la vieille école. Il racontait régulièrement des histoires en
classe. Des histoires éducatives, bien sûr. Un jour, une petite
fille s'est levée, excédée. Elle est sortie de son banc et a fait
trois pas vers le bureau de l'instituteur. "Mais monsieur, quand
est-ce que vous allez donner cours ?!" Il a immédiatement interrompu
son histoire et a commencé à écrire des choses au tableau. Il a
raconté beaucoup moins d'histoires par la suite, et des plus
courtes. Le père de cette fillette était lui-même enseignant. Plus
tard, cela m'a fait penser à la Russie sous Staline, quand un enfant
de sept ans pouvait interrompre son père si celui-ci disait quoi que
ce soit qui semblait contraire à la doctrine. Les pères se
taisaient, terrorisés.
Les méthodes d'enseignement
On me flatte d'être capable d'expliquer n'importe quoi à n'importe
qui. Enseigner, c'est une question d'osmose. J'essaye de comprendre
comment fonctionne l'esprit de mon élève, de savoir quelles sont ses
bases. Je lui présente les choses de certaines façons qui permettent
à son esprit de s'y connecter rapidement et utilement. Je veille à
semer des points de doute pour que son esprit creuse au delà de mes
explications. Si un étudiant me dit que je lui ai expliqué en une
heure ce qu'il n'avait jamais compris après plusieurs centaines
d'heures de cours, d'étude et de travaux pratiques, je considère
avoir exercé mon art. Par contre j'ai toujours été perdu quand je
lisais la description de "méthodes d'enseignement". On trouve
parfois des réflexions justes dans ces méthodes. Mais je ne vois pas
comment on peut former des enfants ou de professionnels en
appliquant ces "méthodes". Si un instituteur s'extasie d'une
méthode, je suis sûr de voir ses élèves perdus, apeurés devant les
matières. L'administration semble adorer les méthodes.
Ne pas sortir des schémas de base
Il existe des paradigmes très différents les uns des autres. Dans un
enseignement de qualité, on apprend plusieurs paradigmes aux
enfants. Chaque nouveau paradigme déboussole les enfants, parce
qu'il ne fonctionne pas comme les paradigmes déjà connus. Il semble
insensé. Il faut plusieurs mois pour s'y habituer, en les
pratiquant. Le cerveau finit par absorber chaque paradigme et y
trouver sa logique. On cherche donc à éviter que les enfants
puissent absorber de nouveaux paradigmes. On leur prétend que tout
ce qui existe "ressemble" à ce qu'ils connaissent déjà. Les enfants
deviennent ainsi persuadés de maîtriser le monde alors qu'ils ne
disposent pas de plus de quelques systèmes rudimentaires.
Qui peut le plus peut le moins
L'enseignement belge est une triste garderie pour futurs
consommateurs. La majorité des jeunes adultes ne sont même plus
capables d'écrire des phrases simples correctement ou de faire des
raisonnements géométriques dans la vie de tous les jours. Dans les
"bonnes" écoles, on mime la connaissance avec brio. Cette industrie
de l'avachissement est conçue pour que les enfants y engraissent
paisiblement, avec juste ce qu'il faut de bassesse intellectuelle et
morale. Les enfants qui ont une bonne mémoire et peu de centres
d'intérêts, y fleurissent. Par contre les enfants doués, en
particulier ceux qui ont de la personnalité, en souffrent
atrocement. Pour eux, la mutilation est particulièrement cruelle. Si
vous essayez de faire comprendre ce génocide de l'intelligence à un
bourgeois, il vous répondra que si ces enfants sont intelligents,
ils sont donc capables de s'adapter et ne peuvent que d'autant mieux
réussir dans l'enseignement. CQFD...
Luter activement contre l'intelligence
Les "galgos" sont des chiens lévriers, utilisés en Espagne dans des
courses. Un lapin en peluche est fixé à un perche, qui elle-même est
fixée à une locomotive miniature. Les galgos courent pour attraper
la peluche. Pour le reste, cela fonctionne comme les courses de
chevaux. En principe, les courses de lévriers ne sont pas cruelles.
Rien à voir avec les corridas sanglantes... En fait si, parce qu'un
galgos qui a déçu sera torturé. Son propriétaire se défoule sur lui.
On les brûle vifs, on leur verse de l'acide sur le corps, on leur
coupe une patte ou le museau au sécateur, on les pend à une branche
avec un fil de fer en faisant en sorte que leurs pattes arrières
touchent encore un peu le sol... Si un galgos a très bien couru, il
bénéficie d'indulgence et sera simplement abandonné quand il est
trop vieux. Les galgos qui suscitent les colères les plus noires
sont ceux qui font preuve d'intelligence. Il se fait que la piste de
course est en épingle. Un chien intelligent se rend compte du fait
que s'il abandonne la poursuite et traverse la piste, il se trouve à
l'endroit où le lapin va passer dans quelques secondes. Moins grave
sera le sort du galgos simplement habile, qui réussit à attraper la
peluche en courant derrière. Il est disqualifié par le règlement. Il
sera juste passé à tabac par son propriétaire, sachant que le risque
qu'il renouvelle l'exploit est faible.
Le désenseignement
Les Shadocks avaient le désordinateur, les belges ont le
désenseignement. Il vous est certainement déjà arrivé de lire un
manuel, de comprendre, puis de vous rendre compte, en passant à la
pratique, que vous n'aviez rien compris du tout et qu'il faut
reprendre la lecture du manuel à zéro ou trouver une personne
compétente pour vous expliquer. Beaucoup d'enseignants belges se
limitent au premier stade : croire comprendre. Ce qu'ils expliquent
à leurs élèves utilise les bons mots techniques, a l'air logique et
correct mais est en réalité totalement aberrant. Comme leur matière
est toute leur vie, ils la disent avec aplomb et autorité. Si un
enfant avait des compétences dans cette matière, elle seront
remplacées par le délire du professeur. Vous connaissiez le sujet,
au sortir du cours vous n'y comprenez plus rien.
Le cryptage
Cela se manifeste dans les universités. Certains professeurs ont
tout de même une forme minimale mais bien réelle de compréhension de
leur matière. Ils se rendent compte du fait que cette matière est
triviale, qu'un enfant de 14 ans un peu doué la maîtriserait sans
peine. Ils craignent comme la mort l'opinion que les autres
professeurs vont avoir de leur matière. La solution, c'est le
cryptage. Il faut emballer la matière dans un charabia complètement
décalé. Plus personne ne peut comprendre le cours, encore moins
l'utiliser. Cela ne dérange pas les étudiants puisque de toute façon
ils ânonnent par coeur et se contentent de suivre les procédures.
Le théâtre
Connaissez-vous le culte du Dieu Cargo ? Les américains avaient
établi une base aérienne sur une île du Pacifique. Sans que cela
soit planifié, les indigènes de l'île ont bénéficié des surplus de
l'activité aéroportuaire. Des vivres, des vêtements, des
médicaments... Un jour, les américains sont repartis, laissant
l'aéroport désert. Les indigènes se sont retrouvés démunis. Ils ont
alors développé le culte du Dieu Cargo. Ils ont mimé les gestes et
les paroles du personnel de l'aéroport, pensant ainsi faire revenir
les gros avions porteurs de victuailles. Ils n'avaient pas la
moindre compréhension de ce qui se passait mais ils mimaient du
mieux qu'ils pouvaient. Les responsables de l'enseignement belge
n'ont pas non plus la moindre notion d'à quoi servent la culture ou
la science. Mais ils connaissent des phrases types, qu'ils répètent
pour louer la culture et la science. Il se servent de ce théâtre
pour assouvir leur besoin réel : garder leurs statuts et écraser les
jeunes.
Éviter la capacité à la solidarité
Le socialisme constitue l'endoctrinement de base de la jeunesse
belge. Le socialisme est bon, doux et affectueux. Le socialisme est
ton histoire et la fierté de tes ancêtres. Tu dois tout au
socialisme. Le socialisme est le bon choix. Cela tourne à la folie.
Tous les textes que l'on donne aux enfants sont au minimum
crypto-socialistes. Mais... jamais, au grand jamais, on n'apprendra
aux enfants ce qu'il faut connaître pour mettre en pratique les
vertus socialistes. La capacité d'organisation, la remise en cause
de l'autorité, la solidarité volontaire... En lieu et place on
dresse les enfants les uns contre les autres. Ils seront au maximum
capables de conclure des pactes temporaires pour écraser d'autres
groupes d'enfants et prendre leur place dans la hiérarchie sociale.
Réduire le vocabulaire
Le but est surtout de réduire le nombre de notions symboliques et
philosophiques que les gens sont capables d'utiliser et de
comprendre. La réduction du vocabulaire est pratiquée activement à
l'école mais une personne qui connaît beaucoup de mots ne sera pas
persécutée pour autant. On accepte très bien qu'elle brille en
société, par sa capacité à jouer au scrable, aux mots croisés, aux
chiffres et aux lettres... Mais il ne faut pas qu'elle comprenne ce
que ces mots signifient, encore moins qu'elle en ait un usage
fonctionnel dans ses pensées.
La perfection en tout
Comment obtenir que des enfants soient nuls tout en les mettant dans
des écoles de haut standing ? Facile : en appliquant le vieil adage
"le mieux est l'ennemi du bien". Sous prétexte d'excellence, on va
obliger les enfants à être irréprochables. Tout acte, tout geste,
tout exercice scolaire... doit être impeccablement réussi. Cela
n'est possible que si l'on fait faire aux enfants des choses très
rudimentaires, qui ne leur apprennent presque rien. On apprend
beaucoup plus par ses échecs que par ses réussites. Il faut donc
interdire l'échec. Même les jeux ne pourront se faire que de façons
codifiées. L'exploration est interdite, que ce soit l'exploration de
la cave, du village voisin, de la langue ou des mathématiques.
La procédure
Dans les enseignements de beaucoup de pays, on apprend
systématiquement plusieurs méthodes aux enfants pour résoudre un
problème de mathématiques ou de physique. En comparant ces méthodes,
en les comprimant l'une dans l'autre... les enfants acquièrent une
intelligence des choses. Leurs cerveaux deviennent définitivement
capables de résoudre des problèmes. En Belgique, on prend soin de ne
montrer qu'une méthode à la fois. On ne peut même pas vraiment
appeler cela une méthode ; plutôt une procédure. Les enfants
apprennent la procédure par coeur et puis l'oublient. Ils sont au
maximum capables de faire des arrangements mineurs dans les
procédures, souvent de simples permutations. Les exercices à
l'examen sont les mêmes que ceux vus pendant les cours, on change
juste les valeurs numériques. À ce propos, un étudiant m'a expliqué
qu'à présent à l'université, certains professeurs ne changent même
plus les valeurs numériques.
Pas d'informatique
L'armée américaine avait constaté une baisse de la qualité de ses
officiers. Un enquête a été faite. Conclusion : le problème venait
de la suppression des cours de latin à l'école. Le latin est une
école de logique, de culture... Il n'est pas forcément nécessaire de
réinstaurer le latin. Il peut par exemple en partie être remplacé
par des cours d'informatique. Pas la simple informatique-bureautique
mais la vraie informatique, celle de la programmation et de
l'électronique. Je suppose qu'il existe encore des professeurs qui
donnent de tels cours mais les témoignages que j'ai reçus sont
inquiétants. Dans une section scientifique, en fin de secondaire, le
cours d'informatique est un simple cours de dactylographie. Il est
donné à des jeunes qui répondent à toute vitesse à des messages sur
leurs PC depuis des années... Le jeune qui me l'a raconté en
devenait fou d'ennui et d'humiliation. Un professeur d'informatique
ne savait pas qu'il faut donner l'ordre à l'ordinateur de s'éteindre
et non pas tirer la prise de courant... J'ai aidé un étudiant pour
ses travaux d'informatique. Les laboratoires et l'examen parlaient
de choses qui n'étaient absolument pas contenues dans le cours.
Certaines questions portaient sur des appareils qui ont disparu
avant la naissance de l'étudiant. Le cours contenait des erreurs qui
montraient que le professeur n'a que des notions minimales du sujet.
Le cours, les travaux pratiques et les questions d'examens étaient
des documents qu'il avait assemblés en puisant dans des sources au
hasard, sans même être capable d'établir une cohérence entre elles.
Bien entendu, ce cours n'amenait pas la moindre compréhension de la
programmation. L'étudiant m'a expliqué que tous ses condisciples
recouraient à des informaticiens de leurs connaissances pour faire
les travaux à leur place et se contentaient de mémoriser le reste
sans rien comprendre.
La gigantesque masse des syllabus
Les syllabus universitaires sont des compilations de données. Une
page de syllabus prise au hasard doit être jolie et ne pas contenir
d'erreur flagrante. La masse de syllabus qu'un étudiant doit étudier
sur une année se doit de convaincre le visiteur impromptu que les
belges sont très savants. On étudie ces matières par coeur mais avec
un certain travail. Il faut savoir mettre un peu d'ordre dans les
mots des chapitres... Les écoles réputées préparent les enfants à
mémoriser des masses toujours plus imposantes, pour les préparer à
l'université. La camaraderie est très importante : elle vous permet
de savoir quelles parties des cours il n'est pas nécessaire de
mémoriser et d'obtenir des documents prémâchés. Si un étudiant est
doué pour son futur métier, il faut qu'il hurle de désespoir en
essayant de comprendre les syllabus ou en essayant d'en tirer des
informations utiles. Ces étudiants-là sont des mesquins. Ils
pourraient nuire aux camarades. J'ai fait l'expérience d'ouvrir un
syllabus quelques jours après l'examen, devant un camarade qui avait
eu 18/20 à cet examen. Quand je lui disais le titre d'un chapitre,
il me donnait aussitôt son contenu. Je lui ai demandé ce que cela
voulait dire. Il m'a répondu qu'il n'en avait pas la moindre idée.
Aucun étudiant ne garde ses syllabus après ses études. Ils sont
rigoureusement inutilisables dans un cadre professionnel. Si vous
gardez un syllabus et le montrez après un ou deux an à un camarade,
il vous assurera n'avoir jamais vu cette chose.
Apprendre à plaire
Les enfants apprennent au fil des études à deviner ce que les
professeurs attendent. La matière a relativement peu d'importance,
l'égo du professeur en a une démesurée. Quand j'aide des étudiants,
il m'arrive assez souvent de ne pas comprendre une question
d'examen, alors qu'elle concerne un domaine où je suis parfaitement
compétent, voire où j'ai longuement exercé. En procédant avec
l'étudiant à un examen psychiatrique par contumace du professeur, je
fini parfois par comprendre ce qu'il avait en tête. Assez souvent,
la seule solution est de consulter la réponse à la question, fournie
sur une feuille séparée. Il n'y a simplement rien à comprendre,
juste à apprendre par coeur.
L'incompétence, ce n'est pas grave
Il y a quelque jour, à la poste, je n'ai pas pu envoyer un paquet,
parce qu'il faisait plus de trois centimètres d'épaisseur. Les
paquet de plus de trois centimètres d'épaisseur impliquent de
remplir un formulaire. Le bureau de poste avait les formulaires
nécessaires mais ils étaient en train de les recompter. Ils
n'avaient pas pensé à laisser dix formulaires disponibles pour les
envois qui seraient demandés pendant que le comptage a lieu. C'est à
l'école primaire que l'on apprend le bon sens et le savoir-vivre
nécessaires pour cela. En Belgique, l'essentiel des dégâts est
organisé à l'école primaire. L'enseignement secondaire visse le
couvercle sur les gravats. L'université ajoute un peu de vernis.
J'ai eu une curieuse conversation avec un bourgeois et un
fonctionnaire. Nous parlions des études de dentiste, qui sont une
mafia organisée dans notre région. Des étudiants simplement crétins
obtiennent leurs diplômes parce qu'ils sont enfants ou neveux de
dentistes. Le fonctionnaire confirmait mes propos, dont la teneur
est bien connue de ses services. Le bourgeois soutenait mordicus
qu'une proportion de diplômés incompétents est une chose naturelle
et presque désirable. Un mois auparavant, pourtant, j'avais épongé
avec lui les larmes d'une amie dont la dentition a été ravagée par
un dentiste local. Cela lui avait coûté toutes ses économies,
l'empêchant à présent de recourir à la technique des implants, qui
seule pouvait la sauver.
Pas d'indépendance du quatrième pouvoir
Le quatrième pouvoir, ce sont les média, l'enseignement et la
religion. Les média sont contrôlés par les super-riches.
L'enseignement est contrôlé par l'administration. La religion est
dénaturée et reléguée. L'administration sert à donner un emploi aux
personnes qui ne pourraient pas trouver un véritable emploi. Les
nominations sont une grande source de pouvoir pour les politiciens
et un terrain de luttes incessant. C'est un cancer grossissant dans
le pays. Dans certaines communes, un tiers de la population
travaille à présent dans la fonction publique ! Le mécanisme
fondamental d'un cancer étant d'augmenter de volume et se propager
toujours plus avant dans l'organisme, étouffant les cellules saines,
l'enseignement est mis à contribution. Il est destiné à produire
toujours plus de personnes incompétentes et hagardes d'esprit.
Rétrécir les capacités cérébrales
Une superstition très ancrée en Belgique est que l'on "sait" parce
qu'on a passé des années sur des bancs d'école ou d'université.
Certains connaissent le mot "autodidacte" mais ne savent pas très
bien ce qu'ils doivent faire avec. Il apparaît comme une sorte de
non-sens vaguement poétique. Dans le monde réel, toute compétence
découle nécessairement d'une démarche autodidacte. Que l'on soit à
l'école ou non, le savoir découle toujours d'une démarche
personnelle. L'école ne peut être là que pour déclencher ou
alimenter cette démarche personnelle, éventuellement pour donner de
force une quantité très restreinte de bases nécessaires.
Réciproquement, on pourrait dire qu'il n'existe pas d'autodidactes
puisque toute étude, même en ermite, est suscitée par
l'environnement dans lequel on se trouve et s'en alimente. Disons
que tout véritable étudiant est un autodidacte dont la démarche
s'insère plus ou moins dans un environnement social. En Belgique, un
véritable étudiant est automatiquement en affrontement plus ou moins
violent avec le système "d'éducation". Un véritable étudiant devient
par la force des choses plus ou moins "savant" dans les domaines
qu'il travaille. Toutes les questions qu'il s'est posées, toutes ses
confrontations avec la réalité, ont forgé des capacités
impressionnantes et très diverses dans son cerveau. Une
caractéristique parmi d'autres, relativement inutile, est qu'il
connaît de mémoire beaucoup de détails sur les sujets qui l'ont
passionné. Il n'a pas recherché cela mais c'est une conséquence
inévitable de sa démarche. Le génie de l'administration belge
consiste à prendre cette caractéristique en considération et
seulement elle. C'est la caractéristique la plus visible, la plus
facile à comprendre pour monsieur tout le monde... On va donc forcer
les enfants à faire semblant de savoir un nombre ahurissant de
choses. En lieu et place de compétence et de savoir, ils
n'utiliseront pour cela que leur mémoire brute. Ce matraquage de
mémorisations aura pour effet d'empêcher au maximum toute
structuration intelligente de leur cerveau. Elle leur procurera un
dégoût du savoir, même de savoirs élémentaires nécessaires à bien
faire des travaux simples. On obtient des individus qui croient que
le plaisir ne peut découler que de la non-école et du non-travail.
Ils seront prêts aux pires compromissions pour obtenir un statut et
des revenus en prestant le minimum possible de travaux utiles à la
société. Ce seront des politiciens corrompus, des fonctionnaires qui
papotent, des ouvriers malhabiles, des cadres en vacances, des
journalistes aux ordres... un état parasite au sein de l'Europe.
On ne joue pas avec le savoir !
Le jeu est régulièrement remis à la mode à l'école. On prend les
travaux habituels mais on les améliore un peu pour en faire des
sorte de jeux vidéo primitifs. On pense ainsi suscité la passion des
enfants pour l'école. Le jeu de la connaissance n'a pourtant rien à
voir avec cela. Il consiste à détourner le savoir et les outils de
leurs usages prévus, étirer les concepts comme des élastiques, faire
des erreurs intentionnelles, massacrer joyeusement la langue... Ce
n'est qu'ainsi que le cerveau assimile réellement les choses et
devient capable de parer aux situations imprévues. Un enfant
qui oserait faire cela sera immédiatement remis dans le droits
chemin.
Le pays de poupées
On veut un joli pays où tout le monde est à sa place. Il y a les
ouvriers qui travaillent, il y a les agriculteurs qui font du pain
et il y a les gentils docteurs qui réparent les monsieurs qui ont
bobo. Dessiner dans les marges de ses cahiers n'aide pas au joli
pays. Si on subit des violences il faut se taire et faire le joli
pays.
Ne pas trop apprendre à écrire
Une des rares choses pour lesquelles l'école est utile et nécessaire
est le fait d'apprendre à écrire. Quand un enfant apprend à former
des lettres, son cerveau fait des choix sur la façon de les
dessiner. C'est pourquoi le caractère d'une personne se réflette
dans son écriture. Un des rôles de l'instituteur est d'expliquer aux
enfants certains pièges et d'obtenir qu'ils aient une écriture
lisible par tout le monde. Ainsi, l'écriture est à la fois le reflet
du caractère de l'enfant et une expression de sa volonté de
s'intégrer dans une communauté. Un bon instituteur fait longuement
jouer les enfants à écrire. Il leur propose de faire des dessins et
des calligraphies démentes pour explorer les possibilités
artistiques de l'écriture, il leur fait écrire des mots dont chaque
lettre est écrite par un autre enfant, il leur montre des écritures
d'autres civilisations et d'autres temps, il leur impose des
exercices de rigueur extrême, il leur fait essayer divers outils
d'écriture... Cela permet à chaque enfant de refléter sa
personnalité au mieux tout en devenant expert dans l'art de
communiquer de façon agréablement lisible à autrui. J'ai eu la
chance d'avoir de bons instituteurs. L'environnement ne leur
permettait pas de laisser les enfants trop explorer mais ils étaient
compréhensifs et constructifs. Une fois, en intérim, la classe a
subi une nouvelle institutrice. Elle s'est braquée sur moi parce que
j'écrivais mes chiffres 5 d'une traite, en commençant par la droite
du trait supérieur. D'après elle, il fallait d'abord faire le col et
le ventre du chiffre, ensuite seulement on faisait le trait
supérieur. Cela garantissait un angle droit parfait. Mes chiffres 5
étaient lisibles... J'avais dépassé depuis plusieurs années l'âge où
on apprend à dessiner les lettres... Cette institutrice était une
petite dame très rigide, avec l'âge mental d'une gamine un peu
coincée. Elle était très appréciée de certains parents parce qu'elle
faisait tout au cordeau. Elle était la bête noire des enfants. Elle
ne leur apprenait à peu près rien. Elle n'avait rien à leur
apprendre non plus.
La compétence à l'index
Supposons qu'un professeur d'Histoire dans le secondaire, soit
particulièrement compétent sur la Renaissance. C'est sa passion, il
a des souvenirs émus des travaux qu'il a effectués sur la
question... Il faut alors à tout pris éviter qu'il ne puisse
enseigner la Renaissance à ses élèves. Il faut le forcer à parler de
la préhistoire ou des temps modernes... S'il pouvait parler de la
Renaissance, il pourrait leur communiquer son enthousiasme. Il
pourrait, sans le faire exprès, leur donner des éléments de sagesse,
de logique, de philosophie, d'humanisme... Voire leur donner le goût
du travail intellectuel. Beurk ! D'ailleurs pour bien faire les
choses, obligeons ce professeur à enseigner la Géographie.
Astreignons-le à asséner à ses élèves des données insipides, sur
disons la Chine. Il ne faut surtout pas que les élèves discernent
ces données de façon intelligente, qu'ils acquièrent une
compréhension de la Chine. Il faut qu'ils se contentent d'apprendre
des phrases et des schémas par coeur. Et on force le professeur à
leur faire passer "des évaluations de compétences" (dès l'instant où
on ajoute des mots comme "démocratique" ou "compétence", cela veut
dire que l'on organise le contraire). Les élèves n'ont pas la
moindre compétence et se fichent complètement des cours mais le
professeur est chargé d'organiser ces "évaluations de compétences"
de sorte qu'un quota acceptable d'élèves puissent faire semblant de
les réussir. Bombardons le professeur de travaux pour lesquels il ne
pourra pas s'organiser correctement. Il faut l'amener à bâcler ses
cours, comme les élèves bâclent leurs études. La terreur des
administrations, ce sont ces rares professeurs "qui ont compté" dans
la vie d'un enfant. Un seul de ces professeurs peut suffire pour
qu'un enfant devienne un adulte capable d'amour ! L'objectif des
administrations est clair : zéro défaut dans l'élevage des droïdes
hideux. Dans un pays civilisé, on se contenterait de ne confier les
enfants qu'à des professeurs qui ont quelque chose à leur apprendre,
même si cela entraînait que les enfants n'auraient que quelques
heures de cours par semaine. Actuellement, les enfants les plus
chanceux ont en moyenne quelques heures de vrais cours par mois...
Le reste est de la destruction de personnalité.
Donne la réponse !
À l'école, on oblige les enfants à toujours donner une réponse. Une
réponse téléphonée, bien sûr, n'impliquant que le suivi servile du
cursus de l'enseignant. Cela les drile à toujours répondre
positivement aux requêtes de leurs futurs employeurs. Un des effets
pervers de la chose se manifeste quand vous posez une question à un
fonctionnaire. Il vous donnera une réponse. Il vous a répondu
n'importe quoi... cela va ruiner votre vie... mais il vous a
répondu. (Si vous ne recevez pas de réponse à votre question, cela
veut souvent dire que le fonctionnaire connaissait la bonne
réponse.)
Tout savoir !
Il est possible que l'on instaure un jour enfin des examens d'état
pour les élèves et les étudiants. Cela implique qu'il faudra définir
de façon précise ce sur quoi portent ces examens. Le réflexe des
fonctionnaires sera d'imposer une énorme quantité de matière pour
chaque examen. Cela obligera les enseignants à ne plus faire qu'un
long marathon de matières, vues très superficiellement. C'est déjà
approximativement la situation actuelle, on ne fera que la
renforcer. Il faut au contraire que les examens portent sur une
matière extrêmement restreinte, mais qui véhicule des concepts et
des paradigmes neufs. Les enseignants seront donc légalement
contraints d'enseigner relativement peu de matière, ce qui leur
laissera du temps pour s'occuper utilement des enfants. Ils devront
s'assurer que les enfants ont une bonne et souple compréhension de
cette matière. Ils doivent être capables de l'utiliser en
s'adaptant. Dans ce cadre, il est nécessaire que toute matière vue
les années précédentes puisse faire partie de ce qui nécessaire pour
répondre aux questions d'examen. Une conséquence de cette approche
est que des enfants seront inexorablement écartés de certaines
matières, parce qu'il apparaîtra de façon nette qu'ils n'ont pas les
capacités nécessaires. Cela ne veut pas pour autant dire que l'on
doit leur réduire le nombre d'heures d'enseignement dans cette
branche. Un enfant qui se destine à un certain corps de métier peut
avoir grand bénéfice à cultiver un très grand nombre de matières
différentes en Mathématiques, mais d'un niveau plus simple. Tandis
que des "génies" peuvent préférer consacrer peu de temps aux
Mathématiques mais le cibler sur ses aspects les plus complexes.
C'est radicalement différent de l'approche actuelle, dont le but est
de canaliser un maximum d'enfants dans des approches uniques les
plus vides possibles.
Les machines à calculer...
Elles n'ont pas évolué depuis 30 ans. Pour 50 €, vous pouvez acheter
un GSM très correct. Pour le même prix, vous obtenez une machine à
calculer scientifique qui a un processeur 1.000 fois plus lent, un
affichage à peine lisible et dont les capacités de programmation
sont vétustes et désagréables. Notre société n'attache pas de valeur
aux sciences... Le problème ici n'est pas que tout le monde devrait
être un scientifique. Ce n'est pas ce que je veux dire. Je veux dire
que les sciences sont une école de bon sens et que tout le monde, à
divers degrés, devrait être capable de bon sens ; simplement doté de
capacités pour jauger de choses simples et des choix des
politiciens. Qui est encore capable d'évaluer approximativement le
volume de sable qu'il faudrait pour remplir une structure donnée ?
Les élèves à l'école utilisent leurs machines à calculer... comme
des machines... Ils enfoncent les touches dans l'ordre qu'on leur a
inculqué. Ils ne comprennent rien, ils ne jugent de rien... mais ils
reçoivent leurs points s'ils ont suivi "intelligemment" la
procédure. Pour cela, sans aucun doute, une stupide machine à
calculer scientifique des années '80 fait parfaitement l'affaire (et
bien standardisée... pour que le professeur n'ait pas à réfléchir).
Essayez d'acheter une petite machine à calculer programmable...
D'occasion sur eBay, elles se vendent à des prix astronomiques. La
firme Hewlett-Packard fabrique des copies de ces machines mais les
vend 140 € dans des magasins spécialisés (simplement dix fois le
prix...) (signez la pétition sur hp15c.org
)
La honte du diplôme
Certains jeunes se rendent compte que leurs cours sont vides et
qu'ils ne savent rien. Les circonstances dans lesquelles ils ont
fait leur travail de fin d'étude peuvent être très éclairantes. Le
promoteur de mémoire les a félicités alors qu'il y avait des erreurs
ou des manques flagrants... Ils ont obtenu une bonne note mais les
commentaires des assesseurs montrent qu'ils n'ont rien compris...
Ces jeunes en développent une forte gène. Ils craignent les
conversations avec les personnes compétentes, ils ont peur des
responsabiltés de la vie professionnelle... D'autres jeunes sont à
l'opposé. Ils n'ont même pas les moyens intellectuels nécessaires
pour se rendre compte de la situation, ou savent déjà que tout est
truqué. Ils iront travailler à un endroit où les patrons ne valent
pas mieux... voire feront faire les travaux par des personnes
compétentes mais auxquelles on a refusé le diplôme. Ce qui compte
est d'occuper un place en vue et d'avoir un bon salaire. Les
personnes compétentes reçoivent des cacahuètes pour faire le travail
mais c'est la vie...
C'est à cause des sous...
Pour justifier la fuite des cerveaux, dont nombre d'enseignants et
de chercheurs universitaires, on dit qu'ils partent trouver un
meilleur salaire. On implique par là qu'ils troquent leur amour du
pays pour quelques dollars de plus... Personnellement, je ne connais
personne qui soit parti de Belgique dans le but de gagner plus. La
raison est toujours la possibilité de travailler dans de bonnes
conditions : faire des choses utiles avec des personnes correctes.
De même, je connais des personnes qui ont quitté les universités
belges, alors qu'on leur proposait un poste élevé et bien payé, pour
aller travailler deux échelons plus bas mais dans un pays civilisé.
Un autre argument que j'ai entendu est qu'on aimerait bien pouvoir
financer les recherches de ces personnes... mais on n'a pas les
sous. Tandis que d'autres pays ont a des gros budgets alors voilà...
C'est oublier que la Belgique est un des pays du monde où
l'enseignement a le plus gros budget par habitant. La réalité est
que cette masse d'argent est utilisée à autre chose que de la
recherche. C'est une question de valeurs. On préfère donner un poste
à une relation, plutôt que de payer une personne qui fait réellement
de la recherche scientifique (et qui pourrait transmettre son
savoir... ce qui pourrait mener les étudiants à se rendre compte de
l'incompétence extrême des autres...)
On s'en occupe !
Il y a une énorme différence entre les étudiants qui viennent de
l'étranger et les étudiants belges. Quand je donne des explications
à un étudiant étranger, cela se passe en général très bien, parce
qu'il ou elle a besoin de comprendre. Parfois, la motivation est
directe ; un oncle a téléphoné du Maroc parce qu'une machine de son
usine présente un problème. Le gamin a 48 heures pour comprendre le
problème et proposer une solution. En général, la motivation est
simplement d'apprendre, en prévision des problèmes qui se
présenteront plus tard. Ils *veulent* comprendre, pour pouvoir se
rendre utiles. L'étudiant belge par contre se fiche complètement de
comprendre. Il est uniquement motivé par l'obtention de son diplôme,
ce qui implique de passer les examens. Pour cela, il faut ingurgiter
puis régurgiter de la matière et des procédures et puis tout
oublier. Il ne leur reste absolument rien des matières qu'ils ont
vues, même pas des raisonnements ou des notions. Au mieux, ils se
souviennent de certains mots techniques. Les étudiants étrangers
sont traumatisés par cela et je dois leur expliquer que
l'enseignement en Belgique ne sert pas à apprendre. C'est plutôt un
long rituel primitif où on se pare de plumes. On caresse ceux qui
distribuent les plumes dans le sens du poil et on abat la masse de
travail répétitif demandée. La majorité des étudiants belges n'y
voient que du feu. Ils sont nés dans ce système... Pour ceux qui
risqueraient de manifester de l'esprit critique, un des verrous mis
en place consiste à sous-entendre que les problèmes sont déjà pris
en charge. Ils n'ont pas à comprendre ; ils n'ont pas à se
préoccuper de devenir capables de résoudre les problèmes ou
d'assumer des responsabilités, parce que "on" s'en charge. Qu'ils se
contentent de faire ce qu'on leur dit de faire et tout ira bien pour
eux... Ils sont déresponsabilisés, comme les exécutants des nazis en
d'autres temps. Cela repose en partie sur une propagande similaire à
ce qu'on fait dans les pays du Tiers Monde. Par exemple, on m'avait
montré un pont routier "high tech" et on m'avait expliqué qu'il
était une invention mondiale faite par un service de l'université
locale. Quel prestige... Des années plus tard, j'ai appris que non
seulement ce type de pont existait depuis longtemps mais que le
service de l'université n'avait même pas été capable de le
dimensionner correctement. L'entrepreneur avait été obligé de faire
refaire les calculs par une entreprise spécialisées aux USA. Quand
les élèves en fin de secondaire visitent ce service de l'université,
ils passent sans doute devant un grand poster du pont avec le logo
de l'université en bas à droite. Tout est faux mais tout le monde y
croit.
L'école des caïds
Un des problèmes de l'enseignement sont les petits caïds qui font du
racket ou qui poussent les enseignants à la dépression nerveuse. Le
caïd est le cancre de jadis mais qui aurait pris de la coke et
serait passé à l'armurerie. Ce dont on ne se rend pas toujours
compte est le fait que les premiers caïds auxquels les enfants sont
confrontés, sont les enseignants eux-mêmes. Qu'est-ce qu'un caïd ?
C'est une personne qui n'a pas d'expérience de la vie, qui n'a rien
à offrir et qui s'impose par la violence. La violence des caïds
enseignants est moins physique que celle des élèves. Ils mettent à
profit les ressources du système, comme la possibilité de recaler
les élèves qui les dérangent. Certains sont doués pour la
manipulation. Mais le principe est le même.
Éternellement jouer au docteur
Il est nécessaire pour un enfant de jouer au docteur, au pompier, au
chevalier... Cela crée une sorte de matrice comportementale dans son
cerveau, dans laquelle se grefferont plus tard ses compétences et
ses responsabilités d'adulte. Le propre du jeu de l'enfant est qu'il
décide des situations. Il décide qu'il reçoit un patient atteint de
la shigueloze verte et il décide qu'il l'a bien soigné. Tout
s'inverse dans la vie adulte, où il y a chaque fois un travail à
fournir pour trouver le mal dont souffre le patient et la réussite
des traitements est aléatoire. En quelque sorte, l'approche de
l'enseignement moderne consiste à permettre aux enfants de devenir
des adultes tout en continuant à vivre dans ce monde de l'enfance,
où on décide quand on a remporté un succès. Si vous faites remarquer
à un médecin, ou à un fonctionnaire quelconque, qu'il était
complètement à côté de la plaque et qu'il vous a estropié, il peut
devenir violent. Vous ne jouez pas le jeu... En échange, les
étudiants doivent permettre à leurs professeurs d'eux aussi
continuer à vivre dans leur monde de fantaisie, où ils sont
d'éminentes autorités intellectuelles, adulées par leurs ouailles
esbaudies devant la qualité de leurs cours.
Un ensemble cohérent
Si votre système d'enseignement produit des médecins incapables de
soigner et des fonctionnaires qui laissent tout mourir autour d'eux,
cela va se remarquer. Donc il faut que la population soit incapable
de se plaindre et prête à gober n'importe quelle propagande qui lui
change les idées. Par un heureux hasard, on obtient tout cela avec
la même méthode d'enseignement.
La méthode d'éducation prussienne
Au 18ème siècle, le Roi de Prusse était confronté à une aristocratie
qui lui riait au nez. Hélas il avait besoin d'elle, puisqu'elle
seule disposait du niveau d'éducation nécessaire pour faire
fonctionner les administrations. Avec l'aide de certaines franges
religieuses, il a mis en place l'instruction publique.
L'enseignement est devenu obligatoire pour tous les enfants. Dans
ces écoles d'état, les enfants étaient endoctrinés à l'idée que le
Roi est juste et a toujours raison. On évitait que les enfants ne
dépassent un certain niveau de compréhension des choses. Au 19ème
siècle, ce système a été modernisé en ajoutant l’affirmation selon
laquelle l'enseignement forme des individus capables de penser par
eux-mêmes.
Un article de la BBC sur la méthode anglaise :
La méthode américaine :
Eric Brasseur - 30 juillet
2008 au 10 mars 2012