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Comment est-ce possible ?





Un site d'émission de chaines de radio FM a été placé presque au milieu de la Ville de Liège. J'ai constaté que cela a des conséquences graves et facilement observables pour la santé des habitants. Pourtant, en près de deux ans, je ne suis pas arrivé à obtenir que les autorités fassent par exemple simplement une vérification de mes observations.

Il est naturel et souhaitable que l'on doute de ce que je prétends. Mais que l'on ne prenne pas la peine de vérifier, alors que je donne des explications techniques et précises... Le problème n'est pas que l'on ne me croit pas. Beaucoup de personnes estiment très possible que j'aie raison. Je n'ai rencontré personne qui semble sincèrement convaincu que j'aie tort.

Il y a plusieurs questions :
La population est exposée à une force de champ équivalent à la tension d'une pile électrique. En soi, cela devrait faire se poser des questions... J'en ai fait un pamphlet :

www.4p8.com/eric.brasseur/electrosmog_84.pdf

Un coup d'œil sur fmscan.org montre qu'en Allemagne de l'Ouest il n'y a pas d'émetteurs à l'intérieur des villes. Ils se trouvent dans la campagne environnante, tout au plus ils touchent une banlieue. C'est un peu la situation de l'antenne du Bol d'Air. Elle a été construite quand le Sart-Tilman était virtuellement inhabité. C'est par après, que l'on a développé la zone et installé les bâtiments de l'université. Ces implantations "responsables" d'antennes constituent malgré tout une source de pollution inacceptable... mais il est clair qu'il y a une volonté de bon sens. Pour les professionnels du domaine comme un de mes amis, il a toujours été évident qu'on ne peut pas placer ça à côté d'êtres humains.

D'après mon ami, le problème a commencé avec les radios pirates, qui surfaient sur la vague de "libertés" propagée par la réélection de François Mitterand. Leurs émetteurs étaient très faibles et ils étaient nécessairement implantés à l'intérieur des villes. On a essayé de réglementer, entre autres pour ne pas saturer l'allocation de bandes de fréquences. Leur puissance a été limitée à 50 Watt. Autant qu'elles le pouvaient, elles ont acheté du matériel plus puissant, en jouant au chat et à la souris avec les organismes de contrôle. Ce n'était pas du matériel professionnel mais des bricolages faits à la chaine par des individus louches. Cela crachait beaucoup de parasites et perturbait les autres chaines. Il fallait émettre toujours plus fort, ne fut-ce que pour couvrir les parasites de la concurrence, tout en émettant soi-même d'autant plus de parasites. Au fil du temps, les radios "pirates" sont devenues des radios "libres". Elles se sont institutionalisées, en acceptant de la publicité, en rémunérant leurs opérateurs et en particulier en servant de tribune à certains élus locaux. Cela a abouti à des monstres comme l'émetteur de la Citadelle, qui se trouve presque au centre de la ville et émet avec une puissance de 10.000 Watt. Le matériel est semble-t-il toujours un bricolage, plus ou moins standardisé. Si quelqu'un se plaint, on lui met la loi sous le nez : "nous respectons les normes !" En réalité, cette norme de 3 V/m ne pourrait concerner que des cas particuliers. Si un ouvrier est brièvement exposé à 3 V/m au cours de sa journée de travail et il en est informé, cela me semble acceptable. Mais exposer toute une ville à cela ou même au dixième, en permanence...

J'ai entendu des interprétations de la situation qui sont manifestement un peu allumées :
On m'a expliqué que je risquais de disparaitre un jour ou simplement de me faire abattre en rue. "Il ne faut pas déranger ces gens-là." Un ami qui travaille à la Ville de Liège m'a donné des explications très techniques sur le fait que mon combat était certes noble mais cela ne sert à rien, pour survivre il faut se fondre dans la masse et ne s'occuper que de ses affaires. Il a répété plusieurs fois "tu vas te faire flinguer !"

Ces attitudes résignées voire désespérées font partie du problème. Il est possible que même des personnes officielles pensent ainsi et ne font rien à cause de cela. Mais selon moi cela occulte un problème plus profond. Croire que des esprits pervers organisent la situation, c'est encore s'imaginer qu'il y a une forme d'intelligence derrière tout cela. Une forme d'intelligence... qui aurait malgré tout certaines limites dans ses exactions, ne fut-ce que pour préserver ses propres intérêts. Cet espoir noir est encore une illusion. Il ne faut pas chercher de la malice quand la bêtise suffit pour expliquer la situation.

Avant de développer le sujet de la bêtise des liégeois, il faut préciser que j'ai envoyé plusieurs lettres en Flandre. Là aussi, il y a des émetteurs puissants au centre de grandes villes. Il n'y a pas eu de suite, au delà de quelques accusés de réception... La pollution radio absurde et inutile, est présente un peu partout dans le monde. Liège n'est pas la tache noire de la planète à cet égard. Ce que j'ai observé en Wallonie justifierait largement qu'une région voisine ait une pulsion de répugnance pour se détacher de ce furoncle... mais je crois que les protagonistes de la chose sont le premier foyer d'infection qui menace la Flandre elle-même. Liège est ce que j'ai sous les yeux et que je peux commenter plus en détails. Il appartient aux habitants des autres villes, régions ou pays d'étudier comment ces problèmes se déclinent chez eux.

C'est comme les trous dans l'emmenthal. Parfois, les trous sont isolés, loin les uns des autres. Et parfois, les trous communiquent entre eux et peuvent être la majorité du volume. Les trous, ce sont les gens compétents. J'en ai rencontrés ! Il y a des personnes capables un peu partout... Il y a par ci, par là, des étages entiers dans des administrations, ou certaines petites entreprises, où on sait ce qu'on fait. Mais il y en a trop peu. Elles empêchent le bazar de s'effondrer encore plus bas mais elles ne peuvent pas s'organiser entre elles pour développer une activité économique saine ou prendre en charge un problème complexe comme la pollution radio.

J'ai contacté plusieurs sites internet wallons qui s'occupent de la problématique de la pollution radio. Il n'y a pas de réaction... Au mieux, je reçois une réponse qui répète les données sur les antennes-relais GSM.

À l'université, de fil en aiguille j'ai rencontré plusieurs personnes qui ont bien compris mon propos et qui n'ont rien accepté comme allant de soi. J'ai dû répondre à un crible de questions bien structuré. Elles me donnent à présent de l'aide. Mais ce ne sont que quelques personnes éparses dans la masse. Quand j'ai contacté des personnes spécifiques, la probabilité que je tombe sur quelqu'un qui a réellement un esprit universitaire, était faible. Il n'y en a eu aucune ; juste des premiers de classe qui tournent en rond dans une routine.

Le niveau des études à Liège est exécrable. Le contenu des cours est très complet... anormalement exact et exhaustif... mais essayez de trouver quelqu'un qui les comprend réellement. Dans les entreprises, j'ai rencontré des ingénieurs en électronique qui ont à peu près le niveau de compétence jouette que j'avais à 13 ans. Il y a plusieurs entreprises qui font de l'électronique de façon fiable à Liège mais elles se contentent d'utiliser des schémas standards.
J'ai essayé de discuter de façon un peu technique des ondes radio avec un jeune qui venait de terminer ses études. Il a eu plusieurs cours qui avaient trait à l'électromagnétisme, il a fait des labos, passé des examens... mais il n'avait pas la moindre maitrise des notions élémentaires. C'est quelqu'un d'intelligent et de bonne volonté mais on l'a arnaqué. On lui a fait croire qu'on lui donnait une formation.
Plusieurs de mes amis ont été à l'université et sont sur-compétents. Mais cette compétence résulte toujours d'une démarche personnelle. L'université les a freinés pour cela. Quand ils regardent des syllabus qui concernent les matières où ils excellent, ils ont les cheveux qui se hérissent, d'indignation et de répulsion. Ils peuvent parler de quelques professeurs et de quelques assistants avec lesquels ils ont eu des échanges constructifs, sans plus, sur plusieurs centaines de personnes.

Je crois qu'il y a toujours eu un problème à Liège, depuis au moins le 19ème siècle. L'exploitation capitaliste des ouvriers, l'assommoir de la religion, l'autoritarisme et les hiérarchies... Un ami historien m'explique que vers 1920 déjà on voit que des personnes installent une industrie mais se contentent de la rentabiliser puis s'enfuient en laissant tout pourrir sur place. On m'a raconté le suicide d'un jeune mathématicien brillant, dans les années 1960. L'examen d'un des professeurs à l'université consistait à connaitre par cœur une sorte de bottin téléphonique de formules. Il n' a jamais réussi à mémoriser le bottin... Mais, il y a comme un effondrement supplémentaire quand le PS prend le pouvoir dans les années '60. Pas n'importe quel PS : une certaine fédération, qui a noyauté les lieux de pouvoir et a éjecté autant les autres partis que les autres fédérations socialistes. Cette fédération est menée par des personnes stupides mais ordonnées dans les procédés, qui ont détourné à leur profit la vague de prise de conscience sociale. L'assassinat d'André Cools pourrait en être un aboutissement. Ces personnes n'ont pas pour intention d'entrainer la ruine de la région... mais elles sont stupides. Cela laisse les mains libres à des escrocs pour manger le tissu économique. En particulier, cela instaure un système où pour exister il faut être "sympathique" et non plus "compétent". Il faut être un bon camarade... On force des entreprises ou des administrations à prendre des "très bons camarades" parmi les directeurs, parce qu'il est temps que tout le monde profite d'un gros salaire.

L'intelligentia a fui la ville et se serait réfugiée à Huy. Leurs subalternes prennent le relais mais ne disposent pas du niveau d'éducation requis. Ils jouent à être des personnes responsables. Cela donne un bourgeonnement continu d'associations, de syndicats, d'ASBL, de services universitaires, d'entreprises et de groupes d'investissement sans queue ni tête. On se drape dans les vêtements de l'empereur, on acquiert un poids quelconque, on justifie des dépenses, on attire des subsides et on torture les employés jusqu'à ce que chacun ait appris à jouer son rôle dans la pièce... On paye très cher des opérations maketing. On reconnait qu'il y a bien quelques problèmes par ci, par là... ce qui est la preuve qu'on est des personnes responsables ! Aucun journaliste n'oserait commencer à expliquer que c'est un gigantesque décors de théâtre et une foutaise générale. Il n'arriverait même pas à se faire comprendre.

On dirait, que ces subalternes auréolés ont développé une répulsion à l'encontre de tout ce qui ressemble à leurs anciens maitres. On m'a raconté quelques cas de chefs d'entreprises dont l'activité a été explosée dans une sorte de vague de fièvre. Ils se sont fait bouffer, comme si le système immunitaire de la région les avait soudain identifiés comme un organe étranger. Au minimum, on ne les a pas aidés quand ils ont eu un problème (on ne vascularise pas l'ennemi). Certains arrivent à survivre mais en prenant soin d'avoir des relations et de les caresser dans le sens du poil. Il faut boire des chopes avec elles, faire des cadeaux à leurs enfants... être un bon camarade ! La survie semble également possible pour certains grands comptes, qui ont l'habitude des régions sauvages, disposent d'une armée d'avocats et sont capables de se retirer avec peu de pertes en très peu de temps. Cela fonctionne comme les implantations coloniales. Elles contribuent au confort des subalternes comme un envahisseur offre un caissette de verroterie à un chef tribal. Et tout le monde fait la fête dans la tribu.

Dans les écoles, cela donne cette situation où les cours ont l'apparence de la perfection. Mais de toutes les façons possibles, diplomatiques ou non, on éjectera ou on cassera l'élève qui fait preuve d'une démarche personnelle. Pour réveiller le système immunitaire, il ne doit même pas contredire le professeur. Il suffit qu'il s'intéresse réellement à un sujet, qu'il acquière des compétences... En bref qu'il menace de devenir comme une de ces personnes qui développent de vraies entreprises, qui font des choses utiles et qui donnent un vrai travail à la population. Quand je rencontre une personne éveillée à Liège, soit elle n'est pas originaire de Liège, soit elle me parle d'un professeur à l'école qui lui a ouvert les yeux. Il semble y avoir une ou deux personnes de cette qualité dans certaines écoles, en général assez mal perçues par le reste du corps enseignant de même que par beaucoup de parents. "Ce professeur, il ne fait pas comme il faut."

Optimiste malgré tout, j'ai demandé à un ami qui venait de terminer ses études de me donner quelques noms de professeurs dont il juge qu'ils ont de la personnalité. L'intention était de leur écrire pour expliquer ce problème de pollution radio. Je ne demandais pas qu'ils aient des compétences en médecine ou en physique mais juste que ce soient des personnes capables de s'indigner. J'espérais qu'elles feraient certaines choses comme simplement en parler ou essayer de pousser des services de l'université à investiguer. Il m'a regardé avec désarroi, a réfléchi... et m'a répondu qu'il n'en voyait aucun. Je me suis dit qu'il exagérait peut-être (il est un peu révolte comme moi...) J'ai demandé à un de ses amis, qui venait lui aussi de terminer ses études, dans la même faculté et qui est beaucoup plus rangé et diplomate. J'ai obtenu la même réponse...
J'ai aussi demandé à mes amis à l'université si cela avait une utilité d'écrire à telle ou telle autorité académique. Soit ils me regardaient incrédules, soit ils pouffaient de rire. J'ai écrit à certaines de ces autorités et il faut bien dire qu'il n'y a pas la moindre réaction.

J'ai l'impression que la population ne vaut pas mieux. J'ai tenté de faire circuler des pamphlets, lancé deux-trois pétitions... Le résultat est catastrophique. Il ne se passe rien. Tout au plus cela a augmenté mon quota de sympathie de la part des quelques personnes qui sont déjà convaincues. Un pays moderne, où ni les autorités politiques ou morales, ni la population, ne réagissent quand on leur explique une situation catastrophique mais très simple et observable, est-ce bien un pays moderne ? Ce pays est-il capable d'assumer d'autres formes de responsabilités ?

Un cas immédiatement comparable, de par la nature du problème et de par sa proximité, est l'empoisonnement au plomb de l'eau de distribution à Verviers. Là aussi, l'impact est très différent d'une personne à l'autre. Les symptômes sont différents et beaucoup de personnes ne présentent aucun problème. Peu de personnes présentent des problèmes très graves. Il a fallu 1 siècle pour que l'on place une canalisation sans plomb ! Le problème du plomb est connu depuis l'antiquité... Dans les années 1970, l'université de Liège a fait des analyses médicales et a prouvé scientifiquement les cas de saturnisme. Il a fallu attendre qu'une directive européenne réglemente le taux de plomb, pour que des verviétois aient la possibilité de faire quelque chose. Seules quelques familles se sont organisées, lâchées par le reste de la population. Les avocats de Verviers ont refusé de les aider, il a fallu recourir à un avocat de Liège. Elles ont perdu le procès à Verviers, malgré toutes les preuves et le non-respect flagrant des normes ! C'est encore une fois Liège qui est venue à la rescousse : le procès a été gagné en appel à Liège. Pour de plus amples détails :

http://books.google.be/books?id=HpbhziPwvZ8C

http://www.euwareness.nl/summary/Conclusions of the EUWARENESS-project.pdf     (pages 23 et 24)



Eric Brasseur  -  18 février 2011