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La "baisse" de la criminalité à Liège







On annonce une baisse de la criminalité à Liège. Ne s'agirait-il pas plutôt d'une baisse du nombre de crimes enregistrés ?
Les policiers ne sont pas la source du problème. J'ai aussi des anecdotes en leur faveur... Un ami me raconte encore comment un agent a patiemment travaillé pour retrouver un escroc qui l'avait embobiné. J'ai assisté à des interventions où les policiers prennent des risques et sont impressionnants d'efficacité. J'ai vu des policiers déployer un grand raffinement de psychologie pour reprendre en main des gamins sur la mauvaise pente. Ils sont remarquables.

Le problème vient d'en haut. Pour se faciliter la vie et donner une bonne image de la ville dans les statistiques... il suffit d'arrêter d'embêter les criminels. C'est logique. Et très social ! (Le Président Mobutu avait fait le contraire : en prévision du match de boxe légendaire qui s'était déroulé à Kinshasa sur son invitation, il avait fait emprisonner ou exécuter une partie des délinquants. Les autres avaient compris et s'étaient tenus cois. Chacun sa méthode...)

Lors d'événements publics, des policiers ont reçu instruction de ne pas faire la chasse aux pickpockets. Ils devaient se contenter de faire acte de présence. Parce que, les pickpockets sont couvés par diverses associations de protection des droits de l'homme. Dès qu'on en arrête un, cela engendre un très fatigant va et vient d'avocats scandalisés.

Les agents subissent un peu la même chose que les victimes des agressions... On relâche immédiatement les personnes qu'ils arrêtent, les scellés qu'ils placent sont violés en toute impunité... Leurs horaires de travail sont aberrants, ils manquent de matériel... Pas étonnant que certains finissent par être démotivés, voire sombrent dans l'alcool ou se suicident. On leur fait comprendre qu'ils ont un salaire donc que tout va bien pour eux et que l'idéal est de ne pas faire de vagues.

On dirait presque que malfrats et notables, même combat. Un mot d'ordre : être discret. Vous faites ce que vous voulez, mais cela ne doit pas faire la une des journaux. Si vous êtes trop bête pour jouer le jeu, si vraiment il faut se fatiguer à vous arrêter et vous condamner, alors la prison de Lantin vous accueille. Crasse, rackets, oppression, torture par le bruit ou par le froid, drogue à gogo et obligation de rendre service aux dealers. Cette déshumanisation va vous pousser à vous insérer dans la société...



Eric Brasseur  -  17 juin 2011